La Honda 600 V TRANSALP .. En 1986, la « mutante » est née.

jeudi 3 octobre 2013
par  Hippolyte Duhameau
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Aujourd’hui le concept du trail routier s’impose largement dans l’esprit de celui qui veut une machine capable de parcourir le monde comme de l’emmener tous les matins au boulot. Fi des sportives qui cassent les poignets, des roadsters qui pêchent par le manque de protection et des routières qui coutent un bras pour peu que vous les posiez à l’arrêt. Le trail routier on vous dit .. c’est le top .. eh bien véritable premier du genre, le voilà !!

Transalp .. les origines … 1986, naissance d’un mythe .. La première 600 V.

Apparue au salon de Paris en 86, la Transalp était une sorte de révolution dans le monde des trails. Partant du principe que les acheteurs de ce type de machine évoluaient à 80 % sur le secteur routier, Honda eut la bonne idée de crée cette machine qui, grâce à une puissance sans commune mesure avec les monocylindres de la catégorie, pourrait vous balader avec armes et bagages.

Le nom Transalp avait été emprunté à une épreuve touristique que Honda avait organisé en 1977 dans les Alpes .. Il s’agissait en 22 jours de rallier Graz en Autriche à Monaco au gré de 3500 km de petites routes de montagne en passant par 7 points stratégiques … Antithèse du rallye routier cette promenade alpestre inaugurait bien de l’esprit balade qu’allait véhiculer ce 600 bicylindre.

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Pour motoriser l’engin Honda a fait l’étude d’un tout nouveau moteur , certes quelque peu inspiré du fiable bicylindre à 52 ° de la VT 500 mais qui allait être passé à 583 cc. Très souple, ne vibrant absolument pas et délivrant sa puissance sans aucun à coups ce moteur allait dès les premiers essais se distinguer par une pêche et surtout un couple assez étonnant pour sa cylindrée. 55 CV à 8000 tours avec un couple de 5.5mkg à 6000 tours c’était vraiment extra pour emmener les 180 kg tous pleins fait de la bestiole. Des performances inhabituelles pour ce qui restait quand même un trail, surtout bien supérieures à celles de tous les autres trails monocylindres sur le marché qui lui rendait une douzaine de bourriques et étaient largement surclassés en couple. Le poids de l’engin était certes plus élevé que celui d’un trail léger de l’époque mais se situait pile poil entre celui d’un mono à démarreur électrique et celui d’une routière de moyenne cylindrée.

Véritable premier trail routier cette nouvelle machine répondait parfaitement à ce que l’on attendait d’elle. En effet elle allait pouvoir éventuellement s’égarer au gré de quelques grands chemins non revêtus bien aidée en cela par un débattement de suspension raisonnable, une garde au sol importante et une protection des carters qui allait plus souvent faire ses preuves en descendant des trottoirs importants qu’en se révélant efficace en se parant des pierres. Comme son usage allait essentiellement se limiter au routier l’usine avait bien étudié la partie cycle qui se révélait précise et n’était pas trop sujet aux louvoiements. De surcroit la moto se révéla d’entrée confortable à la fois pour le pilote comme pour la passager, le prix de vente était très correct vis à vis de la concurrence ( aux alentours de 35000 F à l’époque ) et surtout l’entretien et les consommables allaient rester dans la limite du raisonnable.

Ce qui allait toutefois convaincre bon nombre d’acheteurs fut cet élégant carénage, largement inspiré de celui de la moto ayant couru à, la même époque le Dakar pour la marque, le garde boue avant collé contre la roue qui allait améliorer les qualités de refroidissement et l’équipement de bord qui n’avait rien à envier à celui d’une réelle routière.

Certes, la garde au sol et la hauteur de selle allait limiter l’usage de la machine à des personnes qui dépassaient au moins les 1m70 mais cela restait toutefois dans le raisonnable.

Il y a une paire d’année j’ai eu l’occasion, en Corse, de tester les qualités .. et les défauts .. de cette machine qui affichait presque un tour de compteur pour presque 25 ans de bons et loyaux services .. Eh bien croyez moi, le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle avait bien vieilli. Certes les plastiques étaient un peu fatigués, le pot avait subi les affres du temps et les jantes étaient bien marquées, mais le moteur avait encore toute sa pêche, les suspensions encore d’origines .. mais non .. mais si .. se révélèrent très efficaces sur les petites routes insulaires et l’agrément de conduite, si l’on excepte le freinage qui fut toujours le point faible de l’engin, n’était pas négligeable. Le propriétaire de l’engin n’était pas ce que l’on nomme une petit gabarit mais cette machine, qu’il avait payé une poignée de cerises lui donnait parfaitement satisfaction.

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Pour ceux qui disposent d’un budget plus que limite, pensez donc à cette moto qui, pour peu qu’elle ait été bien entretenue peut encore vous apporter beaucoup de joie. Sons esthétique intemporelle vous fera fondre dans la masse et pour peu que vous en trouviez une véritablement d’origine vous allez se faire retourner quelques amateurs et susciter le curiosité de pas mal d’autres.

Avec cette assurance collection qui vous coutera tripette vous roulerez avec un bi encore capable de vous emmener au bout du monde. Et puis, le plaisir de posséder la première vraie moto polyvalente, celle que les essayeurs n’hésitaient pas à surnommer la mutante .. la première d’un genre qui est, en 2013, le créneau obligatoire dans lequel s’engouffrent tous les constructeurs … cela n’a pas de prix !!

Note … en port folio vous trouverez le papier paru sur Moto Journal du 2 Octobre 86, celui du Mondial 86 qui présentait la machine dans notre pays. Merci à Moto canard.

Hippo



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