Carton rose

mardi 26 mars 2013
par  Guido
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Depuis janvier, le nouveau permis A est entré en vigueur. Les nouvelles conditions de circulation mais aussi les directives européennes nécessitaient une réforme du carton rose, bientôt transformé en carte magnétique. Jadis, simple appréciation subjective d’un fonctionnaire de police, la licence d’équilibriste est aujourd’hui devenue le produit d’une réflexion qui a tenu compte de l’avis des professionnels du secteur. Alleluia maha !

Des trois épreuves, c’est celle dite « du plateau » qui a subi le plus profond renouvèlement. En effet, les épreuves à pied, à vitesse lente et à vitesse élevée ont été repensées. Seule la dernière épreuve a échappé au refonte : l’interrogation orale sur fiches, celle qui débarque le motard de la selle pour installer sur le banc de l’école. Le motard est interrogé sur l’une des douze fiches qui concerne le monde motocycliste de l’équipement en passant par les assurances sans oublier l’alcool et les stupéfiants et le risque routier moto. Je garde encore à l’esprit ce paragraphe qui expliquait que le motard circule sans carrosserie et qu’il vaut mieux se faire subtiliser une priorité plutôt que de forcer le passage. Les dernières nouvelles d’Alsace d’aujourd’hui rapportent un fait divers édifiant sur le sujet.

Citation : « La cour d’assises du Haut-Rhin évoque depuis hier, à Colmar, une affaire tragique et atterrante. Olivier Hammerer, 38 ans, y est jugé pour avoir, selon sa propre expression, « shooté » un motard alors qu’il circulait en Citroën Xsara sur la RN83, le 13 août 2010. Le drame s’est déroulé à la hauteur de Hattstatt ; le conducteur du deux-roues, Antony Thannberger, 23 ans, est décédé peu de temps après.

Ce 13 août, la circulation était dense sur la nationale. Olivier Hammerer a une première altercation avec un automobiliste, auquel il fait une queue de poisson. L’autre, pas content, le klaxonne trois fois, ce qui provoque sa colère. L’accusé stoppe net, sort et va frapper le chauffeur avec une canette de bière. « Il est parti en me disant : ‘‘Voilà, t’es content ?’’ » , raconte le témoin. L’accusé reconnaît et s’excuse pour son « comportement inopportun ».

« Il nous attendait »

Quelques instants plus tard, le quadragénaire, qui roule à grande vitesse, voit devant lui deux motards, Antony et sa sœur Magali. Il klaxonne en continu pour qu’ils le laissent passer. Magali se souvient : « On ne pouvait se rabattre car il y avait des véhicules sur la droite. La voiture est passée en zigzaguant entre nous ; mon frère a levé le poing. Cela n’a pas plu à l’automobiliste qui a donné un coup de frein. » Les deux motards croient alors leur frayeur passée puisqu’une seconde voiture s’intercale entre eux et le chauffard. Mais quand cette dernière se rabat, ils voient devant eux la Xsara. « Il nous attendait , confie la sœur. Il a freiné, puis j e l’ai vu donner un coup de volant sur la gauche et percuter mon petit frère. »

Olivier Hammerer conteste aujourd’hui cette version qu’il avait acceptée notamment lors de sa garde à vue. Il affirme qu’une fois avoir dépassé les deux motos, la victime aurait tenté de passer entre lui et la glissière de sécurité. Il reconnaît avoir alors donné trois coups de frein dont le troisième a été « fatal », tout en assurant ne pas avoir touché Antony. « Pourquoi avoir freiné ? Pourquoi n’être pas rentré chez vous puisque la voie était libre ? », a interrogé la présidente Anne Gailly. « Pour dissuader M. Thannberger de réitérer sa tentative de me doubler sur la gauche… Parce qu’il me collait. »
Un expert en accidentologie estime techniquement pas crédibles les versions de l’accusé. Les traces de freinage, de frottement sur la voiture, le sens de l’arrachage du patin du repose-pieds droit prouve, selon lui, que l’auto est venue percuter la moto.

« Sous le coup de la colère »

Olivier Hammerer a été interpellé une heure plus tard. Des analyses ont montré qu’il avait bu (selon lui, après l’accident) et fumé du cannabis la veille. Interpellation « musclée » durant laquelle, il a notamment tenté de mordre les parties intimes d’un agent et qui s’est finie à Rouffach (NDLR : commune connue pour son hôpital psychiatrique).

« Sous le coup de la colère… » L’expression revient comme un leitmotiv dans la bouche d’Olivier Hammerer. C’est « sous le coup de la colère » qu’il a provoqué des incidents tout au long de sa vie : scolarité difficile ; parcours professionnel marqué par de multiples ruptures de contrat du fait de problème avec ses employeurs ; huit condamnations à son casier judiciaire ; diverses procédures disciplinaires depuis son incarcération le 18 août 2010.
Olivier Hammerer ne conteste pas son impulsivité, au contraire : « Je suis borderline. Je pousse toujours les limites jusqu’au bout » Il met en avant une maladie d’enfance qui l’a séparé de sa famille pendant trois ans, des viols à l’âge de 4 ou 5 ans, le divorce de ses parents…

Le jour du drame, il était en état dépressif parce que sa compagne l’avait quitté une semaine avant. La nuit précédent le drame, il l’a appelée quatre fois. « Il m’a dit que si je ne revenais pas il ferait une grosse bêtise ou il se suiciderait , confie à la barre la jeune femme. Cela faisait une semaine que son comportement s’était dégradé, j’avais peur pour ma sécurité. C’est quelqu’un qui a un fort sentiment d’invincibilité, les lois ne sont pas faites pour lui. » Délibéré ce soir ; Olivier Hammerer encourt 20 ans de réclusion. »

« Partageons la route » qu’ils disent. Je préfère partager le bout de gras avec les frères de la route comme Antony.


Guido du Bourdon nippon (www)



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