MotoGP : Circuit imprimé

lundi 29 octobre 2012
par  Guido
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Durant le week-end dernier, le thermomètre est parti en vrille. Assez pour contempler la course des nuages derrière la vitre tout en gardant un œil sur l’avant-dernière manche du championnat MotoGP.

Réveil, bouilloire et télé à partir de 6 heures. Merci l’heure d’hiver. A l’autre bout du monde, sur un îlot océanien, l’Allemand Cortese a fêté une nouvelle fois son titre Moto3 en s’offrant la victoire à Philip Island. En terminant troisième sur le tracé australien, Marc Marquez a été remporté le titre Moto2. L’an prochain le prodige espagnol rejoint l’équipe officielle Honda Repsol en lieu et place de Casey Stoner. Revenu aux affaires après l’opération d’une cheville, le champion MotoGP 2011 a pour la sixième fois consécutive gagné son GP national. Une belle manière de saluer ses supporters avant sa retraite. A 26 ans, Stoner a annoncé préférer courir le bush en famille plutôt que d’assister à l’agonie d’un univers qui l’a fait rêver.

Il faut bien avouer que cette année les commentateurs ont eu fort à faire pour compenser le manque d’intérêt des courses MotoGP. Dès les premières manches, il a été clair que seuls trois pilotes étaient capables de remporter le titre et qu’il ne fallait pas compter sur des bourres saignantes pour les départager. Les courses ont en effet présentées un déroulement identique, d’une rare monotonie. Deux ou trois pilotes parvenaient à prendre le large dès les premiers tours avant que l’un d’eux n’en remette une couche. Le spectacle se transformait alors en une longue suite de positions figées jusqu’au dernier tour où une chute venait rappeler à tous que le sport moto est un art d’équilibristes. C’était affligeant de Formule 1. Rossi a même fini par déclarer qu’on s’emmerdait en catégorie reine.

Peut-on espérer mieux l’an prochain ? Pas sûr... Côté pilotes, la redistribution des meilleures selles pourrait pimenter le spectacle. Aux côtés de Pedrosa qui est parvenu à aligner les victoires en fin de saison, Honda a choisi Marc Marquez. La fougue de la jeunesse alliée à la vitesse d’acquisition pourraient en surprendre plus d’un à commencer par Dani. Yamaha va de nouveau réunir Jorge Lorenzo, champion en titre et Valentino Rossi qui rêve de s’éprouver aux avant-postes après un passage raté chez Ducati. Andrea Dovizioso prend sa place chez le construction italien. Peut-être sera-t-il faire fructifier l’héritage Rossi ? Blessé à Sepang, Ben Spies quitte Yamaha pour rejoindre Ducati mais dans l’équipe satellite Pramac en compagnie d’Andrea Iannone. L’Américain qui avait fait triompher Yamaha en WSBK fera tout pour retrouver un guidon d’usine.

Ces prometteurs changements de casaques n’empêchent pas les doutes concernant l’attrait des courses car les acteurs de la discipline divergent sur les priorités. S’ils sont tous d’accord pour réduire les coûts en cette période de turbulence économique, ils ne préconisent pas les mêmes solutions. La Dorna, organisatrice du show MotoGP – aujourd’hui associée au WSBK dans une entité commune de gestion – souhaite l’usage d’une centrale électronique commune (ECU) en plus du nombre limité en moteurs, en pneumatiques et en essais. classe CRT a manqué de panache et n’est pas parvenue à attirer de nouveaux constructeurs. Elle n’a servi qu’à meubler l’image quand la tête de course se fossilisait. Son avenir semble compromis à court terme.

Les constructeurs, quant à eux, souhaitent la confrontation de prototypes tout droits sortis de leurs centres de recherches afin de préparer la moto de demain.

Au final, la technologie finit par nuire au spectacle. Mais n’est-ce pas le lot commun de notre époque ? Statistiques et rapports à l’appui, la majorité des défaillances dans l’usage d’un système technique sont à porter au crédit est l’utilisateur. Comme il est désormais prouvé que l’erreur est surtout humaine, les ingénieurs multiplient les systèmes électroniques prenant la décision la mieux à même d’assurer la survie de l’usager. En piste, cela s’est traduit par l’inflation de centrales d’acquisition, de puces paramétrables et de gyroscopes miniaturisés. La recherche a conduit à la surabondance d’innovations techniques au nom de l’efficacité mais elle a dépouillé la course de ses aléas qui en font l’intérêt. Aujourd’hui, un pilote moto est un sportif capable d’adapter sa trajectoire à la dégradation des réglages établis par les ingénieurs. Seuls la direction et le changement de vitesses échappent à la loi du calcul informatisé. Un jour peut-être, le pilote ne sera plus qu’une masse vivante arque-boutée sur le dos d’un engin auto-piloté.

La technologie embarquée ne devrait pas imposer des solutions au pilote mais plutôt lui proposer des options. Le concept de course moto repose sur l’idée de mise à l’épreuve du génie humain dans un cadre déterminé. La renommée de l’individu naît de la supériorité de sa maîtrise des conditions de course sur celle de ses adversaires. Reste à permettre à un certain nombre – la masse critique – de disposer de cet appareillage technique pour retrouver une compétition réjouissante. La cacophonie des paddocks risque de couvrir encore longtemps le vacarme de la piste.


Guido du Bourdon nippon (www)



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