Sport moto : Du low dans le gaz ?

lundi 14 mai 2012
par  Guido
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Crise oblige, les championnats du monde de vitesse tentent de s’adapter au nouveau « contexte macroéconomique » comme Mougeotte le laisse écrire dans son Figaro Eco. Comme pour la bagnole, la course moto se convertit au Low Cost. Il s’agit de réduire les coûts pour survivre dimanche après dimanche. La charité, messieurs, dames !

En GP, l’année a débuté par la fin des deux temps dont le développement avait atteint ses limites sans parler de la clientèle réduite aujourd’hui à quelques millions de scootéristes de l’hémisphère Sud. Une bagatelle.
La catégorie 125cc qui couine dans un panache de fumée bleue a cédé sa place au Moto3 couru sur des mono-cylindres quatre temps de 250 cc. Désormais, Honda et KTM règlent le sprint dans un vacarme de tracteurs de tonte et tout le monde semble y trouver son compte.

Idem pour la catégorie reine vient de passer à 1000cc. Outre leur puissance et leur couple accrus, les nouveaux prototypes correspondent mieux à ce qui se vend sur terre. D’où une nouvelle source d’économie et de profit appelé CRT ou Claiming Rules Teams. Il s’agit d’équipes qui engagent des machines construites autour d’un bloc moteur sur-vitaminé acheté dans le commerce. Les CRT ont massivement plébiscité le moteur Aprilia de la RSV 1000. L’équipe espagnole Aspar bénéficie d’ailleurs du soutien de l’usine sous l’acronyme ART (Aprilia Racing Team).

Les CRT sont un peu à la peine en piste mais elles ne sont pas ridicules. De Puniet (Aprilia ART Aspar) accroche régulièrement deux prototypes à son tableau de chasse au chrono. La première de ces motos jouit du privilège de figurer sur le parking du trio gagnant pour une meilleure visibilité médiatique. De quoi se plaint-on ?

Il est vrai que ça bouchonne de temps à autre sur la trajectoire pour le plus grand agacement des top pilotes mais cette nouvelle classe a remplumé le plateau qui ne rassemblait plus qu’une douzaine de machines. La CRT Low Cost fait de l’ombre au Superbike.

Oui mais non. Le Superbike reste une vitrine sans égale pour les constructeurs avec son règlement souple comme un cadre de 600 Diversion. Dans ce championnat, toute innovation technique à la mords-moi-le-pneu est autorisée : accélérateur sans fil, gestion du frein moteur, anti-cabrage et autre boîte à tiroir. Sans compter que de vieilles gloires du GP y courent sans complexe sur des bécanes sorties de la première concession venue, amortisseurs et autocollants exclus. Le format des courses, soit deux manches consécutives, pimente le spectacle. Il s’agit aussi d’une compétition qui colle parfaitement aux standards occidentaux puisque la quasi-totalité des 14 épreuves se court en Europe, de Portimao (Portugal) à Moscou (Russie). D’un coup de charter, on peut s’offrir un week-end de bourre à bas prix. Elle est pas belle, la vie ?!

Alors, que choisir : la grande messe des prototypes ou la communion des Stock Cars ?

Eh bien, dimanche en huit, j’ai bien cru dépérir devant la course MotoGP à Estoril (Portugal). Dès l’euphorie des premiers tours passée, ce fut calme plat à Fukushima. Stoner a terminé devant Lorenzo qui a terminé devant Pedrosa. Aleix, l’aîné des Espargaro, a remporté le challenge CRT. Stoner ne possède plus qu’un point d’avance sur Lorenzo dans la course au titre. Si ça ronronne en piste, ça bouillonne chez les parieurs.

Heureusement, il y a eu les virtuosités des jeunots de Moto2 et de Moto3. En catégorie intermédiaire, Marc Marquez a bien remporté la manche portugaise mais au terme d’un duel viril avec Pol, le cadet des Espargaro. Le Français, Johann Zarco, a franchi un nouveau cap dans sa fulgurante progression en décrochant la quatrième position. En Moto3, Marverick Vinales n’a eu de cesse de harceler Sandro Cortese pour compenser le manque flagrant de puissance de sa machine. Malgré tout son panache, l’Espagnol a été contraint de suivre le croupion orangé de la KTM de l’Allemand jusqu’à la ligne d’arrivée.

En ce qui concerne le Superbike, les courses se suivent et ne se ressemblent pas. Il faut dire que le piètre spectacle offert à Monza la semaine passé avait de quoi dégoûté les plus fidèles tifosi. La première course a été annulée pour cause d’averse tandis que la seconde a été réduite à un sprint de 8 tours. Un rayon de soleil sous l’eau tout de même avec la victoire de Jules Cluzel en SuperSport (SSP). Cocorico !

Hier, comme pour se racheter, les ténors du Supebike se sont expliqués à Donington. Les deux manches ont été ultra-disputées. Sykes, Rea, Haslam, Biaggi et Melandri se sont entre-déchirés jusqu’au crash. Rea a poussé les pilotes BMW hors du dernier virage pour remporter la seconde manche. Melandri, vainqueur de la première, s’est donc retrouvé par terre avec son coéquipier Haslam. BMW : 2 – Honda : 0. Balles neuves en 11,43.

Biaggi reste en tête de la compétition devant Sykes. Le strike de Rea lui offre la troisième position au championnat juste devant Checa en manque de réussite depuis le début de saison.

Au final, pas cher pour pas cher, mieux vaut choisir la formule la plus explosive. Qu’importe le flacon (de gaz) pourvu qu’on ait l’ivresse. Gaffe à l’étincelle tout de même.

Guido du Bourdon nippon.



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