MotoGP au Mugello : Mode d’emploi

mercredi 17 juillet 2013
par  Guido
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Mater le MotoGP en roumain pour faire des économies de bout de parabole, ça va un temps. En moins d’une heure et sans bouger de son traversin, on prend sa dose de potion pistarde. Mais, à la manière des stimulateurs électriques vendus au télé-achat, on se lasse. Le spectacle vivant, il n’y a que ça de vrai.

Regarder les courses juché sur sa moto dans le garage, c’est con. Aller au bistrot du coin pour suivre la course entre deux spots du Quinté+, ça tourne vite fait à la réunion des alcooliques anonymes. Reste le local du Moto-club mais il a de fortes chances pour que les adhérents soient sur la route. De l’authentique sacrebleu !

En France, il y a la grotte de Lascaux pour les photosensibles, celle de Lourdes pour les pèlerins et le circuit du Mans pour les affolés du compteur. La capitale de la rillette possède un joli tracé sinueux. Passerelles et tunnels permettent d’alterner les points de vue à l’intérieur comme à l’extérieur de la piste. Perso, je raffole du virage de la chapelle qui associe belle trajectoire et impression de vitesse. Mais les freinages de la passerelle Dunlop et du chemin aux bœufs offrent aux spectateurs leur lot de manœuvres habiles ou malheureuses.

Le seul embarras est que le printemps sarthois correspond au début de l’automne partout ailleurs. A chaque fois, la flotte s’invite. Du coup, on se bourre en piste comme dans les tribunes. Pour se réchauffer et oublier, la mousse en canette connait un franc succès. Assez vite, les cadavres d’aluminium et les dépouilles de viande saoule couvrent les gradins. A croire que le sac à vin plié dans un blouson coqué constitue l’archétype du pratiquant français. Pauvres de nous !

L’Europe du sud constitue une belle alternative pour l’amateur de vitesse. L’Espagne est la destination la plus intéressante parce que certaines régions ont fait du sport mécanique un outil de développement. Ainsi, le royaume de Juan Carlos ne compte plus les circuits homologués par la FIM. Mais l’Italie me botte davantage car elle est la patrie du plus célèbre pilote de tous les temps : Rossi. Et quoi de plus jouissif que de voir oeuvrer le Dottore au pays ?

Ce caprice m’a demandé un brin de préparation. Elle a débuté dès la parution du calendrier officiel de la saison de MotoGP par la Dorna. A cette date, les sites internet des circuits mettent en vente les billets à des prix promotionnels. Sur celui du Mugello, le tableau des tarifs indique 100% d’inflation entre le Réveillon et le jour J ! Les prix sont supérieurs à ceux pratiqués par Claude Michy au Mans puisque le pass 2 jours démarre à 67 euros (tarif 2013). Avec Ticketone.it, les billets sont arrivés en recommandé à domicile. Rester à trouver un point de chute en Toscane.

Le tracé du Mugello se trouve à une trentaine de kilomètres au nord de Florence (Firenze). Les hôtels de toutes les catégories ne manquent donc pas. Seulement, le val d’Arno n’accueille pas que les motards en juin. Les toiles de Botticelli, les congrès et les manifestations en tout genre pullulent à cette période de l’année. Autant réserver une chambre dès mars. L’est du bourg de Prato offre le double avantage d’être en dehors de la cité florentine tout en étant connecté à l’autoroute A1 qui mène au circuit.

Billets et réservations en poche, il suffit de suivre l’ouverture de la saison pour mémoriser la couleur des casaques. J’allais oublier la cour incessante faite à votre employeur afin qu’il vous assure le plus long week-end possible. Il y a aussi l’arnaque à la Sécu pour les moins patriotes. Cette année, sans congé, mon collègue et moi avons fait le choix de tailler la route en voiture diesel, histoire de se relayer au volant tout en faisant des économies. 1500 km de palabres aller/retour.

Sur place, la voiture n’est pas vraiment un handicap si vous êtes du matin. Car si les motos entrent gratuitement dans l’enceinte du circuit, il n’en est pas de même pour les autos, parquées à l’extérieur. Comme le village de Scaperia est pris d’assaut dès 6 heures, il reste les parkings sauvages aménagés par les indigènes. Pour 10 euros la journée, vous pourrez vous embourber puis planter votre guitoune. Le promoteur du GP a eu la délicatesse de prévoir des préfabriqués pour les WC mais aussi pour les douches.

Les Italiens, eux, préfèrent embarquer leurs potes, leurs voisins et leurs cousins dans un camping-car. Tout le monde s’y entasse entre le garde-manger et les vélos. Car le site du Mugello est vallonné et l’itinéraire spectateur ne fait pas le tour complet de la piste. Au terme de votre déambulation, vous reviendrez inévitablement sur vos pas, d’où l’intérêt du deux roues.

Les pentes herbeuses offrent de jolis points de vue. Les meilleures sont rapidement privatisées par les habitués qui n’hésitent pas à délimiter leur zone à l’aide de ruban. Le dimanche, le toit des camping-cars se mue en terrasse pour chaises longues. Il y a tout de même de quoi s’étaler devant l’un des nombreux écrans géants s’il n’a pas plu....

En cas d’averse, la terre des monts du Mugello colle aux basques comme une paire de gendarmes au top-case. Les amateurs éclairés arpentent les versants appuyés sur un parapluie, bien au sec dans leurs godillots waterproof. Ils élisent domicile dans une pente sur laquelle ils aménagent une banquette au piolet qu’ils recouvrent de sacs poubelles. Confort absolu et vue imprenable.

Ainsi, le cul posé dans le décor, il suffit de laisser le charme agir. L’ambiance est familiale et relaxante. Les hauts-parleurs distillent un commentaire parsemé de superlatifs : stratosferico ! clame le speaker lors de chaque dépassement. De temps à autre, s’organise un concert improvisé de bancs moteur deux temps. Ca braille en écho pendant 5 minutes lorsque la piste est vide. Bruyants mais respectueux les tifosi ! Les bahuts des marchands assurent l’avitaillement tout au long des grillages. Les Italiens décorent les abords de la piste à l’attention des pilotes italiens qui, en retour, saluent généreusement les tribunes. Un voile de généreuse convivialité semble alors dominer la cuvette. C’est absolument délicieux...

Guido du Bourdon nippon (www.)


EXTRACT :

MotoGP on TV is quickly boring. I prefer going on track to watch the mecanic show. Last year, I went to the French round in Le Mans. This place is wonderful for the spectators. Tunnels and foot-bridges offer splendid panoramas. But spring in Le Mans is as wet as summer in England. The races are more uncertain. However, you become a cold wet sponge in the blink of an eye.

For the 2013 championship, I decided to taste the Italian atmosphere. The enterprise began four months before the Gran Premio d’Italia. I bought tickets on the internet on Ticketone.it. It’s the surest way to save money and to insure the trip. The prices rocket from Christmas to the D Day. There is about 100% inflation !

The Mugello track is established in the mountains above the city of Firenze. This touristic city offers many hotels but in June, there are many shows in the neighbourhood. Don’t forget to book as soon as possible.

On the spot, you contemplate a bucolic landscape made of green hills and inviting slopes. You just have to lay on the field if possible in front of one of the numerous giant screens. If you want to discover the whole track, it will take a long time because of the relief and the dead end road for pedestrians. The Italians park their camper vans and go cycling. You can also use your motorbike as it’s free.

And now, enjoy this authentic time of motorcycling harmony above the fastest track of the season and among an hospitable crowd. Just delightful...



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