Rencontre ..

jeudi 23 février 2017
par  Pascal
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Politiquement incorrect, mais cela nous a bien fait marrer .. Signé la rédaction

Comment j’ai rencontré à la fois Hervé Davidson et une sacré « tâche ».

Y’a des jours comme ça qu’on oublie pas. Pour certain c’est la naissance de leur fille pour d’autres la mort de leur belle mère ou l’héritage inattendu d’une vielle tante nommée Henri. Ben moi c’est le jour où j’ai rencontré Hervé Davidson.

J’ai changé son nom pour éviter les ennuis, faut dire que c’est un peu le boss ici et j’ai déjà eu des emmerdes avec lui lorsque j’ai voulu publier un article sur la nouvelle année.
Il m’a dit :
- « Mais putain t’es fou avec un article comme ça l’Autriche va envahir la Suisse ».

L’Autriche envahir la Suisse quelle drôle d’idée, en fait ça doit être l’inverse. La Suisse mise à plat ça fait plus grand, soit environ la moitié de l’Europe et ils cachent bien leur jeu. Y’a une vielle rivalité entre ces deux pays, je ne sais plus pourquoi une histoire de grands hommes, de montagnes, ou de moto allez savoir en tous cas lui Hervé il sait.

En fait j’aime bien le taquiner le Hervé, et quand je l’appelle Davidson ça l’énerve. Peu de gens savent que à la création de la firme de Milwaukee ils étaient trois, le troisième était français et de la famille de Hervé. Cherchez bien et vous trouverez cette fabuleuse histoire de cette moto qui a failli être un trois cylindres. Ses initiales sont quand même HD.

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Vous allez me dire avec tout ce que je dis il va se reconnaître Hervé ? Et bien non, car Hervé il ne lit pas entre les parenthèses, il me l’a dit.

« On se fait déjà assez chier avec les guillemets et on à l’air vraiment con quand on lit tranquillement dans le métro et que d’un seul coup il y a des guillemets et qu’on est obligé de lire à voix haute tout le monde vous regarde déclamer un dialogue débile. Alors les parenthèses je ne sais pas lire plus bas que bas je les lis mais je ne les entends pas, donc je les lis plus . »

Bref ce jour la je rencontre Hervé, il est un peu nerveux je le vois. Il me dit :
- « On va faire un truc incroyable en bécane ».
> - « C’est quoi lui rétorque-je ? »
> - « Ferme ta gueule, tu prends ta bécane et tu viens »
> - « C’est où articule-je ? »
> - « Ferme ta gueule, tu prends ta bécane et tu viens »
> - « Mais c’est quand bredouille-je ? »
> - « Ferme ta gueule, tu prends ta bécane et tu viens ou t’es une petite bite »
Alors là, moi, l’ex trader de la grande finance internationale je suis sur le cul, j’en ai vu des bons dans ma vie et des sacrés je vous assure, mais autant d’assurance, d’aisance dans la démarche commerciale j’ai jamais vu. Et vous savez dans la grande finance internationale quand on voit un bon, et bien on achète. Et on trouvera toujours le bon moment pour vendre et faire son fric.

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Donc au jour pas dit, presque à l’heure pas dite, je me pointe avec ma bécane au port de Marseille. Juste après la première barrière je vois une dizaine de zozos emmitouflés à coté de leur meules, j’ai même pas le temps d’enlever mon casque et mes gants pour les saluer qu’ils s’envolent comme des moineaux, genre pressés qu’on est pas la pour traîner, le road c’est maintenant. En fait ces trous du cul ils vont se mettre en file sous un hangar moche, posent leurs béquilles et se mettent à papoter comme des motards. Vous savez comment ça parle les motards, et vas y que t’as des nouveaux pneus, que ma bécane elle marche bien, que ma femme est partie avec un caisseux, que ma selle elle prend l’eau, et puis quand ça a fait le tour des motos, ça cause de cul comme des secrétaires un lundi matin. Mais en moins bien, les secrétaires elles au moins savent de quoi elles parlent, eux n’y vont que de blagues salaces en blagues pourries, que de vantardises même pas crédibles, mais ça leur fait plaisir et puis faut bien s’occuper quand ils descendent de leurs pétoires.

Trêve de conneries annonce Hervé Davidson :
- « Savez-vous où on va ?
- « Ben non répondent ils en cœur
- « Manu, gueule Hervé, on va où ?
- « Chez Saint Pierre », répond Manu toujours dans le coup.
La joie envahie les visages des mecs, putain de bordel de merde on va crever, ça c’est de l’aventure, on en aura des belles choses à raconter quand on ne reviendra pas.
- « C’est où ? Dit timidement un mec que je ne connais pas.
- « Les mecs, dit Hervé, Saint Pierre c’est une île tellement paumée et qui fout tellement les j’tons que même ces petites tapettes qui vont le tour du monde avec leurs barcasses sponsorisées ils l’évitent »
- « Vendée Globe Mes Couilles, dit il, et ben nous on y va »
- « Mais c’est où ? marmonne le timide qui a un poil la trouille.
- « C’est une petite île coincée entre la pointe de l’Afrique du sud et l’embouchure du Saint Laurent au Canada. » répond Manu fier d’avoir révisé sa géographie.
- « Mais c’est Saint Pierre et Miquelon » se gargarise l’intello du groupe, genre moi j’ai fait le tour du monde on ne me la fait pas, un belge dit « j’savais pas que Saint Pierre était homo. »
- « Bon les gars nous on y va en plein été, c’est mieux il y fait que -20° et comme on est des bons on se fait l’île en string »
- « Voici le ROAD : L’île est plate comme une limande il n’y a que deux routes TOUTES DROITES et qui font chacune le tour de l’île, alors gaffe à vous nous la ligne droite c’est pas dans nos habitudes il va falloir être vigilant, surtout que ces deux routes sont à double sens. Je ne sais plus pourquoi ». Le belge réitère : « Parce que Saint Pierre est homo. »
- « A Saint Pierre il y a cent baraques, on va aller toutes les voir ça va s’appeler les « CENTS BARAQUES DE SAINT PIERRE » nous assène Herve super fier.
- « Mais si les routes sont droites elles ne peuvent pas faire le tour dit le belge avec un sourire narquois.
- « Toi, tu prends ta bécane et tu suis, merde alors hurle Hervé vers un grand type avec une gueule de gamin qu’aurait oublié de vieillir, mais n’aurait pas oublié de perfectionner sa bêtise, que l’on soupçonne incommensurable .

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Je sais pas pourquoi, mais à ce moment la je sens que je suis en train de faire une rencontre ... la rencontre !!

On repasse aux banalités d’usage, je jette un œil aux bécanes, ouf pas de GS, tiens le grand type a une moto japonaise à deux cylindres, le dernier modèle, celui qui est un peu moins foireux que les anciennes qui ne semblaient faites que pour aller au supermarché. Mais bon rien de transcendant, le gars a quand même installé bien en vue sur son guidon un lecteur de road-book rouge, pétant de prétention et d’intention d’être. Pour sa décharge il ne savait pas où on allait.

Il y avait aussi une belle Goldwing bleue, en général j’aime pas mais le gars qui l’a est vraiment gentil il est même touchant et en plus il passe partout avec, bon il le fait un râlant mais toujours avec une certaine élégance.

Y’avait aussi une moto suisse rutilante, si ça existe, ou plutôt c’est ce que je dois dire. Et puis une street, jolie moto avec des plaques de l’île de man, un gars qui aime les îles c’est toujours bon signe. Il est en total cuir qui en dit long sur ces intentions, il n’est pas la pour rigoler le "cum".

Bref quatre heures inutiles à attendre de monter sur le rafiot en refaisant le monde, enfin celui qui sied à chacun et croyez moi, il y avait des divergences !! .

On monte sur le paquebot ( c’est une image ) Hervé tutoie le pacha, serre la louche à n’en plus finir au steward qui ressemble pourtant à un bon quinqua pas super sympa, qui me jette un œil noir du genre toi t’as pas intérêt à bouffer deux croissants au petit dej, je t’ai à l’œil. Mais il est comme ça le Hervé, il est connu. Pour vous dire, une fois je l’ai appelé car j’étais en panne, il m’a répondu t’inquiète « tu fais le 3637, et tu dis que tu viens de la part d’Hervé ils vont t’arranger ça ». C’est ce que j’ai fait, j’ai dû filer cent boules au téléthon et je suis rester comme un con avec ma moto en panne. Depuis j’ai une dent contre le téléthon, contre Hervé je ne peux pas, il n’a pas la mémoire des chiffres. Je parle bien d’Hervé Davidson pas d’erreur.

Finalement on se réparti les chambres, c’est un peu au pifomètre pour les petits nouveaux … ouf je ne tombe pas avec le malin du groupe, mais avec un gars qui roule vite sur une Multistrada, une gars super qui souffre un peu de narcolepsie ( si vous ne savez pas ce que c’est allez voir une belle infirmière de moins de 30 ans nue sous sa blouse, c’est l’effet inverse de la narcolepsie). Mais il n’en souffre qu’à l’horizontale. C’est pour ça qu’il a une Multistada, il ne peut pas s’allonger sur une moto sinon il s’endort illico. Les sportives, pour lui, c’est interdit.
On pose le bordel dans les cabines, c’est vite fait on avait le droit d’amener qu’un string et une brosse à dent. Et chacun se dirige vers le bar l’air nonchalant, « même pas peur, j’en ai vu d’autre ».

Et pourtant, y’aurait de quoi. Le groupe se forme commande sa bière ou autre. Et voilà que l’autre malin ouvre sa gueule, il parle fort, toujours deux critiques par mots et un « moi je » au moins quatre fois par phrase .. c’est la version nordique d’un con tous les deux et d’un putain tous les quatre.

Mais au fait à quoi il ressemble l’artiste ( l’artiste, c’est plutôt gentil presque affectueux avec les gens qu’on connaît peu, j’aurais put aussi l’appeler l’américain ce qu’il n’est en aucun cas mais faut pas le dire car si il se reconnaît vous imaginez le procès, mais les non américains que je connais sont sympa marrants moqueurs d’eux même et ouvert au monde. En fait j’aurai pu l’appeler Ducon, ce que je finirai peut être bien à faire, mais je préfère attendre afin d’en être sûr.)

C’est un grand échalas, légèrement voûté pour faire croire que sa tête est lourde à porter, mais, après quelques minutes de discute on s’aperçoit que c’est du camouflage. Il a un visage enfantin avec le petit rictus poupin du morveux ravi de la crèche qui mate les nibards de l’assistante maternelle, il parle fort et se meut avec l’élégance d’un pachyderme en surcharge pondérale. Et dès qu’il prend la parole, c’est parti, il se libère et il le montre.

Il mate la pauvre serveuse comme si c’était un steak à déguster, et dit : « En voilà une qui ne va pas faire le voyage à vide ». Jolie formule d’une pure élégance surtout énoncée à voix haute !!

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Le pire c’est que ce mec fait partie des nantis, de ceux qui ont eu la chance de voir leur père naître avant eux. Le problème c’est qu’au lieu d’en profiter sans ambages ni remords il ne peut s’empêcher d’étaler … On a droit au festival .. les bagnoles, les baraques, les motos, les bateaux … il va même jusqu’à se comparer à Bouvard, c’est dire la hauteur du bonhomme. Lui il a eu soixante et quelques bagnoles et Bouvard cent, et vu la différence d’âge il va essayer de le rattraper. Putain, celle la elle est forte !! à l’écouter m’est avis qu’il nous a mis dans le même sac que la serveuse, il cherche à nous draguer, il veut coucher le mec, il veut qu’on l’adule.

Ducon ( eh oui, çà y est .. y’en a un qui va dire que je déborde ) est commerçant, en soit rien de grave si ce n’est qu’on s’en fout de sa marchandise qu’il à tendance à vanter comme un représentant de commerce .. m’est avis qu’il veut amortir le prix du séjour en essayant de nous fourguer une bricole .. Enfin bref, apparemment cela ne marche pas, alors on a droit à l’historique .. Faisant fi des regards discrètement polis il nous vante la petite entreprise qu’il a hérité de son père et qu’il laisse gérer par sa gonzesse. En fait il l’aurait crée et il la dirigerait il aurait pu avoir quelques circonstances atténuantes mais là il s’enfonce !! Penser que je vais devoir me fader ce type pendant une semaine cela me gave, histoire de souffler un peu je vais faire un tour sur le pont … une idée me gagne .. passerait-il aisément par dessus bord ? Je me ravise de suite, on a tous des faiblesses, je n’ai pas envie de pourrir l’ambiance.

Fausses excuses. Car, de suite, lorsque je reviens, le voilà qu’il se lance dans le couplet raciste, en fait c’est la banalité chez ce genre de type qui espère même qu’on va acquiescer. C’est un peu trop et faisant fi de toutes mes bonnes résolutions je le menace de lui mettre un pain si il continue son discours .. Il se calme, baisse la tête et marmonne « j’men fout suis raciste quand même » par chance on a évité pour le moment les couplets homophobes, il a du oublier.

Croyez vous que cela l’aurait incité à mettre la pédale douce, le j’en foutre, mais que dalle .. après un bref moment de silence, profitant de la première opportunité, le voilà qui embraye sur la bécane et la bagnole .. En bécane, les exploits sont aux abonnés absents alors on a droit à la berline allemande ramenée en concession parce qu’elle est soi disant bridée .. t’en foutrais moi du bridage .. Il n’y a pas à dire, c’est lui qu’il faudrait ramener dans les couilles de son père parce qu’il a trop de défauts d’usinage ..

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J’arrête me remémorer tout cela, cela pourrait presque à me gâcher la balade .. Toutefois cette rencontre me conforte dans ma recherche … A savoir exactement ce que c’est qu’un vrai con.

Trop de choses légères ont été dites là dessus, de Brassens à Audiart en passant par de Gaulle et Weber et bien d’autres, ils n’ont pas été assez précis. En ce qui me concerne j’avoue être relativement pointu en la matière .. cela frise quasiment la thèse doctorale, c’est vous dire si je les connaît.

J’en ai tellement rencontré que je me suis senti obligé de les analyser c’est pour cela que je vous renvoie à mes livres :

- "L’histoire Mondiale des Cons" en 43 volumes et demi. Le travail d’une vie. Un énorme best-seller sans aucune promo ni passage en télé. Malheureusement épuisé aujourd’hui.

- "L’histoire universelle de la connerie" en 13 volumes. Le travail d’une autre vie. Également épuisé.

- "La philosophie des cons". Celui-ci fût un échec même pas une vente, à part ma mère. Pourtant les sujets traités sont magnifiques, jugez-en …
- Pourquoi les cons sont plus tolérants avec les objets qu’avec les gens ? Vérifiez vous verrez.
- Pourquoi des cons aiment Johnny alors qu’ils détestent Enrico, le second ayant quand même eu la bonne idée d’arrêter de nous faire chier avec ses chansons à la con.
- Pourquoi dit-on qu’on est toujours le con de quelqu’un alors qu’on a qu’un seul père ?
- Pourquoi les cons ne se sentent ils jamais seuls ?
Un de mes amis, très intelligent, a justifié cet échec par le fait que ce livre s’adresse aux cons qui eux ne s’intéressent pas à la philosophie et que les autres ne croient pas que les cons aient une philosophie. Donc si vous ça vous intéresse envoyez moi un petit chèque et je vous ferai parvenir ce joyau de l’intelligence.

Bref., j’arrête ma promo y’en a qui vont dire que j’abuse ..

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Pour en revenir à ce qui nous avait réuni .. finalement on a fait de la moto en ligne droite, franchement c’est pas facile. L’autre, avec sa Street, s’est fait surprendre et paf une glissage après quelques kilomètres. Il a fait un peu de plastique et comme ça on a pu le chambrer pendant tout le voyage. On a même rendu hommage à la belle ville de Bonneville et par la même occasion à la mythique moto du même nom qui va tout droit. Le Herve Davidson a mis les mains dans le cambouis et l’autre tâche a continué dans sa ligne de conduite .. que j’ai soigneusement évité.

Pour conclure, j’ai pris une décision : la prochaine fois j’aurai pris soin d’amener un second antivol, on ne sait jamais, cela me servira à attacher la moto d’un con au bateau … si il se manifeste .. ce dont je ne saurais douter !! .

Merde alors …

Pascal



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