FORT ALAMO

vendredi 6 mai 2016
par  Mathieu
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J’suis allé chez le quincaillier. Je voulais acheter des pinceaux pour faire de la fibre de verre. Et la meuf en stage quincaillerie, à la caisse, elle me dit que je peux pas payer par carte parce que ça fait que deux balles.
Alors moi je dévisse mon téléphone, pour sortir un bail de 10 euros, caché sur la batterie. Puis je paie. Ces 10 euros, c’est fort Alamo, ça sert qu’en cas de guérilla, pour acheter des flingues, des balles et des faux papiers.
L’autre jour je m’en suis servi après avoir coursé des manouches sur autoroute, que j’étais tombé en panne dans la bretelle d’autoroute.
Là c’est la fin du mois, enfin ne chipote pas ; et j’ai pas remplacé la somme de secours.
Mais tu vois, j’aurais pas du.
Là je travaille sur la voiture et la moto, alors mon pote y me prête un vélo éclaté. A condition que j’aille le chercher à son garage à l’autre bout du bled. Ce matin j’y vais à pieds et je prends une clé à faire refaire au passage, au magasin à coté du garage.
Là bas, j’ai pu payer cette foutue clé avec la CB. Sauf que la carte est refusée. Alors moi, la honte, sa mère, je bredouille que je vais retirer et je me casse.
Et genre je prends le vélo pour retraverser la ville, parce que les distributeurs ici ils sont tous à coté au même endroit. Et la putain de sa race le vélo il fait que dérailler. En plus que je doive me bouger le cul, parce que les deux pneus sont gonflés mais crevés. C’est comme une sorte de compte à rebours pneumatique.
Alors moi du vélo je m’en sers comme d’une trottinette. C’est pas esthétique mais c’est plus rapide qu’à pieds.
Sur la route je m’arrête au garage aider un gars rencontré hier qui a des emmerdes avec son Aprilia aujourd’hui. Moi -expert ès emmerdements- je fais genre je rends service mais j’oublie pas qu’hier il m’avait promis un billet pour l’opération.
Et au moment de payer il me demande si j’ai pas dix euros.
Hé non frère, non j’ai pas dix euros. Et comme il a que deux fois 20 j’insiste pas t’as vu.
Et au distributeur, ils me donnent 10 balles et ils me disent, en rouge, que je suis à découvert. Comme au Vietnam tsais. Qu’on peut m’abattre à tout moment.
Les banques c’est comme les assurances en fait. Ils te disent jamais que t’es à couvert, que tu vas vivre longtemps. Ils t’envoient jamais de recommandé pour te dire TOUT VA BIEN MERCI POUR LA THUNE TU NOUS FAIS EXISTER.
Non ils te font souscrire des assurances vie.
Moi je retourne payer la clé et ça fait que 7€50. A ce stade là je m’en fous, j’ai juste plus de jambe gauche à force de patiner et le nez qui coule à cause du vent.
Et je rentre au quartier sur ma trottinette. Et tsais quoi y’a même pas de freins.
A la moindre emmerde je saute en marche.
Puis dans ma rue quand j’arrive les deux pneus sont à plat.
Puis y’a un Mistral bien cassant.
Et y’a un minot de 7 ans qui fait du porte à porte.
Et il a les cheveux comme moi tsais.
Bruns sur les cotés, roux sur la houppette, sauf que lui c’est flamboyant et moi cramoisi.
Et il a aussi la goutte qui pend au nez.
Et comme j’ai pas donné aux chats de gouttière. (on en reparlera)
Ni aux handicapés.
Même si j’ai presque tout donné au gouvernement...

"Bonsoir je vends des tickets pour la tombola de Noel.
- C’est combien mon pote ?
- Deux euros
- Aller envoies-en un t’as de la chance.
- J’espère que tu vas gagner.
- Merci mon pote."

Là il est 17h29, il me reste 1€50. Je sais pas encore ce que je vais en faire. Mais je sais que je vais me faire niquer.
Bisous.


Les échos d’un trou à rats


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