Comme chiens et chats !!

lundi 24 mai 2010
par  Hervé
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Nous sommes à quelques jours de l’évènement planétaire, comme se plaisent à dire les média : La Coupe du Monde de foot en Afrique du Sud.

Il est vrai que le foot, pour beaucoup, c’est plus qu’un sport ... c’est quasiment un phénomène culturel !!

La planète entière va se passionner pour onze types qui vont taper dans un ballon et se bagarrer comme chiens et chats pour le piquer à onze autres.

Cette communion va provoquer la réunion des états, des ethnies, des races et des couleurs. Elle va opposer les ennemis d’hier et les alliés les plus fidèles.

Dans une société marquée par des inégalités de toutes sortes, un match de foot présente l’exemple d’une concurrence entre deux adversaires qui partent en principe à armes égales. L’intérêt de ce spectacle réside dans l’incertitude du résultat. Certes il est vrai que les mêmes ne gagnent pas toujours. Il y a bien une hiérarchie des clubs ou des nations du football, mais cette hiérarchie peut être bousculée. C’est cette possibilité, cette chance qu’il importe de mettre en scène, la chance d’une égalité parfaite devant le ballon rond. Les divisions de la vie sociale sont également dépassées lorsqu’un sentiment communautaire se réactualise dans le public. Là encore l’égalité n’est qu’une façade, car même si les catégories sociales ne se mélangent pas complètement dans les tribunes quand un stade entier hurle "Allez la France" le sentiment d’une communauté nationale plus forte que les clivages qu’elle recèle l’emporte.
Les spectateurs d’une rencontre de football ne peuvent que difficilement rester passifs ou à l’écart de ces enjeux symboliques. Certes il est des publics plus froids que d’autres, mais partout une interaction s’établit entre ce qui se joue sur la pelouse et cette alchimie qui opère dans le groupe social tout entier.

Ce jeu ne serait-il pas à une sorte de religion ?

Tout au long d’une partie, on voit des attitudes, des gestes, des objets à qui une grande partie du public confèrent une valeur quasi-religieuse. Des supporters s’appliquent des peintures rituelles sur le visage. Des chants montent des gradins, repris par les chœurs des fidèles, lancés par des sortes de célébrants qui tournent le dos à la pelouse. Ces derniers semblent même se désintéresser de la partie qui se joue, tant ils se préoccupent exclusivement de l’animation de la cérémonie que devient la rencontre. Face à eux, les supporters, fidèles parmi les fidèles, scandent les chants limites guerriers impressionnants de force et de conviction. Tout ceci révèle d’étranges ressemblances avec des cérémonies magico-religieuses. Ce rite du match de football qui se déroule en un lieu précis est désormais relayé par la lucarne magique. Il se constitue une autre communauté de spectateurs qui participent à l’événement en ne quittant pas leur domicile, rivés à heures fixes devant leur autel domestique : la télévision.
Un chant de supporter anglais dit "Le football, c’est notre vie, le roi foot est dans nos cœurs, Beckam est notre Dieu !!" il faut se rendre à l’évidence, l’attachement à une équipe favorite peut aller très loin.
J’ai souvenance d’un reportage que nous avions réalisé pour la TV et qui mettait en scène un couple de supporters du Standard de Liège. Lui : chômeur, ex de chez Mital, vivant désormais de petits boulots, elle : à la maison faisant quelques heures de ménage chez les voisines.
Les aventures de leur « Rouges » donnaient littéralement un sens à leur vie, qui, sans cette bouffée d’oxygène, se heurterait aux horizons bouchés de l’usine d’Arcelor. Rien ne manque à leur cadre qui petit-à-petit s’est construit. Le jour du match, les couleurs du club sont hissées dans le jardin de leur petite maison. "Pourvu qu’ils gagnent" est la prière intime que Gilberte (la plus "accrochée" des deux !) répète intérieurement plusieurs fois le jour du match. Un véritable rituel domestique se déroule, avant, pendant et après la rencontre. Une grande vitrine joue le rôle d’autel. Ils ont investi dans la panoplie complète du parfait supporter, dépensent leurs maigres économies dans des déplacements pour assister aux matches "à l’extérieur". Ils se sont identifiés à leur club, lui font une confiance parfois aveugle et les espoirs qu’ils expriment à travers leur comportement au stade ressemblent étrangement à des sentiments religieux. Le chaudron de Sclessin ( le stade emblématique du Standard ) est pour eux quasiment leur raison de vivre et il y a de grandes chances pour qu’ils y demandent à ce que leurs cendres y soient répandues !!
La saison de football rythme l’année civile et vient quelquefois à remplacer les temps forts constitués naguère par les rites de l’année liturgique des Églises. Les rencontres de championnat correspondent à ce que l’on pourrait appelle dans les églises les « temps ordinaires ». Les compétitions internationales deviennent des « temps de fête », soigneusement amenés par les différents stades de la compétition.
Nous allons donc arriver dans un de ces temps de fête .. On ne va plus parler que de cela .. la tension va monter petit à petit et au fur et à mesure que les équipes vont rentrer chez elles la concentration deviendra communautaire pour finir en beauté dans cet ultime duel opposant une moitié du monde contre l’autre par l’intermédiaire de 22 gars en short se bagarrant pour mettre une boule de cuir au fond d’une cage !!

C’est y pas beau la vie !!



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