Le NON-essai rétro pour MEB : Un Yamaha VMAX modèle 1987-88 …

dimanche 22 septembre 2013
par  Hippolyte Duhameau
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Impossible de l’essayer, on va juste vous en parler ...

V-Max, rien que le nom semble sorti du casting d’un film d’anticipation ..

Comme bécane atypique je crois que de tous temps l’on n’a guère fait mieux. En fait la V-Max Yamaha est un cas unique dans les annales de la moto. Moto culte avec un design génial, résultant du mélange des lignes audacieuses de sa carrosserie et de la mise en valeur de cet imposant V4 ceint par un cadre tubulaire, le V-Max est une moto d’exception dans tous les sens du terme et de surcroit elle reste une machine totalement intemporelle.

Quasi inchangée esthétiquement pendant plus de vingt ans, depuis sa présentation officielle aux États-Unis, en octobre 1984, cette fabuleuse moto est restée attrayante, avec sa ligne étonnante, prouvant le génie de ses pères créateurs.

A l’origine ..

Fin 1981, début 1982, Ed Burke planche sur le concept V-Max en collaboration avec le bureau de style JK Design International pour imaginer un produit répondant aux attentes spécifiques des consommateurs américains. Les premières esquisses furent élaborées, puis affinées pour prendre la direction du Japon et être étudiées. Le projet, dont l’un des points primordiaux était la motorisation par un V4, est accepté. Le seul V4 existant chez Yamaha est celui, poussif, de la 1200 Venture. Ce moteur est retravaillé afin d’être en adéquation avec le style visuel rageur de l’engin. Un prototype fut ensuite fabriqué sur ces bases en respectant le projet initial, et ainsi vit le jour l’illustre V-Max.

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Rencontre …

Robert semble faire partie de ces gars qui ont acquit un Vmax pour prouver à leur potes qu’ils avaient la plus grosse .. et sa machine, en dehors du fait qu’elle doit le trimbaler depuis plus de 20 ans de sa baraque au PMU du coin … et uniquement lorsqu’il fait beau …. nous parait guère avoir arpenté les belles routes françaises. Les pneus sont bien carrés et au compteur sa brelle affichait tout juste 14540 km …
C’est par hasard que nous l’avons découvert, nous étions à la terrasse d’un rade, du coté de St Guilhem le Désert et nous nous demandions bien à qui pouvait bien appartenir cette machine flambante qui semblait droit sortie de l’usine quand un « mi-rocker, mi-biker » surgit du tabac d’en face. Notre sang n’a fait qu’un tour, dix secondes après il était à notre table à se taper une mousse.

Notre principal désir était de pouvoir non seulement poser notre cul sur cet engin mais également d’aller faire un petit tour avec .. eh bien , nibe .. ni l’un , ni l’autre .. le Robert c’est un sectaire, il ne laisse personne enjamber sa moitié … et comme il le dit si bien, tu laisserais toi, ta gonzesse se faire grimper ?

Bon, eh bien comme nous n’en avions pas d’autre sous la main et que la nouvelle génération des V-Max nous semble quelque peu aseptisée, il ne nous reste plus qu’à vous retracer l’historique de l’engin en laissant le Robert s’exprimer … en espérant qu’il y en aura un qui va nous lire et qui voudra bien nous en prêter une !!

Eh bien le Robert, sous des allures de bourrin endormi, croyez moi, il en connait un bout sur sa machine !!

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Moto de légende ...

A mi-chemin entre custom et dragster, le V Max n’est pas une simple moto ; c’est une légende. Depuis 1985, elle n’en finit pas de fasciner par sa capacité à jongler avec les antagonismes sous ses airs de grosse brute et sa gueule inimitable. L’inépuisable coffre de son V 4 se distingue par une adaptabilité qui, au gré de vos aspirations du moment, va transformer la bestiole qui sommeille en grosse monture pataude. L’explication réside dans le couple délivré qui est de12 m/kg à seulement 3500 tours.

C’est dire que les amateurs de gros coup pied au cul sont comblés à la moindre sollicitation de la poignée d’accélération. Et comment réagit le cardan à ces sollicitations ? Eh bien il absorbe relativement bien le traitement, efficacement secondé par l’amortisseur de couple. Toutefois il mérite quand même une attention particulière sachant que des bruits de claquement lors de la remise des gaz sont annonciateurs d’une proche fin de vie.

Et la tenue de parquet dans tout cela ? Eh bien, passé le cap de la période d’adaptation à une géométrie particulière de la partie cycle, les presque 300 kg de l’engin tous pleins faits se font complètement oublier dès la mise en mouvement grâce à un centre de gravité très bas auquel le placement sous la selle du réservoir de carburant n’est pas étranger. Sans aller jusqu’à dire que cette machine est un vélo, on peut s’étonner d’une maniabilité assez étonnante.

A la conduite … enfin, ce que l’on nous en a dit … Le moins que l’on puisse constater c’est que le train arrière n’est pas d’une grande rigueur tant l’amortisseur d’origine est une daube. La garde au sol est ridicule et il faut mieux éviter les freinages d’urgence, il faut d’ailleurs noter qu’en 1993 Yamaha a tenté de remédier en partie à ce défaut avec l’adoption de disques avant ventilés de 298 mm et d’étriers quatre pistons associés à une fourche de ø 43 mm à la place de celle d’un diamètre de 40 mm qui équipait les premiers modèles.

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Et ce berlingue ? Le gros V 4 est fiable et il n’y a eu guère de problèmes l’affectant. Il paraît que les premiers modèles, jusqu’en 1990, ont eu à souffrir parfois de défaut de perméabilité de membrane de carburateur qui ont entraîné quelques problèmes d’alimentation, on a également relevé quelques problème de roue libre de démarreur mais c’est une rançon commune à quasiment toutes les brelles de cette époque. En fait absolument rien de dramatique ni de récurent.

Il faut dire que cette moto n’a pas été conçue pour tailler la route sur de longues distances mais pour se faire admirer à la terrasse des cafés. Le cas échéant, si vous ne le pigez pas de suite, la capacité du réservoir sera là pour vous le rappeler. Sachant que c’est un vrai « muscle bike » et que les efforts sur la poignée de droite vont se traduire par un constat déprimant à la pompe il faudra bien vous adapter au 15 petits litres du bidon qui vont tout juste vous assurer une autonomie qui frisera dans les bons jours les 150 kilomètres .. Quand on vous dit que c’est pour la ville .. C’est presque celle de notre scoot de service !!

Un ultime point gênant se trouve dans les dimensions atypiques de ses roues et de la difficulté à trouver facilement les bons pneus. La roue avant de 18 pouces va souvent se trouver chaussée avec le pneu arrière d’une petite cylindrée et la roue arrière de 15 pouces, vu le tarif du boudin spécifique, il est fréquent de la voir longtemps équipée d’un pneu quasi carré, bien usé en son centre.
 
La qualité des peintures et des chromes ne supportant que fort mal les affres du temps cette moto réclame quand même un certain entretien et un remisage plutôt au sec.

Alors si vous en voulez une ..

Sachez déjà que celle de Robert n’est pas à vendre, il la gardera jusqu’à la fin quitte à la mettre dans son salon ou dans sa chambre à coucher .... Comme il nous le dit : "Mon VMax c’est le seul avec qui j’aurais pu virer ma cuti !!"

Pour les amateurs il reste les occases.

Sachez qu’historiquement, les évolutions que Yamaha a fait subir à la V-Max restent mineures. Il n’y a eu en fait que deux changements importants dans son évolution. Le premier intervient en 1991 avec la puissance moteur qui diminue de 100 à 95 CV, conséquence de la mise aux normes antibruit. A cette occasion de nouveaux arbres à cames sont montés pour augmenter la levée des soupapes, permettant d’obtenir plus de couple en bas et de conserver le côté "viril" de la bestiole .. Le second fut relaté plus haut lorsqu’en 1993 l’usine a essayé de faire freiner l’engin !!

Lequel choisir ?

Pour jouer sur le mythe on préfèrera un des premiers modèles, avant 91, toutefois un V-Max reste un V-Max : mythique, attachant, atypique... C’est une moto qui possède une histoire, dont les défauts peuvent devenir plaisirs.
Vous en trouverez sur les sites spécialisés, ils seront très souvent en excellent état, relativement peu kilométrés et bichonnés par leur propriétaires pour lesquels ils deviennent maintenant un peu trop difficiles à entretenir et à mener … Ne vous attendez pas à les payer moins de 4500-5000 euros, ce qui est une relativement petite somme … pour s’acheter une légende !!
Par contre en ce qui va concerner l’essai avant vente .. méfiez vous .. cela restera un sacré problème !!

Hippo.

Quelques clichés de Roland Brown en port folio.

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VMax, Le Club !!


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