Via-raid 07 : Mise au point

samedi 4 septembre 2010
par  Guido
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J’ai décidé d’emplâtrer le poncif, d’annihiler le cliché, d’atomiser le truisme. Le via-raid 2010 n’a pas été une course-poursuite réalisée par une paire de bourrins fondus de vitesse même si certaines péripéties pourraient le laisser croire... La sortie moto peut être patrimoniale. Comme le voyage forme ou plutôt entretient la jeunesse, nous avons profité des étapes pour faire le plein de connaissances et de sensations de nuit comme de jour.

Sillonner le Portugal à moto l’été, c’est un peu comme faire du vélo au sauna. La halte buvette devient vite nécessaire. A 1 euro la cannette de cola, on a tôt fait de descendre en flamme sa moyenne horaire. La pause en terrasse offre l’opportunité d’assurer sa survie tout en sympathisant avec les habitants du cru. Et, ô surprise, le français est largement pratiqué au mois d’août, saison du retour des émigrés. Sachez que si vous résidez en banlieue parisienne, vous avez toutes les chances de rencontrer un voisin ! La conversation s’engage vite et pour peu que vous soyez curieux, vous récolterez un nombre incroyable d’informations utiles à votre périple. C’est ainsi que, dans un rade du côté de Miranda do Douro, José nous a conseillé de déguster une francesinha .

La francesinha est une sorte de croque-monsieur enrobé de fromage fondu, servi sur une nappe de sauce à la tomate. Cette préparation ne paye pas de mine mais elle rassasie ferme. La richesse des saveurs laisse percevoir la complexité de sa préparation. C’est un délice chaud qu’il vaut mieux consommer à la fraîche.

Nous avons particulièrement apprécié les produits de la mer. Le crabe farci offre une belle entrée en matière tout comme le mérou dont la chair est absolument délicieuse. Mais le plat qui fait la réputation de la cuisine lusitanienne reste la bacalhau. La morue salée est consommée ici depuis le XVe siècle. C’est un aliment à haute valeur nutritive de plus en plus rare du fait de la surpêche qui sévit dans le nord de l’Europe. L’inventivité de la cuisinière portugaise prive le touriste de toute lassitude gastronomique. Notre coup de cœur va à un hachis de bacalhau aux gambas dégusté chez Time out à Evora.
La petite façade sobre et le nom anglais ne doivent pas vous détourner de cet établissement blotti dans le centre historique. Choisissez de dîner sur la terrasse aveugle au fond du restaurant. Le patron est tout à la fois polyglotte, accueillant et discret. La cuisine y est servie dans une ambiance apaisante par un personnel charmant. Mais comment se prénomme cette jolie serveuse à la chevelure frisée ?!

Si le manger régale, le boire ravit. Les bières portugaises sont plutôt des blondes légères à fine bulle. Si vous n’y prenez pas garde, la Super bock et la Sagres auront tôt fait d’amollir votre ceinture abdominale. La carte des vins rouges locaux n’est pas mal non plus sans parler de celles des vins mutés - et non pas « cuits » - de Porto. Nous avons ainsi goûté un étonnant cocktail composé de porto blanc et de Schweppes que l’on surnomme « Splatch ». A consommer très frais sous un parasol.

La culture s’apprécie d’abord autour d’une table. Et la cuisine portugaise se déguste sans modération.

Guido du Bourdon nippon.



Portfolio

Et une francesniha, une<small class="fine Des olives pour la blonde Et pourquoi pas un coq au vin<small (...) Une vieille connaissance Autant de bouteilles que d'années.