Lettre au Père Noël

vendredi 31 décembre 2010
par  Guido
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Vous avez aidé vos enfants à rédiger la leur sans penser à la vôtre. Il n’est pas trop tard pour expédier vos souhaits sous enveloppe à l’éternel vieillard.

27 décembre 2010

Monsieur le Père Noël,
Hotte corporation,
Pôle Nord magnétique.

Monsieur le Président directeur général,

Vous êtes certainement accaparé par le service après vente de l’opération « Noël 2010 ». Cependant, je me permets de vous contacter afin d’obtenir réparation dans une affaire dont je me fais le devoir de vous exposer le plus objectivement possible les malheureuses circonstances.

Le 25 décembre dernier au petit matin, je tentais de rallier mon domicile au guidon de ma moto sur une route enneigée. Ragaillardi par le dernier verre d’Armagnac servi par mon beau-frère, je pilotais mon véhicule d’une main assurée. C’est alors que l’un de vos employés de sexe masculin, 1,7 mètre au garrot, poil châtain a traversé la chaussée sans crier gare.

J’ai tenté d’éviter la collision en exécutant un évitement à gauche. Malgré l’habile rétropédalage que j’effectuais avec mes Moon boots, ma monture a préféré se coucher devant l’obstacle. D’un simple saut, votre collaborateur a alors esquivé mon engin tournoyant, gaz bloqués. La plainte assourdissante du moteur n’a brisé le silence qu’un instant ; le temps pour un poteau télégraphique de couper définitivement l’allumage et le cadre.

D’abord aveuglé par la neige accumulée sous la visière et crucifié dans les branches de l’épineux qui avait judicieusement interrompu ma glissade, je parvenais à me dégager pour aller à la rencontre du chauffard. Il a été impossible d’engager la conversation avec celui-ci. Sans doute pressé d’achever sa tournée, votre salarié n’a fait que signaler son agacement par une série de râles fumants.

Surpris par un tel comportement, je tentais de récupérer le constat à l’amiable placé sous la selle de mon épave de moto. Alors que je quittais mes maniques – j’avais égaré mes gants chez mon beau-frère – j’ai reçu un violent coup dans le bas du dos qui m’a fait valdinguer cul par dessus tête.

Votre cervidé de collaborateur a alors pris la fuite en zigzaguant délibérément dans les airs tous feux éteints afin que je ne puisse pas relever l’immatriculation de son véhicule.

Après une heure de marche dans la campagne blanchie et un café-Aspro, je me suis rendu au poste de gendarmerie pour déposer une plainte contre X pour délit de fuite un jour de fête. Le maréchal des logis, goguenard, m’a même permis de faxer le document à ma compagnie d’assurance.

Dans ces conditions, je vous demande de bien vouloir me faire parvenir une lettre reconnaissant sur l’honneur l’exactitude de mon témoignage. Bien entendu, je vous laisse le soin de mener vos propres investigations. A coup sûr, l’un de vos traineaux porte les traces du choc. Je vous prie d’agir au plus vite afin de mettre un terme à la garde à vue en cellule de dégrisement dont je suis l’injuste victime.

Je vous prie d’agréer, monsieur le Père Noël, l’expression de mes plus sincères salutations motardes.

Guido du Bourdon nippon.



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