MotoGP : La valemania

jeudi 29 août 2013
par  Guido
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"Connaissez-vous un pilote moto célèbre ? » Si vous posez cette question à une inconnue. Un, c’est un plan drague à deux roupies. Deux, elle devrait vous répondre « Rossi » avant de tourner les talons. Qu’on aime ou qu’on déteste, Valentino Rossi est bel et bien le premier motard qui est parvenu à faire connaître sa discipline au delà du cercle des pétroleurs.

 Quelles sont les origines du phénomène #46 fluo ? La notoriété de cet Italien repose tout d’abord sur la précocité de ses succès en piste dans un pays très au fait de la vénération individuelle qu’elle soit sportive, politique ou religieuse. Ô, idole unique !

 Fils naturel et spirituel de Graziano Rossi, lui-même pilote émérite, Valentino a très tôt fait parler de lui en collectionnant les couronnes mondiales que d’autres accumulent les PV pour stationnement gênant. Roi du monde en 125cc dès 1997, il devient monarque ès 250cc en 1999 avant d’être sacré empereur en 500cc puis MotoGP à neuf reprises.

 Outre les titres internationaux, on ne compte plus les passes d’armes exceptionnelles orchestrées en piste par le maestro Rossi. Le brio de ce grand échalas blondinet semble décuplé dans l’adversité. Ainsi, quand Biaggi le contraint à rouler dans l’herbe à Suzuka en 2001 ; il réplique dans le tour suivant en tendant l’index bien haut à l’attention de son rival. Sa victoire dans le dernier tour à Catalunya en 2009 face à Lorenzo relève de l’anthologie motocycliste. Le Mans, 2012, Vale juché sur Ducati parvient à faire les freins sous la pluie à Casey Stoner. Et, cette année, The doctor dépose Marquez et Pedrosa en entrée de virage à Assen pour renouer avec la victoire.

 Fort en selle mais aussi excellent à pied, Rossi fait mieux que Barry Sheene, l’idole des années 70. Beau gosse à la longue tignasse, la Gauloise au bout des lèvres jusque sous son casque, Sir Barry assurait grave dans ses cuirs multicolores.

Fidèle à son sept barré et à sa mascotte empruntée à Wald Disney, le champion du monde 1976 et 1977 a porté haut la cause des pilotes de vitesse, bien souvent considérés comme de vulgaires saltimbanques du parquet. Avec son rival Kenny Roberts, le gentleman a agi pour que les conditions de travail s’améliorent dans les paddocks. Primes, frais de déplacement et sécurité y ont gagné, le spectacle aussi. Mais Valentino a fait bien davantage.

  L’Italien a valorisé l’héritage de ses flamboyants aînés qu’il a toujours revendiqué. A la manière de Sheene, il a conservé son numéro fétiche – le 46 – alors qu’il était champion. A l’instar de Sheene, il a représenté ses collègues. Comme Sheene, il s’est démarqué par un style transpirant l’intelligence.

  Toutefois, Valentino Rossi a dépassé son ascendance en faisant adhérer le grand public à ses frasques grâce à la télévision. Le phénomène Rossi est à la fois sportif et visuel. Le dottore ès virages a conçu son personnage public autour d’une couleur vive : le jaune fluo. Ainsi, il est reconnaissable entre mille et, de loin. Avec la complicité du designer Drudi, il a choisi des symboles graphiques simples souvent empruntés au monde de l’enfance. Le soleil et la lune ornent son casque. Des animaux de BD - chiens, âne, poule, tortue - décorent son matériel. Si junior s’y reconnaît, papa y aussi trouve son compte.

Sur le col de son cuir figure la mention tricolore « WLF », pseudo-acronyme pour Viva la figa ! (« Vive la chatte ! »). Humour potache et réelle autodérision accompagnent cette épopée à 300 km/h. L’absence apparente d’agressivité rompt avec les stéréotypes liés à la moto. Foin des pilotes taiseux gainés de sombre. Valentino multiplie les accoutrements et les mises en scène télévisuelles qui font mouche.

 La légende Rossi s’est forgée dans les années 2000. Aujourd’hui, sa réputation est telle qu’elle éclipse les autres pilotes y compris quand ils gagnent. La longévité de l’Italien fait que les nouvelles figures du MotoGP ont eu pour modèle, un certain... Rossi. Ainsi, de mauvaises langues ont accusé Jorge Lorenzo de copier le style VR46 dans l’accoutrement comme dans les happenings de fin de course. Marc Marquez n’a pas caché son plaisir de croiser le fer avec son idole au Qatar en début de saison.

 Valentino Rossi occupe aujourd’hui une telle place dans les esprits et les plans marketing que la simple évocation de la fin de sa carrière en 2014 (?) provoque des crises d’hystérie collective dans le milieu.

Guido du Bourdon nippon (www.)



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