MotoGP : « Je t’aime, moi non plus »

mardi 14 février 2012
par  Guido
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Comment fait-on pour gagner un championnat du monde motocycliste ? Facile. Il suffit d’éliminer la concurrence avant même d’apercevoir une tribune de circuit. En cette période de crise économique, il y a ceux qui se lamentent devant le verre à moitié vide et ceux qui se gargarisent dans la coupe à moitié pleine.

Pour les capitalistes libéraux - à qui nous déléguons chaque jour davantage le contrôle de nos existences - une bonne crise est l’équivalent d’une purge car elle met sous pression les montages économiques de tout poil. Au final, seules les structures les plus adaptées ou les plus adaptables s’en sortent. Les autres s’éliminent d’elles-mêmes. Allez donc en causer aux dinosaures.

Le tricératops Ezpeleta connaîtrait-il ses dernières heures ? Le directeur espagnol de la Dorna, société de promotion des courses, se doit de convaincre les principaux acteurs du MotoGP qu’ils foncent dans le mur, façon Kato. Il le sait, ils le savent et pourtant il doit les mettre au pas. A quoi est donc due cette situation ubuesque ? Comme d’habitude, il s’agit d’identifier le nerf de la guerre tout près de la glande de l’orgueil et de la poche portefeuille.

Pour les constructeurs, le titre mondial est d’abord synonyme de profit c’est-à-dire d’expansion économique. De ce fait, la course à l’armement est ouverte dans les stands. Suzuki et Kawasaki y ont laissé des plumes. D’autre marques n’ont même pas osé entrer dans la zone rouge tenue par les trois majors : Ducati, Honda et Yamaha. La rationalité de la course économique est en train de détruire le suspense de la compétition pistarde.

Pour modifier le cours de l’histoire, le président de la Dorna s’est mué un stunter de l’impossible. A coups de reverses, air stufs et autres stoppies, il brusque doucement les trois constructeurs afin d’obtenir la baisse des coûts.

Ce bras de fer dans la soie entre aujourd’hui dans sa phase critique car Carmelo Ezpeleta ne souhaite plus financer des équipes pour remplumer sa baraque de foire. En bon commerçant, il veut désormais accroître le nombre de ses fournisseurs afin d’apporter diversité et concurrence au MotoGP. Pour cela, le maestro catalan joue sur le règlement.

A l’ouverture de la saison 2012, ne soyez pas surpris si vous voyez surgir deux groupes distincts de bécanes hors de la nuit qatarie. En tête, vous reconnaîtrez les prototypes cubant 1000 cm3 et loin derrière les machines des CRT. Les motos des « Claiming Rules Teams  » seront des bêtes de production. A la manière de la Moto2, les CRT pourront greffer un bloc de série revisité dans un châssis prototype. De plus, elles auront le droit d’embarquer plus de carburant et de casser plus de moteurs. Elle est pas belle, la vie ?! Les trois usines ont grincé des dents mais ont accepté, au nom du spectacle et au vu du chronométrage, l’arrivée de :

- Forward Racing Team : Colin Edwards (Suter/BMW)
- Gresini Racing Team : Michele Pirro (FTR/Honda)
- BQR Team : Ivan Silva and Yonny Hernández (FTR/Kawasaki )
- PBM Racing Team : James Ellison (ART/Aprilia)
- Ioda Racing : Danilo Petrucci (Cadre Ioda/Aprilia)
- Aspar Team : Randy de Puniet and Aleix Espargaró (ART/Aprilia)

D’emblée, on remarque qu’il y a du beau monde en CRT. Edwards et De Puniet apportent leur expertise à des structures ambitieuses. Le châssis suisse Suter associé au bloc teuton de la S 1000 RR devrait faire des étincelles aux mains du Texan. Fort de très bons chronos, De Puniet est en passe de devenir le pilote usine Aprilia. La firme de Noale a construit son propre châssis (Aprilia Racing Technology) pour un moulin de RSV réglé pour le MotoGP. L’équipe Ioda de Giampiero Sacchi a, quant à elle, choisi de développer son propre cadre pour tirer le maximum du même bloc. Il sera donc intéressant de comparer les chronomètres. Ducati surveillera de très près les résultats des machines propulsées par son rival national afin d’étouffer dans l’œuf toute velléité de concurrence déloyale en 2013.

D’autres mesures sont dans l’air car Ezpeleta ne désespère pas non plus d’obliger les usines à louer des prototypes à un tarif « raisonnable » à une équipe satellite. Il souhaiterait aussi que les pilotes soient dotés d’une unique machine par saison.

Cette année, il est certain que ça va autant frotter dans les salons feutrés qu’au premier freinage. Cet épisode de saine transition devrait débuter par une nuit des longs couteaux le 8 avril prochain dans le désert de Losail.

Guido du Bourdon nippon.

Extract :

This year, the World Motorcycling championship knows a tough battle for new rules. Carmelo Ezpeleta, the boss of Dorna Sports SL, is discussing with the bike manufacturers about the future MotoGP class regulations to reduce the costs for teams. He aims at giving other teams the chance to participate in MotoGP because he has to preserve the quality of the show.
In spite of the struggle for the title led by Ducati, Honda and Yamaha, it is necessary to complete the starting grid ! Next April 8th, Claiming Rules Teams (CRT) could race in Losail (Qatar) with machines coming from the production.



Portfolio

Ca jardine en MotoGP<small class="fine De Puniet chez Aprilia <span class="caps <span class="caps">CRT</span> 

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