Essai rétro : Yamaha XP500 TMax modèle 2001 : Le « plastic c’est fantastic » !!

vendredi 7 novembre 2014
par  Hippolyte Duhameau
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Avec plus de 1300 machines (1346 exactement) vendues pendant l’année 2001, soit autant que la Honda CBR 600 F ou plus que la 900 Fireblade, ce concept de scooter de grosse cylindrée avait fait une entrée remarquée sur le marché de la moto.

Comme le phénomène continue, Hippo, curieux de nature, a voulu savoir ce qui a bien pu séduire à l’époque autant de motards. Pour ce faire, nous avons retrouvé un modèle de la même année, encore en excellent état et l’avons confronté aux parcours variés qu’offrent Nîmes et ses environs. Grand merci au passage à Albert G. un fidèle usager de notre site, qui n’a pas hésité une seconde à nous confier l’engin.

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En écoutant d’une oreille attentive les conseils d’ usage prodigués par notre pote - il ne faut pas oublier que ce truc est son engin de travail et qu’il l’utilise au bas mot 300 jours par an pour aller au taf !! - je fais le tour de la bête le temps de mesurer son gabarit.

Esthétiquement, sous tous ses angles, il en jette encore le monceau de plastique.

Ligne tendue de profil avec habillage latéral façon alu, protection frontale avec un nez plongeant aérodynamique intégrant phares et clignos, arrière pointu avec bloc feu rouge intégré, on ne dirait pas que ce scoot a plus de 13 ans … Même si il n’est plus tout à fait dans les canons actuels son design d’une grande pureté a encore de quoi séduire.

Le tableau de bord est des plus complets avec compteur, jauge à essence, thermomètre, montre. On y trouve aussi un témoin de fréquence des vidanges et
un indicateur d’usure de la courroie primaire. Le coffre sous la selle qui s’ouvre avec la clé de contact permet de ranger pas mal de matos n’autorise qu’un seul intégral toutefois en positionnant bien on peut y loger deux bons jets.

Sous l’œil inquiet du collègue, j’enfourche la bête pour faire un tour de ville, nous sommes en plein milieu de matinée, il n’y a pas grand monde, c’est le moment idéal pour un néophyte du scoot comme moi.

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Avec sa large selle à 795 mm d’altitude et son tablier tout aussi large (largeur totale 775 mm) s’agit de garder les pieds sur terre, bien écartés. Et avec une carrosserie de 2 mètres 23 de long et le nez rigide, les manœuvres pour descendre dignement du trottoir demandent un minimum d’attention, surtout que le moteur répond à la première sollicitation. Pas question de faire cirer l’embrayage, il n’y en a pas ! Enfin, c’est parti, advienne que pourra ! Et comme disait Pagnol : « Si vous voulez aller sur la mer, sans aucun risque de chavirer, alors, n’achetez pas un bateau : achetez une île ! »

C’est LE CHÂTEAU DE MARE

Une fois vraiment parti, les choses s’améliorent. Le volume se fait vite oublier. Assis confortablement sur la selle spacieuse, comme dans un fauteuil, les pinglots bien en avant façon Easy rider, on a l’impression d’être le roi de la ville .. jusqu’au premier feu rouge où j’ai bien failli m’en coller une pour la bonne et simple raison que j’ai oublié .. de sortir le pied pour le poser à terre !!

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Il m’a fallu ensuite un peu d’accoutumance à la conduite façon Game Boy (gaz à droite çà part et on tire sur les deux leviers de freins pour s’arrêter) en fait c’est vachement simple, trop simple pour le tarmo moyen peut être.
Bon, eh bien après ces bricoles force est de convenir que le Tmax est un remarquable engin citadin qui se joue de tous les pièges. Certes, ce pas aussi maniable qu’une petit 125cc, car avec ses 200 kg, bon poids, en ordre de marche, ce ne prétend pas au globe de cristal du slalom serré, néanmoins, avec son centre de gravité très bas, l’usage urbain est très agréable. Le moteur est vif (c’est un bon 500 cc à carbu qui propose
40 cv à 7000 tr/mn) bien servi par son couple de 4,6 m/kg à 5500 tr/mn quasiment toujours présent. Il vous propulse à la moindre ouverture des gaz et dans trafic sans problème. Avec son frein moteur et son excellent freinage, vous évoluez en toute tranquillité d’esprit dans le flot, même dense, de la circulation.

Un scoot facile et à l’aise en ville, ce n’est pas original. C’est même plutôt sa vocation.
Aussi, on en profite bien vite pour s’échapper vers les grands espaces, direction la campagne pour voir si Mister Tmax tient ses promesses d’être un engin complètement polyvalent.

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Sur nationale, le confort reste excellent il faut dire qu’il est bien servi par d’encore bonnes suspensions (fourche télescopique et bras oscillant de 120 mm de
débattement) qui n’ont pas souffert du poids des ans et des presque 120000 km de l’engin. La selle est tout autant accueillante et paysage défile à travers le large pare brise qui équipe cette version Pullman. Les commandes tout en douceur se font oublier ne laissant que le plaisir de la conduite, rançon commune avec nos motos : les clignotants dépourvus du rappel automatique et de la moindre petite sonorité et qu’on oublie sur
des kilomètres.
Le comportement routier reste très neutre. L’ adoption de roues de 14 pouces y est certainement pour quelque chose. Mais surtout, le twin fait partie intégrante du châssis tubulaire et concours à la rigidité de l’ensemble. Il n’est pas solidaire du bras oscillant
mais positionné plus en avant. Ainsi pas de poids non suspendu ou d’inertie parasite
comme sur les scooters traditionnels.
Yamaha a obtenu grâce à cette astuce une répartition des masses de 47% sur l’avant et 53% sur l’arrière, très proche d’une architecture moto. Bien évidemment cela se sent
en neutralité et il y a bien des moments ou l’on s’imagine au guidon d’un gros cruiser.

C’est aussi LA GLOIRE DE MONRE :

Mis en confiance par ce comportement sain, j’ai voulu pousser ce bon vieux Tmax dans les cordes : direction les petites routes bosselées que l’on trouve autour de la vallée du Gardon. En usage sportif, le moteur vif offre des accélérations bluffantes, certes, pas aussi violentes que mon Speed Triple habituel mais, avec le variateur, on peut sans problème effectuer des sorties de virages nerveuses et très efficaces. En épingle c’est encore plus marrant pour peu que l’on évite de tirer sur le levier de gauche .. « touche pas petit c... c’est le frein » !! En fait il suffit de mettre gaz en grand et cela repart comme une balle !!

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Surtout, la tenue de route quel que soit le revêtement reste excellente.
Il faut dire que nous avons là un scoot avec un cadre de moto !!
Avec mon roadster j’aurais eu droit à un festival de ruades sur les bourrelets les plus marqués, la ce surprenant engin garde sa ligne et ne se dandine que légèrement. On se moque des inégalités pour se consacrer uniquement à la trajectoire idéale. Pour la mise sur l’angle et un meilleur feeling du guidage de l’avant, il faut utiliser l’habitabilité du poste de pilotage. Poser les pieds un peu moins en avant sur le tablier et s’asseoir sur le bec de selle va vous permettre de cultiver votre déhanchement et votre sortie de genou. Avec cette position, le guidage dans un enchaînement de virages est aisé et facile. Attention toutefois à la garde au sol qui, bien que suffisante en ville, avoue sur ce terrain ses limites : la béquille frotte très facilement dans les virages les plus serrés et le tablier n’est vraiment pas loin du bitume quand cela engage bien fort.

Le freinage, assuré par un simple disque avant de 282 mm étrier 4 pistons et 267 mm avec étrier simple piston à l’arrière, reste efficace en usage intensif sans toutefois être vraiment violent. Le frein avant se révèle très efficace et son feeling est excellent ( les plaquettes racing qui équipent notre engin d’essai y sont surement pour quelque chose ) en ce qui concerne le frein AR il stabilise bien en entrée de virage. On s’aperçoit de la limite quand on pousse le truc dans ses derniers retranchements et que l’on sent la fourche vriller un peu sur l’angle. Bon, allez, il ne faut quand même
pas confondre cet outil avec une hyper sport mais à défaut d’être une vraie sportive, le Tmax se révèle joueur et convivial et il est capable d’en remontrer à plus d’un. Cela ne m’étonne pas que dès la création de la catégorie « scoot » en 2002 il fit fureur dans le championnat de France des rallyes.

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Histoire de fignoler le test le retour vers le bercail se fera par un bout d’autoroute, tranquille, juste pour voir. Calé à la vitesse légale, je me surprend à siffloter sous le casque jusqu’à ce qu’un quidam en C5 persiste, malgré mon appel de phare, à camper sur la file de gauche. Coup de barre à droite et coup de gaz et sans problème je le dépose avec 20 bornes de mieux. C’est vrai que l’engin pointe facile à presque 160, de quoi abattre des bornes et effacer tous les préjugés sur les scoots.

Tout n’est quand même pas rose dans la montagne de Lure !!

Ne vous fiez pas à ses beaux optiques pour un parcours de nuit. L’un sert en code et l’autre en phare. Déjà que l’un comme l’autre n’arrivent pas aux performances de ma Dyane de 74 il y a un superbe trou noir au passage entre les deux, le Bébert à qui j’ai fait la réflexion m’a répondu que comme il ne s’en servait qu’en ville il s’en tapait un peu .. par contre pour ceux qui voudraient faire du tourisme avec m’est avis que cela mérite qu’on s’y penche.

Au point de vue conso le twin, plus jouissif que poussif, n’est pas trop gourmand, mais avec un réservoir de 14 litres, l’autonomie est relativement réduite surtout que la conso frise quand même , sur cette version carbu, un bon 7,5 au cent. Si vous envisagez longs parcours, de nuit quand les pompes sont fermées, prévoyez le jerrycan sous la selle.
Le vrai problème qui affecte cet outil c’est quand même l’effet mode, effet mode qui entraine un taux de vol assez conséquent. Certes il y a un verrouillage de la direction à clef uniquement à gauche mais suivez le conseil d’Albert, ne vous garez pas n’importe où, investissez dans un bon antivol et surtout, même pour un bref moment, n’oubliez pas de le mettre.

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Lorsque notre heureux proprio l’a acheté neuf il l’a payé 54 990 euros toutes options incluses. A l’époque cela équivalait au prix d’un 1200 Bandit, d’une 650 Deauville, d’une Triumph 900 Legend ou même d’une Africa Twin, vous dire que ce n’était pas donné … Depuis cela n’a pas baissé et tant en neuf qu’en occase le Tmax attire un grand nombre de motards qui ont estimé que c’était le prix à payer pour un engin d’un nouveau type qui rend de grands services avec plaisir et facilité.

Le 500 Tmax, il est pagnolesque, marrant et respirant la joie de vivre. Contrairement à ce que je pensais avant de poser mon c.. dessus c’est un vrai deux roues pour vrai motard et je ne m’étonne pas que nombre de clubs aient fleuri à sa gloire et que l’on rencontre de ses utilisateurs aux quatre coins du monde.

N’en déplaise aux purs et durs, soi disant allergiques au plastique et qui oublient de tester leurs carénages, cet outil peut se révéler non seulement un engin capable de t’emmener au boulot chaque matin mais également de te faire promener en toute sécurité et bien protégé, le dimanche ..

C’est promis, les copains ont juré de m’en faire cadeau d’un .. pour mon quatre-vingtième anniversaire !!

Hippo

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Catégorie : Plastique

Transmission : courroie

Freins : 33 tours

Moteur (cylindrée) : Un demi litre

Puissance (max) : 40 cv

Couple (max) : possible

Nombre de vitesses : Pas mal

Pneu avant : rond

Pneu arrière : Rond aussi

Vitesse Max : 4 points

Réservoir (contenance) : 14 litres

Autonomie (max) : Pas beaucoup

Année (sortie) : 2001

Empattement : long

Hauteur de selle : basse

Poids (à sec) : lourd

Consommation (mixte) : trop

Prix ( neuf en 2001 ) : 55000 F … 9400 euros

Prix ( occase en 2014 ) avec moins de 50000 bornes : Entre 2000 et 3000 euros



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Commentaires

Logo de Motoman - Webmestre Moto EXaltation et autres, ex Admin forum <span class="caps">ZZR</span>
mardi 19 septembre 2017 à 13h32 - par  Motoman - Webmestre Moto EXaltation et autres, ex Admin forum ZZR

Bonjour,

Cet essai et ce résumé est tout à fait objectif, après 24 motos et pas des moindres, 2 Hayabusa, un ZX10 R, et bien d’autres, après avoir essayé un tmax j’en ai adopté un, je regrette simplement que certains motards dénigrent les scooters, il en faut pour tous les goûts et surtout selon l’utilité et l’âge venant le passage d’une moto à un scooter comme un tmax se révèle judicieux !

Grand V à tous les deux roues sans ségrégation, avis aux purs et durs motards, il n’y a que les imbéciles qui ne changent jamais d’avis !

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