Test longue durée : La KTM 390 Duke : mini budget , maxi plaisir !!

samedi 1er novembre 2014
par  Hervé
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Après avoir testé les 1190 et 690 Adventure, finir la saison sur 1500 km de Corse au guidon de la 390 Duke ABS me semblait être une bonne idée, la gamme serait ainsi dans nos colonnes … En fait cela s’est avéré être une expérience vachement sympa compte tenu du plaisir que j’ai éprouvé au guidon de cet engin. Partagez donc ma selle pour entamer une cure de jouvence.

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D’entrée on devine le public visé, la machine ne fait pas dans le discret mais, même si les couleurs , où l’orange KTM est ultra dominant, sont plutôt voyantes, elles ne sont pas mauvais goût, et l’ensemble se révèle même assez harmonieux. La bécane semble vous inviter à venir jouer avec elle, cela tombe bien, on est là pour cela.

Elle a tout d’une grande !!

Mini moto mais sacrément bien équipée .. On est séduit d’entrée par le bras oscillant, le cadre tubulaire orange, les durites « aviation », la fourche inversée d’un diamètre plus qu’honorable ( 43 mm ), le disque avant à étrier radial, le guidon …. rien de fait « cheap » sur cette moto et même si on sait qu’elle est assemblée chez les hindous on voit de suite que les autrichiens ont délégué sur place quelques bons contrôleurs de qualité.

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Détail

Contact au milieu du té de fourche et, bonne surprise, avec l’éclairage des comodos .. un truc qui bien souvent n’est même pas proposé en option chez la concurrence. Sapin de Noël comme d’hab du coté du tableau de bord et toujours la même remarque relative à ma presbytie .. "Sans mes bésicles vais pas y voir grand chose !!" Le compte tour est réduit à une ligne de leds qui se baladent et le très utile « rapport engagé » est bien planqué dans un coin. Bon, on va faire avec, heureusement reste les voyants, et surtout le « shift-light » rouge pétard qui te dis quand tu frises le sur-régime. Il paraît qu’on peut y lire l’heure, jouer avec deux trips et connaître plein de trucs que va t’indiquer l’ordi de bord .. en ce qui me concerne j’ai changé de vitesse à l’oreille, remis du carburant quand elle me le demandait .. çà c’est pas mal : la priorité des infos se commute automatiquement sur la réserve de carburant si vous avez moins de 50 km possible … et regretté qu’il n’y ait pas un retour automatique à zéro du cligno au bout de 30 secondes. Des trucs de djeuns tout le reste !!

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Il est temps de s’arracher !!

Le temps de tout découvrir mon fessier s’était habitué à la selle. Même si elle a un sérieux coté planche à laver elle n’est pas si inconfortable que cela. Je plie mon mètre 77 dans la moto et m’étonne de ne point avoir les genoux sous le menton … En fait ils nous l’ont construite à taille européenne les adeptes de Shiva. Certes si vous posez Swarzy sur cette brelle on va virer rapide crapaud sur une boite d’alumettes mais pour une morphologie normale c’est impec.

Un coup de démarreur et le mono s’ébroue … on ne peut pas dire que le bruit qu’il émet est des plus séduisant .. m’est avis que la majorité des acquéreurs vont d’entrée virer le pot façon Buell et chercher une sonorité un peu moins terne du coté de chez Akrapovic .. Première, et premier calage. Camarade, c’est un mono d’un peu moins de 400 cc, faudrait voir à lui donner du grain à moudre. Bon, on recommence depuis le début. Oublions le filet de gaz, droite deux centimètres et embraye .. Bouf mais c’est qu’elle voudrait jouer sur la roue arrière la mutine, cela présage plein de bonnes choses pour la suite !!
Cela faisait deux minutes que j’avais mon cul dessus et déjà j’avais la banane !!

On the road again !!

Canned Heat, d’entrée est venu titiller mon remind. Sur ce petit machin, je retrouvais une partie de ma jeunesse … En ville ce n’était pas le super panard car même si l’outil se joue de la circulation et se faufile dans un trou de souris faut quand même sacrément jouer de la boite pour ne pas risquer le calage intempestif. Une fois que l’on a compris comment cela fonctionne, force est de constater que ce truc c’est sacrément efficace. Il n’y a pas à dire la recette mini cadre rigide et gros berlingue depuis Aermacchi dans les années 50, la recette s’avère judicieuse.

Ndc : Nous conseillons aux petits jeunes qui lisent ce papier de se référer à Wikipedia pour la traduction … L’ancêtre a, depuis cet essai, les neurones retournées dans les sixties !!

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Le test urbain s’avérant quand même positif je suis allé faire une très brève incursion sur la plus proche quatre voies … En parler confère à se remémorer une séance de torture .. qu’est ce que vous voulez faire sur autoroute avec ce machin. Au dessus de 140 la tronche se balade de gauche à droite, ou de droite à gauche selon le sens du vent, le bruit est infernal et même la brelle semble vous demander pourquoi vous l’avez emmené là .. En fait, c’est possible, ça grimpe à plus de 160 compteur, quand on double une grosse berline avec un vieillard à bord celui ci ouvre des yeux écarquillés, on peut même se faire choper par un radar planqué .. mais à quoi cela sert ? On ne gagne même pas du temps.

Sur nationale c’est un peu le même cinéma. On se rend bien compte de la légèreté du zinzin quand on double un poids lourd et je ne en vous parle même pas quand il y a mistral de travers …

Play … très mobile !!

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Le vrai terrain de chasse de ce petit outil c’est la route départementale, et la départementale la plus tortueuse possible, c’est là que les 44 bourriques ( en version libre ) s’expriment pleinement et que l’on va jusqu’à oublier les 145 kg tous pleins faits de la machine. Ce jouet ce n’est pas un pousse au crime c’est le plaisir à l’état pur car la machine est aussi légère qu’elle est stable et incisive. Une super impression de sécurité transpire de cette moto. Le freinage est démentiel et l’ABS de série est là pour prévenir toute tendance au blocage. La masse en mouvement est tellement peu importante qu’il suffit d’un simple déplacement du corps et dans le cas extrême d’un coup de botte sur le tarmac, pour rectifier la moindre velléité de glisse et récupérer la trajectoire. Cette machine est facile, peut être même trop facile pour un jeune permis qui risque rapidement de se laisser griser par les capacités intrinsèques de la bestiole.

Petit duc chez petit caporal ….

J’avais emprunté la moto à nos potes de chez KTM France , qu’ils en soient encore remerciés, et ce pour accompagner le groupe de nos membres qui participaient à notre balade en Corse automnale, cela voulait dire que j’allais devoir quelque peu charger la machine .. C’est là que le bât a légèrement blessé !!
Si vous prenez l’option sac à dos, c’est encore relativement jouable et seules vos épaules vont souffrir, par contre si vous optez pour le sac polochon sanglé sur le siège passager, là, évitez les freinages intempestifs car sinon vos joyeuses se souviendront longtemps de la balade. Truc de djeuns on vous a dit. Avec le sac c’est de l’étroit et comme la forme du réservoir vous interdit de poser le bide dessus faut la jouer façon discrète. Pour sangler le bouzin c’est aussi un tantinet sportif et heureusement que mon pote Olivier m’a rattrapé sur la rocade d’Ajaccio car sinon il y avait de grandes chances pour que mon baluchon se répande sur la chaussée.

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Siesta !!

Il bout … le petit duc !!

Une fois à vide on n’est plus dans le même monde. Les routes corses se sont révélées idéales pour tester le petit duc et même si il existe toujours cette sorte de frustration qui fait que la responsabilité d’un groupe implique pas mal de retenue, le comportement plus que joueur de la bestiole fait que quel que soient les conditions la moindre route sinueuse devient terrain de jeu. De Sagone à Cargèse, de Sartène à Bonifacio ou sur la Balanina la machine nous a fait apprécier ses capacités de reprise et la facilité que l’on a .. et bien évidemment pour les novices … à acquérir à la piloter car un déhanchement se pratique presque instinctivement. Dès que cela devient plus tortueux, que le revêtement vire au dégradé voire au franchement pourri comme entre Porto et Calvi par la côte ou sur une partie de la Giraglia ( Le tour du Cap Corse ) c’est la rigueur des suspensions et la rigidité du cadre qui font que la machine s’avère relativement facile à conduire, ne varie pas d’un poil de sa trajectoire et surtout, bien aidée qu’elle est par le collègue WP, est bien moins casse-cul que pas mal de ses copines !!

Toutefois le plus marrant c’est le petit bouilleur, 373 cc seulement mais quelle santé … avec ce truc tu es à même d’enfumer 80 % de la production motocyclettiste mondiale et j’avoue qu’à part sa copine de 690 cc qui m’avait tant enthousiasmé lors des cent cols ( voir l’essai ) et, au siècle dernier, en 1988 pour être plus précis, lors d’un essai d’un 250 TDR sur les mêmes routes je n’avais guère rencontré de moto aussi efficace et aussi adapté à ce terrain.

Ndr : Comme par hasard le 250 TDR faisait également 44 CV pour 150 kg avec les pleins et fut considéré comme la première machine de « supermot ». {{}}

Hyper fun, comme ils disent …

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Pour celui qui vient de passer son permis, qui veut limiter les frais au max, ne pas se ruiner en assurance et éprouver un plaisir constant la 390 Duke est l’outil idéal. Légère, facile s’adaptant parfaitement aux petits gabarits elle est suffisamment .. même plus que suffisamment .. performante pour jouer dans la cour des grandes. Elle va vous apprendre à piloter mais vous comprendrez vite ou sont vos limites et, rassurez vous, celle-ci seront toujours largement en deçà de celles de la machine. Plus fun que ça il n’y a guère sur le marché et comme en plus j’ai remarqué que beaucoup , surpris par le look de la bécane, se retournaient pour la regarder vous ne passerez pas inaperçu.

NdR : Ce qui est surprenant c’est que même si la puissance est en deçà de la limite fixée par le permis A2 (48 ch), la Duke 390 devra être bridée pour les jeunes permis à 30 kW pour respecter le rapport poids/puissance imposé de 0,2 kW/kg tout simplement parce que le poids tous pleins faits se révèle inférieur à 150 kg ! Ne vous inquiétez toutefois pas trop, cette limitation ne va enlever que 4cv à la bestiole … peanuts !! {{}}

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Bilan des Corses !!

1500 km au guidon de la 390 Duke .. et même pas mal. Maintenance : zéro .. j’ai regraissé une paire de fois la chaîne car nous avions roulé sous quelques gouttes, pas un poil d’ huile consommée malgré que je ne fus pas spécialement tendre avec le régime du berlingue. Les pneus Conti Attack SM ont été marqués jusqu’à la limite .. entre nous qu’est ce qu’ils vont bien ces boudins .. et ce même sur l’humide ou pourtant leur aspect plutôt slicks aurait tendance à réfréner les ardeurs.

NdR : La moto est équipée d’origine en Metzeler Sportec ... Un pneumatique que nous avons eu l’occasion de tester et qui n’est pas mal non plus.

La garde au sol de la moto étant relativement haute, je ne me suis fait surprendre que deux fois à faire toucher le repose pieds, et là, croyez moi, la prise d’angle était assez sympa !!

Quand on vous dit que le budget d’usage de cette moto est à ras des pâquerettes nous ne nous moquons pas de vous, preuve en main la moyenne de la consommation sur les 1580 km de cet essai se limite à 2,8 l aux cent kilomètres … appétit d’oiseau pour le petit rapace !! Avec son réservoir de 11 litres cela vous accorde une autonomie de plus de 350 bornes en étant plus que sage .. pas mal pour un supermot !!

En bref on ne peut que sortir séduit d’un test de ce style. Sur un terrain où la légèreté et la maniabilité sont les critères absolument indispensables la 390 Duke s’est exprimée pleinement. Le tableau ne sera peut être pas toujours aussi rose pour celui qui veut en faire sa machine de tous les jours car il regrettera bien vite l’absence totale de protection, la difficulté à transporter le moindre bagage et le coté un peu élitiste de la moto mais le rapport plaisir/désagrément penchera quand même du coté ludique. Comme le tarif hors options est vraiment bien placé par rapport à la concurrence, que la fiabilité bien prouvée grâce à la coupe sportive qui a permis à toute une flopée de 390 de s’arsouiller sur les différents circuits et que l’entretien se révèle vraiment très réduit, pourquoi ne pas, pour peu que l’on mesure moins de 1m80 passer directement à l’orange sans pour autant perdre des points !!

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Chargée la bête !!

L’avis de la passagère …

Quand Annie a vu cette moto pour la première fois elle s’est demandée comment j’allais faire pour aller jusqu’en Corse avec cette « mini-bike ». Lorsque je suis revenu et que je lui ai fait le compte rendu elle a absolument voulu l’essayer .. en tant que passagère.

- « Vous allez rire mais à aucun moment je n’ai eu l’impression d’être sur une machine de petite cylindrée. Certes je ne retrouve pas sur cette moto le confort que propose une GT mais cela ne me ferait pas peur d’avaler avec bon nombre de kilomètres. Bien assise, les pieds correctement positionnée, je fais corps à la fois avec mon driver et avec la machine. La totale impression de sécurité est bien renforcée par la proximité du sol, la qualité du freinage et la prise d’angle d’une redoutable précision. Seul le moment où l’on va dépasser un machin de plus de 35 tonnes fait prendre conscience de la réelle petitesse de l’engin. Si je devais émettre une remarque elle serait relative au transport ne serait ce que de la trousse de toilette qui ne va trouver place que sur les épaules du passager. Faire du GT avec la 390 Duke c’est revenir au bon temps du sac à dos … Pour peu que l’on en ait envie, pourquoi pas, c’est bien connu, les voyages forment la jeunesse !! »

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Points positifs :

Gueule d’enfer.
Tableau de bord complet, peu lisible mais complet !!
Éclairage des comodos.
Moteur au top.
Partie cycle au top.
Boite au top.
Embrayage super doux.
Freinage irréprochable.
ABS de série.

Points négatifs :

Quelques finitions à revoir.
Réservée aux moins de 1m80.
Bruit d’échappement peu flatteur.
Difficile de concevoir passager et bagages.

Principales options :

Top-case de 37 litres, sacoche arrière souple (12 à 18 litres de contenance), sacoche réservoir, protège-chaîne en acier, tampons de protection (pour roue avant et bras oscillant), protège-réservoir, différentes pièces en alu anodisé.

Tarif : 5115 euros - Garantie : 2 ans, kilométrage illimité.

Hervé


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