Porto Velho – Santa Rosa, du 14 au 20 janvier

jeudi 24 janvier 2013
par  Maxime BARAT
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Salut à tous Bon ben ça fait un petit moment maintenant Après avoir quitté mes compères José et Eduardo, avec qui j’ai parcouru l’inoubliable BR319 je suis allé à Porto Velho. Cette route a quand même laissé quelques marques sur mes valises qui ne sont plus du tout neuves et même fragilisé quelques soudures sur le support mais c’est de l’acier alors ça se répare n’importe où. Là où j’ai halluciné c’est lorsque j’ai démonté mes plaquettes avant. La boue et le sable les ont bouffé en 500 km c’est dingue. Je ne pensais pas que c’était possible. Là où le bas blesse c’est que je n’ai pas de plaquettes de rechange. Lors de mon dernier voyage en Mongolie les plaquettes ont fait 25000km sans soucis. Donc dans un souci de poids je ne les ai pas emmenées. J’espère trouver une solution à Porto Velho. Afin de gagner du poids j’ai aussi laissé mes pneus de rechange à Manaus. Sur la route ça va mais sur la piste c’était trop lourd et trop compliqué de tout enlever et tout remettre après chaque chute. En revanche l’astuce, c’est que le gros pneu de rechange destiné à être monté à l’arrière en 150/90/17, je l’ai fait monté à l’avant où à la base j’avais mis un 120/90/17. L’intérêt c’est de rouler avec le même pneu à l’avant et à l’arrière et de moins se casser la tête lorsqu’il faut trouver un pneu de rechange. En gros tant que je trouve du 17 pouces ça se monte normalement ;) A Porto Velho, j’ai rencontré Papa Lleguas le président du moto club du coin.

Forcément de fil en aiguille, on papote, je lui raconte mes péripéties, la fameuse BR319 et mes soucis de frein. On part alors en virée voir tous les concessionnaires moto de Porto Velho. Mais personne n’a de si grosses plaquettes de frein. On va voir la concession HONDA mais ils n’en ont pas, puis on termine par la concession SUZUKI. Ils en ont ce sont les mêmes plaquettes que sur le VSTROM, le mec m’annonce le prix et là j’éclate de rire. 900 reals, soit 450 euros pour les deux jeux de plaquettes. (Le Brésil est très cher, une versys vaut plus de 15000 euros ici) Bon ben tan pis je roulerai sans frein. On retourne chez Papa Lleguas qui propose de m’héberger, il contacte alors tous ses amis aux quatre coins du Brésil, mais personne ne trouve de plaquettes disponibles. Tan pis, au moins le soir j’aurai droit à une bonne soirée entre bikers autour d’un billard.

C’est fou comme les passions rapprochent les gens. Ce matin on ne se connaissait pas et là on passe la soirée entre potes. Le lendemain direction Guajara Merim qui est à la frontière avec la Bolivie. Je fais les 350 km de bonne route sous la pluie et sans frein avant, quand je freine j’ai mal au cœur pour mes disques.La route n’est pas vraiment intéressante mais à l’idée de passer une frontière je suis bien excité.

Il est déjà 18H30, la douane est fermée. Mercredi à 8h après une nuit confortable sous la tente à l’abri d’une station service (oui je devrai écrire un guide sur les plus chouettes stations services) je suis devant la douane brésilienne.

J’ai déjà passé l’immigration la veille, là ce n’est qu’une formalité. Mais je dois encore passé la rivière et je dois attendre la barge. Qui arrive dans 30 min, ah non dans 1h ah ben non 1h30 finalement. La barge est bolivienne… A 10h30 je foule le territoire bolivien et file à la douane. Le douanier en chef est vraiment sympa, il me dit qu’il n’en a que pour 5 minutes. Mais sa connexion internet est bolivienne elle aussi. Elle ne fonctionne pas et il ne peut pas me sortir le certificat pour la moto et il me dit de revenir en début d’aprem. Je file au service d’immigration pour gagner du temps, beaucoup moins accueillant mais c’est fait en 5 minutes. Puis je me mets en quête d’un gars qui refait les plaquettes de frein.

La ville n’est pas très grande et je trouve assez facilement grâce à l’aide de deux motards. Pas de soucis pour refaire deux jeux de plaquettes, Il me dit l’avant et l’arrière, et non je lui montre le côté gauche de la moto, la aussi il y a un disque, ça le fait marrer. Il se demande bien à quoi ça sert à part user plus de plaquette. Ben à mieux freiner pardi. Une heure plus tard mes plaquettes sont prêtes pour 50 bolivianos, 8 euros. Cool, c’est aussi ça la Bolivie. A 13h je retourne à la douane qui ne réouvre en fait qu’à 15h, Bolivia forever. Au final internet remarche à 15h. A 16h je suis libre, je fais le plein, ici c’est 40 cents le litre. Je passe rapidement Riberalta et c’est la piste en ripiot typique de la Bolivie. Cette couleur rouge est magnifique. Mais bon il n’y a pas trop de bled dans le coin au final j’arrive à Bellaflor. Ne cherchez pas sur la carte, ça n’existe pas. Je m’arrête devant la première maison et demande si je peux planter ma tente pour la nuit. Ils sont vraiment cools et me proposent une place à l’abri dans ce qui leur sert de salon en gros c’est 4 piquets avec un toit mais il ne fait pas froid dans le Beni et ils n’ont pas besoin de plus. Le soir ils m’invitent même à manger avec eux, je suis content de découvrir la vraie Bolivie dans des régions reculées.

Le lendemain par exemple quand je demande où est ce que je peux me laver on m’indique le puit qu’ils ont en commun. C’est là où je remercie notre société d’avoir inventé les lingettes pour se nettoyer c’est plus pratique que le puit quand même. Après il est déjà temps de repartir.

Je voudrai arriver à Santa Rosa le soir. C’est la région des Gauchos et des vaches. Ils sont vraiment magnifiques à cheval. La Bolivie a vraiment plusieurs visages et c’est un pays à ne pas manquer. En revanche c’est l’essence qui vient à manquer.

Pas de soucis je sais qu’en Bolivie on trouve de l’essence partout c’est ce que m’a confirmé plusieurs personnes. Les arrivages sont aléatoires je suis passé devant deux stations en pénurie. En fait les gens se débrouillent, la stockent et par contre la revendent près d’un euro. Tout est bon pour faire du business. Ca va il me manquait 6l, je ne me suis pas ruiné puis j’ai parlé avec les gens du coin, les routiers qui sont souvent une source d’information fiable.

J’aime bien les regarder bricoler leur camion, ils les connaissent par cœur, c’est dingue. Il vaut mieux car ils ne sont pas tout neuf. J’arrive à 18h à Santa Rosa, me trouve un petit hôtel sympa. Le lendemain en fin de matinée je cherche un moyen de me rendre dans le parc de Yucuma. Le site n’est accessible qu’avec un guide et il faut passer par une agence qui possède les pirogues. A midi je boucle l’affaire, j’embarque pour 3 jours dans les marais nauséabonds et les nuées de moustiques de Yucuma. Mais ça vaut le coup.

On voit des caïmans, des alligators, des hérons, des capibaras (le plus gros rongeur du monde) et des dauphins roses. Ce sont des botos ils vivent en eau douce et il y en a pléthore ici. On les voit régulièrement remonter à la surface mais ça ne dure qu’une fraction de seconde et impossible de les voir à travers cette eau noire et opaque. Ce n’est pas vraiment l’eau limpide et les plages de sable.

Mais c’est incroyable de passer quelques jours dans ces milieux hostiles. Les singes n’ont pas peur de l’homme et sont très curieux. Ils s’approchent souvent très près et ça m’a bien occupé la fin de la première journée. Le lendemain matin on est parti à la chasse à l’anaconda dans les herbes hautes mais on est rentré bredouille. Je la fais courte sur cet épisode, tout ce que je retiens ce sont les moustiques.

En revanche l’aprem a été terrible, on a été nagé avec les dauphins. Habituellement on ne tient pas 5 minutes dans ces eaux entre les serpents, les piranhas et les caïmans mais les dauphins se nourrissent des deux premiers et chassent le dernier. Malgré tout ce n’est pas rassurant de plonger dans l’eau boueuse et puante du Yucuma. Mais quand une vingtaine de dauphins apparait et disparait à quelques mètres ça change la donne. Il y aura juste cette photo pour la coupe de cheveux,

on ne peut pas tout faire, impossible de prendre les dauphins en photo. J’ai passé une bonne heure à nager après, mais ces petits malins vont vite puis l’eau n’est pas vraiment ma tasse de thé. En tous cas c’est vraiment incroyable de se baigner dans un coin pareil. Le guide nous signale un petit caïman au loin, les autres sont déjà remontés depuis longtemps mais tant qu’il n’y a pas de risque je préfère rester dans mon eau croupie. Qui sait quand j’aurai de nouveau l’occasion de nager avec des dauphins en liberté. Mais il est déjà l’heure de rentrer. Quel dommage. Les dauphins commençaient à avoir moins peur de moi. On retourne au camp, ils m’envient tous d’être resté aussi longtemps dans l’eau, j’ai vraiment approché de près ces dauphins même si je ne les ai pas touché. Mais bon je suis sûrement celui qui sent le plus mauvais après cette baignade. Dimanche matin la pêche aux piranhas est annulée, ce n’est plus la saison, le guide propose de refaire une balade. Je l’ai tellement gonflé la veille avec les dauphins qu’il nous emmène plus loin dans le parc. Je me lance direct, mais cette fois je suis tout seul, les 9 autres me regardent à moitié endormis. Je les ai pour moi seuls, je vais direct vers eux je tente de les poursuivre en vain mais finissent par se rapprocher, un me mordille le pied, surpris je hurle et tout le monde éclate de rire. Puis le dauphin me tourne autour, je peux à présent le caresser, il me montre son ventre. Le guide me dit que je peux soulever sa queue puis sa tête. Il replonge sous moi et tente de me remordiller mais cette fois je le repousse gentiment. Là encore je n’ai pas pu prendre de photos mais Lutxo a eu l’extrême gentillesse de tout filmer et vous verrez ça dans la deuxième vidéo du voyage. D’ailleurs en parlant de ça la première vidéo jusqu’à Manaus arrive dans quelques jours si le dieu des connexions internet le permet. On est donc rentrés au camp puis un bon repas. Vers 14h on a repris la pirogue dans l’autre sens, 1h30 de trajet parmi les caïmans, singes et autres maîtres des lieux. Je voulais alors vous raconter mes nouvelles aventures mais dans le Beni c’était les élections impliquant interdiction de circuler et connexions internet bloquées. Lundi matin toujours pas d’internet, j’ai donc pris la route pour La Paz où j’étais sûr de trouver quelque chose mais ça ce sera dans le prochain article. Encore une fois bienvenue en Bolivie ;)


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