Via-raid 02 : La grande rifle

dimanche 8 août 2010
par  Guido
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Le via-raid avait bien débuté. Le soleil vertical, la toile bleue du ciel et les files de camions qui, un « 90 » collés au train, tentent tout de même de se dépasser sur de longues, de très longues distance. Les Suzuki rutilantes glissaient sur l’autoroute A9 pour une gentille mise en route.

Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Le Mistral se jouait de nos trajectoires sur la belle Nationale qui mène à Foix avant qu’une ombre bleu marine ne nous contraigne à quitter la chaussée.

Il est connu que le gendarme a la capacité de faire tomber la moyenne horaire et qu’il a aussi le don d’annoncer de mauvaises nouvelles. Imaginant un contrôle de routine, je présente mes papiers au fonctionnaire. Mais le militaire m’informe que son collègue nous a surpris à une vitesse excessive à l’entrée d’un village. Abasourdi, je lui demande le relevé. Alors, sans conviction, il m’annonce que « le radar n’a pas effectué la mesure mais qu’il y a tout de même contravention d’un montant de 90 euros chacun » mais que nous pouvons nous rassurer car « c’est sans perte de points ».

Si vous empruntez la route de Foix pour la première fois en été, vous aurez l’insigne honneur de rouler en chapelet derrière des vacanciers qui cherchent le camping idéal tout en admirant les silhouettes minérales des châteaux cathares qui coiffent les pitons alentours. Quand vous trouverez enfin l’opportunité de doubler un amalgame roulant, ce sera pour en retrouver un autre au kilomètre suivant. Dans ces conditions, difficile de friser l’excès de vitesse.
La patrouille a bien tenté de nous convaincre mais sans conviction. Le maréchal des logis chef appelé en renfort a même, un instant, haussé le ton. On nous avait vu. Le sous-préfet pouvait confirmer car lui aussi était caché dans les fourrés.

Nous avons refusé de constater l’infraction. Les hommes de l’ordre ont alors essayé de nous faire verser l’obole républicaine mais nous nous sommes entêtés. Notre lettre de vacance (judiciaire), rédigée sur un coin de table à Lourdes, clame l’idée qu’un représentant de la loi planqué sous le couvert végétal, la nuque balayée par le souffle moite d’un sous-représentant de l’Etat en région, peut avoir mal jaugé la vitesse de déplacement de deux carénages, un jour de « prévention sécurité routier ». En attendant les suites de cette affaire pour laquelle nous ne nous faisons que peu d’illusions tant l’attirail sécuritaire est à la mode à l’approche des prochaines élections présidentielles, nous avons franchi les Pyrénées et une ligne blanche...

Cette ignoble infraction, provoquée par le courtois décalage sur le bas-côté d’un automobiliste castillan, nous a donc permis de réaliser un comparatif franco-espagnol des politiques de prévention routière.

« No hablo espagnol correctamente pero la linea continua est de mi responsabilidad  ». S’il est parfois facile de reconnaître ses torts, il est en revanche difficile de lire les pensées de son interlocuteur à travers la visière opaque d’un casque.

Droit dans ses bottes luisantes, le patrouilleur s’exprime lentement pour connaître notre itinéraire. En pèlerins contrits, nous le lui présentons. Le représentant de la loi écoute en silence. Puis, voilà que le martial gaillard teste notre culture motocycliste ! Grâce à lui, nous avons découvert que "Les pingouins" était le nom de la concentration de motards qui se tient chaque hiver à Valladolid. Cette rapide révision collective du code de la route s’est achevée par une photographie et un "bon voyage !". Dans notre Top 10 des patrouilles motocyclistes européennes, celle de Castille occupe désormais la première place, Limoux peut revoir son procès verbal.

Cette entame de périple quelque peu cocasse nous inspire cette réflexion. L’Etat est une construction en perpétuelle genèse. En France, l’Etat est ce que nous en faisons. Les lois sont celles que nos députés façonnent en notre nom. De fait, les élections législatives occupent une place cruciale dans notre pays. Ainsi, le citoyen lambda a tout intérêt à s’engager en politique au plus haut niveau dès que possible pour ne pas laisser aux autres le soin de bricoler ses conditions de vie.

Engagez-vous ou alors jouer à la grande rifle, loto des Pyrénées qui se joue avec des grains de maïs : « Le numéro 22 : c’est la patrouille ! »

Guido du Bourdon nippon.



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