Trois Tigres pour un tour … de Corse !!

dimanche 27 juin 2010
par  Hervé
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Faire le Tour complet de la Corse en une journée !! Cela vous semble fou ?
Eh bien, histoire de rire, il y a quelques temps, nous l’avons fait pour vous !!

Texte : Hervé - Crédit Photo : Cyril Hiely

En fait toute cette histoire a commencé par un quiproquo … quelle fut dans l’esprit de ce diable de Cyril la vraie signification du « Et si on faisait Propriano, Propriano !! » qu’il a lancé lors de la fameuse soirée précédant ce qui devait être une journée de détente pour tous ?
Avait-il l’intention d’aller manger une glace sur le port ? Voulait-il jouer les touristes en short sur la promenade ? Personne ne le saura jamais …
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En fait j’ai interprété sa question façon défi … Et en plus comme les autres en ont rajouté une couche en nous disant que nous n’en étions pas capables … Voilà pourquoi, en ce début de mai sur le coup de 10 heures du matin, trois Tigres se sont retrouvés au départ de ce qui allait rester comme la plus sympathique journée que j’ai pu passer en Corse !!

Une journée pour faire le tour complet de l’île de Beauté en passant par les côtes … 680 km de pure merveille … avec malheureusement pour nous les plus beaux 400 km sous la pluie battante … C’est promis, nous le referons sous le soleil !!

Combinaison de pluie ou non …

Sur le parking de l’hôtel c’était la question que nous nous posions, nous c’est à dire José et Cyril et moi même en faisant chauffer nos trois Triumph Tiger 955i … Après un moment d’hésitation nous avons opté pour la combarde … grand bien nous en a pris … si on avait su on aurait mis le scaphandre !!

Nous avions à peine fait un petit kilomètre qu’il fallait déjà faire demi-tour … On avait dit le tour complet par la côte, pas question de couper par la nationale qui allait directement de Coti à Ajaccio … C’était par Aqua Doria et strictement le long de la côte qu’il fallait entamer les hostilités, nous nous devions de respecter un contrat moral .. qui ressemblait bien à la « conn... de l’année !! ».

La route était très humide et j’avoue, en voyant Cyril commencer à envoyer du gros, que je me faisais un peu de soucis pour notre ami José qui s’était retrouvé dans cette galère un peu malgré lui. Heureusement le Parisien s’avéra être fin pilote et à la façon dont il nous a suivi dans les lacets de la descente je compris vite que ce n’était pas un enfant de chœur !!

A Porticcio je me demandais combien de temps j’allais mettre pour digérer mon café si on continuait à cette allure quand quatre gouttes de pluie commencèrent à tomber … J’ai espéré un instant que cela allait ralentir … Que nenni !!
Nous fîmes le tour d’Ajaccio rapido, en ayant même pas la moindre pensée pour le petit caporal .. par contre il fallait faire l’essence et par la même souscrire à ce que les toreros appellent « la mueca del miedo » ( le pipi de la peur !! ) fallait dire que cela commençait à déluger grave et qu’il y en avait encore un peu à faire …

Quand cela s’est calmé nous étions du coté de Cargese .. en fait ça n’avait guère réfréné notre ardeur et, la manque de touristes aidant, nous avions gagné la capitale des maures à une allure extrêmement répréhensible … Ah ! les belles courbes du col de San Bastiano, sur le mouillé, avec gaz en grand à la sortie …
Pour rejoindre Piana il fallait quitter la côte pendant quelques kilomètres … on allait tout de même pas se taper la piste des contrebandiers … vous allez me dire on a failli le regretter car quand nous sommes sortis à toc de cette magnifique enfilade pour tomber nez à nez avec un troupeau de chèvres … cela nous a fait drôle … heureusement il y avait du dégagement … En écrivant je suis encore à me demander si le fromage du berger ne va pas avoir un drôle de goût cette année … Nous sommes repartis un peu plus calme … pour au moins une dizaine de kilomètres … Juste le temps qu’il fallait pour que mon palpitant se remette au beau fixe … pour de nouveau atteindre des rythmes effrénés quand ce pu… de Car de m…. est venu emplâtrer une voiture en plein dans les Calanques de Piana … Freinage façon super motard, tout à l’équerre et arrêt à un petit centimètre du pare choc de la 206 … Cyril, qui arrivait derrière et qui a tout vu, s’arrête et m’interroge :
« Cà va … C’était vraiment impressionnant, j’ai cru que tu t’y mettais !! « 
Moi, l’air très détaché …
« Tu rigoles, je maîtrisais parfaitement.. mais c’était juste quand même !! » En même temps je me demandais si j’allais de suite faire un petit pipi ou s’il fallait que j’attende quelques kilomètres pour éviter de montrer mes jambes qui tremblaient !!

Le paysage était magnifique, on en a profité pour faire quelques clichés et je ne sais pas pourquoi j’ai eu soudain envie de fumer une clope, sous la flotte, tranquille .. et de réfléchir combien quelquefois cela passe si près qu’on en sent le souffle !!

Un Trail routier sinon rien …

Nous avons passé Porto, il flottait toujours, quelques kilomètres plus loin nous avons découvert, depuis le Col de la Croix, un paysage magnifique sur la Girolata … la mer était vert émeraude, il y avait une brume qui descendait de la montagne … même sous ce temps pourri cela gardait un charme indéfinissable et c’était magnifique … Ah, la Corse reste toujours la Corse quelles que soient les conditions atmosphériques !!

C’est après que ça s’est gâté … la route était entièrement défoncée et de larges flaques de boue nous forçaient à rouler debout sur les cale-pied … Si vous rajoutez à cela les véhicules qui venaient en face, le vent qui s’était mis de la partie et la visibilité réduite à quelques mètres vous aurez la portion la plus difficile de la balade … Cyril, pour ne pas être en reste avec moi, faillit se prendre un poids lourd qui montait sans se soucier le moins du monde de ce qui arrivait en face … il est passé limite entre le bahut et une pelleteuse … Et un cierge de plus.. Un !!

Lorsque nous sommes arrivés à Calvi on commençait à en avoir plein les bottes … au sens propre comme au sens figuré !! Le simple fait de retrouver un goudron lisse et en bon état nous remit du baume au cœur … On avait juste oublié que les bandes blanches sous la flotte cela glisse et le Cyril nous en refit une en passant sur la gauche d’un îlot directionnel … personnellement je réussis à rester à droite, complètement en vrac, mais toujours sur mes deux roues … il n’y avait que le José, tranquille derrière, qui comptait les points …
Cela faisait beaucoup pour peu de kilomètres … Il faisait faim et soif … On est descendu sur le port d’Ile Rousse pour boire un coup et manger un morceau …
C’est de là que pour la première fois on a téléphoné aux petits copains.. Ils nous ont répondu : « Vous n’êtes que là … Ce soir vous allez coucher à Bastia !!! » voilà pour les encouragements … Nous avons décidé alors, devant tant d’ingratitude, de couper les portables !!

L’assiette de charcuterie et les légumes de pays nous ont remis en forme … Il pleuvait toujours autant … Il nous fallait repartir en direction du Cap Corse … Et la fatigue dans tout cela.. Eh ! bien on n’en parlait même pas, les Tigres s’étaient avérés extrêmement confortables sur ces chemins de mules … qu’en aurait-il été si nous avions eu un autre style de machine.. Personnellement je ne veux pas le savoir. Si ce genre de conn.. vous tente un jour ne prenez pas autre chose qu’un bon gros trail, vous le regretteriez !!

Le TGV Centuri- Bonifacio …

Quand nous avons dit au restaurateur que nous faisions le tour de l’île et que les copains nous attendaient le soir pour dîner au dessus de Propriano, je ne sais pas s’il nous a vraiment cru … En tout cas, il est sorti sous la pluie battante et nous a donné un coup de boost en nous annonçant … : « Si vous allez vers le Cap … vous allez vers le beau !! » La suite allait lui donner raison..
Pour rejoindre le Cap il fallait d’abord traverser le Désert des Agriates … somptueusement fleuri à cette époque et dont le revêtement de la départementale venait d’être refait … Une belle partie de manivelle sur une route qui devenait de plus en plus sèche, nous nous en sommes donnés à cœur joie … Occasion pour moi de finir de roder les semelles de mes godasses toutes neuves … J’allais entendre quelque chose le soir en rentrant !!
Nous n’avons même pas pris le temps de visiter St Florent, paradis de la jet set à cette époque et de suite nous avons entamé les hostilités en bifurquant vers le Cap … Pour deux de nous trois le cap Corse c’était l’inconnu … Certes je connaissais assez bien la route mais Cyril y était juste passé rapido une fois et José ne savait même pas qu’il y avait une route qui faisait le tour complet …
Bien évidemment nous ne fûmes pas déçus, ce fut pour nous la partie la plus belle du voyage … Des paysages à couper le souffle, des à-pics extraordinaires, une mer bleue à faire pleurer les yeux de Laetitia Casta et … un virage au mètre … On a fait le tour façon grand 8 … avec juste quelques arrêts immanquables : pour admirer la plage noire de Nonza, prendre trois clichés de la marine de Giottani, s’ébahir devant le tombeau gigantesque des Forlani et écouter le bruit du vent dans les éoliennes de Centuri … Arrivé là il était 18 heures, une énorme Chevrolet Corvette passa en grondant devant nous … Il nous fallait redescendre.. nous n’avions jamais été aussi près du continent …
Je vous passe le pot pris à Sta Severa sous le regard dubitatif d’un groupe de chasseurs aux allures patibulaires … Le baston qu’on s’est livré en descendant vers Erbalunga .. comme s’il fallait expurger les démons qui allaient bien finir par envahir nos montures … La traversée de Bastia .. retour vers la civilisation et ses petits désagréments … Il était 19heures .. Eh oui, les Corses travaillent !!
De la capitale du nord de l’île jusqu’à Solenzara je ne vous parlerai pas… j’avoue que même si c’est en Corse, je n’y passerais pas mes vacances … presque pas de virages, une côte morne et triste, des villages moches à faire peur .. Heureusement que sur la droite se découpait la Castaniccia qui attire invariablement le regard, et qui permet d’oublier la misère … C’est aussi là que nous avons vu le seul carton de tout ce périple … Une paire de gus en auto qui se sont emplâtrés en pleine ligne droite .. Pas beau à voir …. On a doublé un bouchon d’au moins trois kilomètres et puis gros gaz direction le sud … La pluie nous a rattrapés après Solenzara, heureusement relativement faible … A Porto Vecchio, il faisait nuit … Une seconde nous avons bien eu l’idée de couper par Figari … mais à y être il fallait y être jusqu’au bout … Après une séance de gaz en grand …le passage en force à coté d’un troupeau de moutons bien à l’abri, couché sur le bord de la route … et un cycliste sans phare enrhumé jusqu’au printemps prochain … nous sommes arrivés à Bonifacio … il était 9 heures du soir !!

On a dit qu’on rentrait tranquille !!

Le garçon du bistrot de Bonifacio .. lorsqu’on lui a annoncé que l’on venait de Propriano a quelque peu tiqué en nous voyant aussi trempés … Quand nous lui avons annoncé que pour venir on était passé par Centuri .. Il nous a vraiment pris pour des fêlés grave !! Mais, Dieu qu’elle était bonne cette Pietra prise sur le port de la ville la plus septentrionale de Corse … José avait fini par poser le Tigre par terre .. à l’arrêt bien évidemment … il commençait à fatiguer sérieux … mais qui n’aurait pas eu un petit coup de pompe après cette journée de folie …
Pas question de mollir, il faisait faim, le froid commençait à nous gagner .. et il ne restait que 105 km à faire …
Je suis parti devant, avec la consigne d’y aller mollo .. pas question de s’y mettre dans la dernière partie du périple … cela a duré dix bornes … et le Cyril, qui avait reluqué mon pneu arrière toute la journée, s’est senti des ailes … Ses ampoules de 100 watts aidant ( attention non homologuées par le constructeur !! ) on y voyait comme en plein jour et la route jusqu’à Sartène fut avalée façon GP … Il s’est un peu loupé dans le rond point à l’entrée de la plus Corse des villes corses et je lui ai fait un intérieur de folie pour plonger vers Propriano … En vue de l’entrée de la ville il a essayé de me faire l’exter mais je n’ai pas coupé, le forçant à sortir à ras des fascines … Ce n’est que dans la dernière ligne droite que, profitant d’un sursaut de conscience.. et alors que j’étais en totale perdition dans un droite qui refermait … il a réussi à me passer pour attaquer la dernière partie en tête. Je n’y voyais vraiment pas assez bien et il a servi de poisson pilote jusqu’à la fin, ouvrant la route lors des derniers kilomètres à une allure soutenue mais moins suicidaire pour finalement franchir le portail de l’hôtel en vainqueur !!
Et José dans tout cela .. eh bien il admirait tranquille le spectacle en se demandant si nous était vraiment tout à fait conscients de ce que l’on venait de faire et de notre état de fatigue …

C’est pourtant morts de rire que nous sommes rentrés dans la salle du restaurant à 23 heures tapantes sous les acclamations des participants à la Semaine Corse qui nous attendaient avec impatience … La patronne de l’hôtel nous avait préparé un petit repas … Et Annie que j’avais lâchement laissé tomber et qui s’était inquiétée toute la journée pouvait enfin respirer …

Nous l’avions fait … Peut être pas dans les meilleures circonstances compte tenu de la pluie … mais c’était quand même un sacré pari …
Au GPS nous avions roulé pendant 9 heures 30 .. pour faire les 680 km cela fait
plus de 70 km/h de moyenne … C’est un temps de base …
Et si on le battait ?

Chiche !!

Si vous voulez le Road book, il est simple .. quel que soit l’endroit de la Corse dont vous partez, vous rejoignez en premier la Côte .. Quand vous êtes face à la mer, c’est au choix . vers la droite ou vers la gauche .... Puis vous suivez la côte au plus près .. !!!
Quelques conseils quand même, la côte Est étant bien moins belle que le coté Ouest de l’île, faites le tour dans le sens inverse des aiguilles de la montre, contrairement à nous. Dans le Cap Corse n’omettez pas de suivre la petite route qui mène au port de Centuri .. cela serait dommage !!
Faites particulièrement attention sur les longues lignes droites entre Bastia et Porto Vecchio .. Actuellement c’est souvent le jackpot pour ceux qui s’endorment sur la poignée de gaz !!

Dernier conseil .. Ne tentez surtout pas ce truc, c’est idiot, la Corse est si belle qu’elle mérite d’être dégustée et non pas avalée ...



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