TECH : Le chaînon manquant

mardi 11 décembre 2012
par  Guido
popularité : 1%

L’usage de chaîne chez les motards recouvre de multiples usages qui vont de la bataille rangée entre bandes rivales à la distribution du tempo des soupapes. Toutefois, l’utilisation la plus courante demeure la transmission finale. La chaîne dite « secondaire » est, en effet, le système le plus commun pour transformer les rotations du vilebrequin en tours de roues.

Il y a bien d’autres solutions techniques mais le galet n’a pas eu de descendance depuis le Solex. La courroie anime encore quelques lessiveuses à deux cylindres du côté de Munich et de Milwaukee. Par contre, le cardan connaît un renouveau depuis l’élimination de ses défauts à savoir les à-coups de transmission et le maousse frein moteur, redoutable sur le mouillé. Ainsi, le discret arbre de transmission orne désormais le flanc de la plupart des GT de la production. Mais à quel prix ?

S’il est vrai que le cardan a tendance à alourdir la note, il peut s’avérer plus rentable sur le long terme. Tout dépend du kilométrage annuel parcouru et du soin apporté à l’entretien du système. Si le cardan ne nécessite qu’une vidange de temps à autre, le chapelet de maillons, quant à lui, réclame une constante attention. Sans son quota hebdomadaire de gras, la pièce articulée se laisse dépérir à la vitesse grand V, particulièrement en hiver.

Car, en cette saison, la chaussée regorge d’agents agressifs : eau, neige, boue, pouzzolane, sable, sel et j’en passe. Toutes ces particules squattent les maillons à la manière des caries dans la bouche de votre petite dernière. A la longue, la pâte abrasive formée de graisse et les particules parasites a raison du métal. Et, à la manière de mamie, la chaîne finit par prendre du ventre, user ses dents et se taper des points durs.

Comme la prévention évite l’addition, un entretien régulier assure la longévité de la chaîne. Il est recommandé d’entretenir sa chaîne chaque semaine pour un usage quotidien. En ce qui me concerne, je me laisse trois semaines mais je jette un coup d’œil sur le système tous les dimanches à l’heure où les pratiquants égrainent le chapelet. Si la moto rentre trempée, je suis autrement plus vigilant. Pour faire simple, tant que la chaîne conserve l’apparence d’une pièce métallique, je n’y touche pas. Mais dès qu’elle prend l’allure d’une tresse de réglisse, je me déchaîne.

L’exécution des basses œuvres qui vont suivre requiert du matériel. Toutes les opérations se font moteur coupé afin de lutte contre l’extinction mondiale des doigts de bricoleur. Une béquille d’atelier permet la libre rotation de la roue arrière. Une paire de gants de mécanicien vous évitera la corvée du curage d’ongles.

La grande visite débute par le démontage des carters et du pare-chaîne afin de découvrir la plus grande partie de la chaîne. A l’aide d’un bout de baguette de bois, je commence par ôter les agrégats de vieille graisse qui ornent les abords immédiats de la chaîne puis je pulvérise du Chain clean. A coups de torchon, j’enlève les cochonneries qui subsistent. Je dégraisse avec le plus grand soin le patin de protection du bras oscillant.

Avec un autre linge, j’interviens de la même manière sur la chaîne. Je vous recommande une chaussette de sport usagée qui, contrairement au string, allie la douceur du coton à l’efficacité de la moufle. Je nettoie ainsi le dessus comme les côtés de la chaîne. Ceci fait, je pulvérise une graisse de qualité sur toute la longueur. Par coquetterie, j’enduis le flanc des maillons de graisse universelle. Ce film protège de la corrosion la partie la plus exposée aux projections.

Avant de remonter les carters, je retends la chaîne en respectant la première règle de l’art du bondage : « ferme mais souple ». Je laisse reposer le tout une demi-journée avant d’aller faire un tour auprès de mon chêne.


Guido du bourdon nippon (www.)



Portfolio

JPEG - 831.2 ko Patin de chaîne : un vrai nid à m.... Cocktail de graisses Dans la famille « maillon », je voudrais... Points durs à la chaîne

Commentaires

Sites favoris


3 sites référencés dans ce secteur