On l’a essayée pour vous : La Guzzi Griso

dimanche 26 mai 2013
par  Hippolyte Duhameau
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J’ai été grisé par la Griso !!

Elle semble taillée dans la masse mais lorsqu’on la regarde en détail on s’aperçoit vite que tout a été soigneusement pensé et placé.

Griso, le nom fait penser à gris, triste, fade, morne mais regardez la bien ! en fait elle est espiègle et joyeuse.

L’évolution a amenée les constructeurs dans une sorte de goulet esthétique, et on en différencie de moins en moins les modèles. Devenues neutres et dénuées d originalité, elle s’uniformisent. Leurs sons et leurs aspects sont impersonnels. Prenez 3 sportives carénées de la même couleur, virez les sigles et jouez au quizz avec vos copains, vous allez être surpris ...

Je ne suis pas adepte du tuning, mais quelques années en arrière, on reconnaissait l’animal à sa robe et au bruit de son moteur .

Cette machine renoue avec la tradition. Elle est douce et brutale, plutôt domptable malgré son aspect bourru . La Griso c’est un cœur d’artichaut dans un blouson Perfecto.

Son couple de renversement vous rappelle ses origines, les vibrations de son moteur vous enivrent et vous transportent. L’ensemble vous rend heureux, vous grise ... tiens ne serait ce pas là l’origine de son nom ? ... vous happe dans une folle farandole sur le ruban noir. L’esprit Guzzi est bien là !

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Bicylindre en V.

Le moteur est coupleux et vif .
Pour le plaisir, on ne va pas tomber un rapport mais on ouvre en grand quel qu’il soit, quand on arrive au régime adéquat la cavalerie arrive et croyez moi cela déménage !! Çà pousse .. et ça tire, superbement italien !

Certes si on la compare un une sportive bouillonnante et brutale ce n’est tout de même pas identique mais on peut qualifier cette machine de fougueuse et jouissive.

Testée en Cévennes et dans la Montagne Noire nous avons pu juger du confort . Rien à dire, nos trains arrière sont restés en bon état et la tenue de route de la machine, sur l’un des revêtement le plus pourri qu’il m’ait été donné d’arpenter, s’est révélée excellente.

Bien évidemment la Griso n’a pas l’amorti d’un trail qui avale les nids de poule, mais ce n’est tout de même pas mal et surtout on ne ressent aucun louvoiement et aucune réaction parasite.

Si l’on doit poser un reproche essentiel c’est bien celui de la totale absence de protection contre le vent .. un manque qu’il faut impérativement pallier en consultant les accessoiristes. Pour peu que vous fassiez un peu d’autoroute vous vous apercevrez de cela. A 90 c’est supportable, à 130 un peu moins, au dessus, c est vous qui voyez.

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Au bout de quelques heures de route on en vient à apprécier le confort de la selle d’origine.

La position de conduite est assez sympa et même moi qui suit assez « fragile » je n’ai ressenti aucune fatigue, ni aux niveau des poignets comme du dos.

Au point de vue freinage, même si celui-ci ne semble pas être des plus puissants, manque de feeling certainement, il se révèle redoutablement efficace et très endurant. Il faut dire que la bestiole n’est pas spécialement un poids plume mais elle est bien équipée d’origine en Brembo, bon sang ne saurait mentir.

Les avis sont tellement fluctuants sur la qualité et les performances relatives des pneumatiques que je me garderai bien de vous donner le mien. La moto était équipée en Dunlop ... et j’avoue que cela lui allait fort bien.

Équipements

La moto en elle même se suffit, hormis ce petit saute vent qui se révèle indispensable ce n’est pas la peine de l’affubler de moult accessoires. Oh si, un truc sympa que nous avions sur notre moto d’essai .. le pot d’échappement, d’origine moche à en mourir et lourd comme une enclume, était avantageusement remplacé par un superbe Termignoni homologué et estampillé Guzzi. En dehors du fait de gagner presque 5 kg sur le poids et de
distiller une mélodie plus en rapport avec les origines transalpines de la bestiole il va vous faire disparaitre les bruits de vibrations métalliques à la décélération.

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Certain se poseront la question .. pourquoi ne le montent ils pas d origine ? Eh bien quand vous aurez lu le tarif sur le catalogue des accessoires, vous comprendrez !!

On peut sans problème emmener un passager, il faudra juste prévoir d’équiper le bestiole d’une paire de poignées de maintien .. encore une fois, bonjour la note !!

Si vous voulez voyager prévoyez le sac à dos pour la passagère ou le sac polochon si vous êtes en solo car au point de vue équipement de tourisme bonjour la galère. La solution ce sont les sacoches vendues en accessoires car pour trouver des adaptables, compte tenu de la confidentialité du modèle il va falloir vous lever de bonne heure .. Vous commandez donc chez Guzz... et ensuite, bonjour l’installation si vous avez pris le Termignoni.
D’après notre ami propriétaire d’un modèle équipé par ses soins il a passé une bonne journée de galère à les monter mais au final cela ne dégrade pas trop l’esthétique de la brelle et s’avère utile lors des voyages au long cours. Attention utile pas très utile car compte tenu de la capacité des dites, du manque total de sécurité et de l’étanchéité plus qu’aléatoire .. Sac à dos ou sac polochon !!!

Consommation ..

La bestiole est un tantinet gourmande .. en lui tirant moyennement sur les rapports on arrive à 7.5 l au 100 ce qui fait refaire le plein tous les 200 km ( le réservoir contient 16.5 l et il y a 3 litres de réserve ) ... C’est dans la norme des roadsters. Le témoin s’allume au bout de 170 km. Si vous prenez un rythme balade - tourisme vous gagnerez sans problème 1 litre au cent ...

Au point de vue « »accessoire" il manque une bonne jauge à essence, un indicateur de rapport engagé et quelques autres bricoles qui peuvent s’avérer sinon indispensable au moins utiles.

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Conclusion

Au final, la Griso se révèle absolument bluffante pour celui qui cherche une machine sensationnelle et élégante. Aussi forte en gueule qu’en caractère, elle s’adresse aux motards esthètes et las des motos plus aseptisées. Sa finition remarquable complète un bilan émotionnel très positif. On pourra la comparer à la Monster evo ou à la MT-01 .. les trois machines vont jouer dans la même cour.

Si vous voulez vous faire plaisir .. gaffe, parce que même en occase, ce n’est pas donné !!

Pour info : le prix des accessoires :

Sacoches + support .... aux alentours de 400 zorros
Poignées pour passager 150 €
Saute-vent : 200 €
Échappement Termignoni (avec la pose) 850 €

Les caractéristiques qui font flasher :

La fourche inversée SHOWA de 43 mm réglable en compression et détente.

Les jantes 3 branches alliage MARCHESINI AV 3.50 x 17 - AR 5.50 x 17

Les freins « pétales » BRAKING AV 320mm - AR 282, étriers BREMBO AV : différenciés et opposés - AR : double pistons.

La boite 6 très bien étagée.

La transmission acatène.

Les boudins AV : 120/70 x 17 et AR : 180/55 x 17. ( Dunlop Sportmax )

Hippo.



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