Le parc du Sajama, du 7 au 15 février

mardi 19 février 2013
par  Maxime BARAT
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Après mon épique semaine jusqu’à Sorata. J’ai été faire bricoler le frein avant de la moto. Je trouve un mécano voiture, plutôt cool qui avec son voisin me répare le garde boue avant et me bricole la durite pour que ça frein au moins sur le disque droit. Le problème c’est qu’il n’ya plus du tout de liquide de frein dans le bocal. Je n’en ai pas avec moi et lui non plus. Je lui propose alors de se servir dans le bocal de frein arrière. C’est bon je peux repartir, mais gaffe quand même ! Je dois bien pomper 5X avant que ça ne commence à ralentir à la manière d’un tambour qui a pris l’eau.

Qu’importe je roule cool direction La Paz, mais ça ne m’enchante pas vraiment d’y retourner. Alors je m’arrête faire le plein. Comme d’hab je demande à un mec d’aller m’acheter de l’essence et c’est l’occasion de papoter.

Il m’indique un petit village à 20 min de là. J’arrrive donc en fin d’aprem à Penas à 50 km de la Paz. Le paysage est magnifique, je rencontre rapidement André un argentin qui voyage depuis 6 ans en vélo. Puis arrivent trois belges qui reviennent d’une session d’escalade dont Joel qui vient du village de mes grands parents et connait ma famille. Enorme, et tout ça au beau milieu de la Bolivie.

Finalement je reste pour la nuit et suis invité à dormir dans le dortoir de la paroisse.

Je serai bien resté plus longtemps, mais 6 mois de voyage c’est court. On ne voit pas le temps passer ;) Alors après un petit tour au marché je fonce dans l’Alto, le quartier pauvre de La Paz où tout se trouve et se répare. Je vois un mec bricoler quelques cross, je m’arrête et lui demande s’il a de la durite de frein. Après 20 bonnes minutes de recherche dans son bordel il me sort l’objet tant désiré. Mais n’a pas de liquide de frein DOT4, et je n’ose pas mettre autre chose de peur d’abimer tout le système. Je vais voir chez son voisin, il n’en a pas non plus. Puis réfléchi, repars et reviens avec une vieille fiole rouillée à moitié remplie de DOT4. Alléluia. Ni une ni deux la moto est réparée. Ca freine à nouveau bien. Je décide d’aller dans le Parc de Sajama, à 4h d’ici par la route. Sauf que je vais tenter d’y aller par les pistes. Je passe le village de Corocoro, et traverse de grands plateaux désertiques, c’est magnifique et me rappelle la Mongolie.

Sauf qu’ici je rencontre régulièrement du monde pour m’indiquer le bon chemin. La journée a bien avancé lorsque j’arrive à une rivière à traverser. Un bus y est ensablé depuis 6h et les passagers s’efforcent à le sortir.

J’hésite un bon moment avant de passer. Mais l’eau est peu profonde et au pire si je m’ensable, 17 personnes espèrent m’aider contre un petit pécule. Je démarre et j’en vois déjà qui sourient. Je rentre à vive allure dans l’eau et passe finalement sans soucis. 2 min plus tard. Le bus sort à son tour mais lui en marche arrière. Bravo à eux. Le temps se gâte, j’aurai juste le temps de trouver refuge dans le village d’après, où les habitants m’ouvrent l’école pour m’abriter.

J’ai eu chaud ! Sajama n’est plus qu’à 6h de piste. Mais celle-ci est souvent inondée et me conduit tout droit vers une grosse rivière. Là c’est clair je ne le tente pas. Le problème n’est pas la profondeur mais le sol sablonneux. Obliger de faire demi-tour et retraverser la fameuse rivière où le bus est resté bloqué. Pour gagner du temps je prends un raccourci mais cette fois ci je reste coincé.

J’ai passé près d’une demi-heure à la sortir. Je repasse par Corocoro où je tombe sur le carnaval en plein après midi. Les gens sont délurés, ils boivent, mangent, dansent. Une véritable ambiance de féria.

 

Puis je rejoins le goudron afin de récupérer le pont qui me permet de traverser la rivière. Sajama est encore à 100km et il est déjà 20h alors je décide de camper devant le routier où j’ai mangé. J’aurai donc mis 2 jours au lieu de 4h pour aller à Sajama mais c’était top. Le lendemain quel bonheur d’arriver au petit village de Sajama situé à 4200m d’altitude. Je laisse mes affaires chez Dona Theodora que je conseille vivement et pars en montagne. Il est 17h et je me dirige vers le volcan Sajama qui culmine à 6540m. L’idée est de me rendre au camp alto. Parti à 17h je marche 2h et campe à environ 4400m d’altitude. Le lendemain je me fais ma petite balade en haute montagne. La progression est difficile à cause de l’altitude mais un tel point de vue vaut bien un petit effort.

Je passe au bout de quelques heures le camp alto et poursuis jusqu’à 5100m là où la neige fait son apparition et où il faut du matos. Puis retour à Sajama pour une bonne nuit de sommeil. Le lendemain je me réveille avec une idée qui m’a trotté toute la nuit dans la tête. J’irai bien camper sur le volcan Parinacota voire tenter le sommet si le temps et ma condition physique le permettent. En fin de matinée, je vais donc louer des chaussures, des crampons et un piolet puis acheter un peu de nourriture. Le ciel est dégagé, c’est rare en cette saison, alors c’est parti. Je charge la moto direction la lune.

La piste en sable est vraiment difficile et je dois rester dans les tours pour passer les bancs de sable volcanique. Je laisse la moto au camp de base à 4700m d’altitude et poursuis à pied jusqu’au camp alto à 5100m où je plante la tente. A 20h je dors comme un bébé. Mais la nuit est courte, debout à minuit et demi, une heure plus tard j’entame l’ascension. Il fait froid, très froid et progresser en montagne dans le noir et sans personne pour me motiver c’est vraiment difficile. Mais j’avance doucement, la température continue de baisser au fur et à mesure que la nuit avance. Entre 4 et 6h j’ai failli abandonner 100 fois à cause du froid. Puis le soleil se lève enfin, je me réchauffe rapidement. Je découvre l’endroit où je déambule depuis 5h.

C’est splendide. J’ai une belle vue sur le Chili de l’autre côté de la montagne puis sur le volcan Pomerape qui culmine à plus de 6000m lui aussi. Plus que 300m de dénivelé. Il est 8h je fais face à un mur de neige. Au début j’essaie en zigue zaguant mais rien n’y fait je suis essoufflé et à bout de force au bout de quelques pas. En revanche je n’ai ni mal à la tête ni au ventre alors je décide de continuer autant que je peux. Qu’importe si je n’atteins pas le sommet la vue ici est déjà magnifique. Je change de stratégie. J’attaque la montagne de face par session de 10 pas avant de faire une pause. L’épreuve va durer 4h, à midi je suis au sommet, des nuages blancs m’empêchent de voir quoi que ce soit mais j’y suis après 10h d’efforts, je suis à 6340m.

10 min plus tard il faut déjà redescendre. Le ciel se couvre et ce n’est pas le moment de flâner. 3h plus tard je suis en bas après avoir descendu ce satané volcan sur les pieds, les fesses, le ventre, les dents.

Je fais un petit somme dans la tente à 16h je plie bagage, à 17h je retrouve la moto, à 18h je suis à Sajama. Après une telle journée j’ai bien mérité une bière. Je profite quelques instants du carnaval à la manière d’un zombie et vais rapidement retrouver les bras de morflée pour une longue nuit.

 

Encore une semaine intense, promis semaine prochaine je lève le pied, mais trop haut.


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