Via-raid 08 : A la croisée

samedi 11 septembre 2010
par  Guido
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Bien loin du bivouac de Jack Kerouac, l’itinéraire du via-raid en a croisé d’autres. Ainsi, notre trajectoire a coupé la route du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle à proximité de Zamora. A une vingtaine de kilomètres de cette ville espagnole proche de la frontière avec le Portugal se trouve El Campillo. Ce petit bourg rural abrite San Pedro de la nave, petite chapelle wisigothique construite à la fin du VIIe siècle. Cette construction simple au plan en croix grecque est d’une rare élégance. C’est à se demander ce que ce monument fiche dans un coin pareil. En fait, il a connu la même aventure que le temple d’Abou Simbel (Egypte) puisque la chapelle a été déplacée pour échapper aux eaux stagnantes d’un lac de barrage artificiel.

Plus au sud, c’est la route des Indes qui s’est présentée à nous. Le quartier lisboète de Belem porte les stigmates de la conquête du monde. A deux pas des eaux dorées de l’estuaire du Tage que les Portugais appellent la mer de paille, l’église du monastère des Jerominos sert de tombeau à Vasco de Gama, navigateur fait vice-roi dans le Nouveau monde au début du XVIe siècle.
A deux pas de là, entre mer et fleuve, se dresse la tour de Belem classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. De loin, on croirait une pièce de jeu d’échecs échappée de quelque échiquier géant tant ses décorations sont admirables. Difficile d’imaginer la fonction militaire de ce monument avec sa ceinture de décorations et ses balcons ornés.

Arrivés au point le plus sud de notre périple, nous avons remonté le temps jusqu’à la préhistoire en contemplant le cromlech des Almendres, l’un des sites les plus vieux de l’humanité. Ces pierres émoussées par le temps se situent à côté d’Evora, tout au bout d’une piste sableuse qui mène au sommet d’une colline verdoyante. Le lieu est moins spectaculaire que Stonehenge (Royaume-Uni) mais il est propice à la méditation touristique c’est-à-dire aux réflexions d’une rare portée intellectuelle dans le genre : « Il fallait sacrément avoir la foi pour dresser ces pierres en cercle sans tractopelle ». Il est désormais prouvé que Monsieur Perrichon est toujours bien vivant !

Guido du Bourdon nippon.