Essai Rétro : La Triumph X90 1993 de chez Mécatwin.

vendredi 15 juillet 2011
par  Hippolyte Duhameau
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Chez Mécatwin, Franck Depoisier s’est toujours intéressé à Triumph. Il avait conçu en 93 un roadster sur base de Triumph Trident 900cc qui a connu un joli succès et qui est de nos jours très recherché en collection. Nous en avions fait l’essai.

« X » CLASSE

Nous avions à l’époque essayé la X-90 fabriquée par Mécatwin - un triple qui combine l’engineering britannique, l’inspiration américaine et le savoir faire français. {{}}

Cela se passait à Paris, pour une balade un peu trop rapide … mais bougrement excitante.

Juste devant moi une Triumph Super III trace son chemin au beau milieu de la circulation dans la capitale, le hurlement de son pot d’échappement quasiment libre résonne entre les murs et les voitures et, dés que la voie se libère, le triple jaune bondit de bouchon en bouchon.

Frank Depoisier le patron de Mécatwin était en retard et croyez moi il ne traînait pas. Collé à ses basques, j’appréciais chaque minute de cette promenade sur le street bike très spécial qu’il avait conçu : la X 90.

Le 900cc, pourtant préparé, évolue avec facilité au milieu de la circulation, accélère fort d’un feu à l’autre, et me semble avoir un look d’enfer … chaque fois que je peux m’apercevoir dans la vitrine d’un magasin.

Quand finalement Depoisier est arrivé à sa base dans le sud est de Paris, j’étais tout à fait d’accord avec lui – complètement emballé tant par les performances de la X-90, que par son design.

Si le nom de la X-90 et sa forme semblent rendre hommage à l’ancienne fabrication de la firme : la X-75 Hurricane trois cylindres des années 70, c’est purement intentionnel. Depoisier est Triumph depuis bien longtemps et il est fan des anciennes bécanes … son entreprise Mécatwin faisait même du tuning sur les Bonneville dans les années 80.

Ces dernières années Depoisier s’est de plus en plus intéressé aux Triumph de la nouvelle génération et sa X-90, née d’un produit de l’usine d’Hinckley, a un look résolument inspiré par la légendaire X-75 de Craig Vetter

La mono coque de la X-90 est un véritable œuvre d’art. Elle intègre le réservoir et l’assise. Réalisée en carbone et époxy elle part de la colonne de direction, comporte de larges découpes pour les genoux et de tout petits panneaux latéraux pour se terminer en une double selle très bien dessinée.

Sa forme acérée n’a plus aucun rapport avec celle du Trident de 1993 dont elle est issue, celle ci lui donne une apparence beaucoup plus fine et agressive qui rappelle le passé de Triumph … avec des airs d’avant garde digne des créations de Jean Paul Gaultier.

Ce trois cylindres a perdu sur son coté droit le duo caractéristique de silencieux mais de nombreuses autres modifications ont contribué à la perte de poids et optimisé les performances.
Les échappements à double cône sont fabriqués par Mécatwin. Associés aux filtres K&N et au réglage pile poil des carbus de 33mm (standards), cela donne pour le 885cc une augmentation de puissance de l’ordre de 5CV entre 6000 et 9000 tours.
Beaucoup de travail sur le châssis roulant également : Pas question de rallonger les tubes de fourche à l’instar de ce qui c’était fait en 1973 pour passer du T150 à L’Hurricane X-75 … Au contraire, ici la fourche et la suspension AR ont été légèrement raccourcies, à la fois en utilisant pour l’avant des ressorts un peu plus courts et en remplaçant l’amortisseur AR d’origine par un WP importé de Hollande. Depoisier à également fait retailler la selle ce qui abaisse la hauteur … sans pour autant nuire au rembourrage.
La forme de la selle et l’absence totale de poignée de maintien laissent à penser que la moto est plus conçue pour un usage en solo qu’en duo. Le guidon légèrement relevé, fixé au dessus de la colonne de direction, donne une assise plutôt droite à la conduite.

Le moteur de la X-90 est le trois cylindres haut comme une cathédrale avec les pipes d’admission peintes en noir mat ( une finition chromée est également disponible ), les jambes du pilote s’intègrent parfaitement dans la découpe du réservoir.

La boîte six et la sonorité mélodieuse de l’échappement font que la conduite est vraiment très agréable. Les modifications effectuées par Depoisier ont augmenté la puissance à la roue AR, une puissance qui est passée de 90 à 95CV … et la X-90 pousse vraiment très fort.
Le trou entre 3000 et 4500 tours qui se faisait quelquefois ressentir sur le Trident d’origine a quasiment disparu, mais cela ne change pas grand chose à l’agrément de conduite.

La maniabilité est excellente, bien meilleure que sur le Trident qui pêchait par sa lourdeur et son angle de braquage limité. La géométrie générale de la machine a été pourtant très peu modifiée. Le tempérament est plus sportif. Le guidon un peu haut et les suspensions un poil plus ferme incitent le pilote à adopter une conduite un tantinet superbike … sans carénage, à l’ancienne !!
Sur route ouverte on prend très facilement un bon 160. La moto est donnée pour une vitesse maxi d’environ 220 km/h. Les grandes courbes avalées à vive allure ne posent aucun problème et les différences de revêtement de même que les cahots du pavé parisien ne mettent pas en défaut la tenue de route. Le confort est bon, mais on est tout de même un peu plus secoué que sur le Trident.

Depoisier nous assure que ses modifications ont réduit le poids de la machine de quelques 23 kg. Le centre de gravité abaissé et la moto plus compacte, font qu’elle est de fait plus maniable.
Un essai de la X-90 sur des routes plus adaptées que celles que j’ai eu l’occasion d’emprunter permettrait de se faire une idée plus précise de l’influence des modifications sur le comportement. J’ai toutefois remarqué qu’à aucun moment la garde au sol ne s’est avérée trop faible … la moto n’a jamais raclé même si à quelques moments j’ai poussé les pneus AVON à leur limite.

Même si les différentes modifications sur le moteur et sur le châssis influent sur le comportement de la machine, c’est l’aspect esthétique qui présente sa plus grande originalité tant par l’impression générale que par la qualité de sa réalisation.

Le fini et le rendu de l’ensemble mono coque sont exemplaires et Depoisier était confiant quand au fait que l’usine Triumph agrée ses modifications ( ce qui fut fait peu de temps après !! ) .

L’aspect pratique n’a pas été négligé et, pour l’entretien courant, l’ensemble selle réservoir peut être enlevé en quelques minutes laissant le châssis à nu. La serrure d’origine est conservée et seule la capacité du réservoir a été modifiée. Il contient désormais 21 litres soit 4 de moins que sur le Trident ce qui laisse tout de même une autonomie respectable.

Cette X-90, mélange d’engineering britannique, d’inspiration américaine et de savoir faire français est vraiment « a touch of class ».

Mécatwin Triumph X-90

Le type du moteur : Trois cylindres en ligne à refroidissement liquide, double arbre à came en tête, 12 soupapes.
Cylindrée : 885cc
Alésage x course : 76 x 65 mm
Taux de compression : 10,6 : 1
Carburation : trois Mikunis de 36 mm
Embrayage : multidisques à bain d’huile
Boîte six rapports
Fourche : Kayaba télescopique, tubes de 43 mm, ressorts WP
Suspension AR : Mono amortisseur WP à réglages en précontrainte, compression et détente.
Frein AV : ensemble Nissin à quatre pistons, disques de 310 mm
Frein AR : ensemble Nissin à double piston, disque de 255
Roue AV : 3.50 x 17, alliage
Roue AR : 5.50 x 17, alliage
Pneu AV : 120/70 x 17
Pneu AR : 160/60 x 18
Empattement : 1500mm.
Hauteur de selle : 750mm.
Capacité du réservoir : 21 litres.
Poids à sec : 189kg
Instrumentation : compteur de vitesse, compte tours, voyants de clignotants, température d’eau, point mort, phare et pression d’huile.


Le site Mécatwin


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