Essai longue durée KTM 1290 Super Duke GT.

lundi 19 décembre 2016
par  Hervé
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J’avais prévu d’aller en Corse avec une machine un peu moins exclusive. Les circonstances ont fait que je me suis retrouvé au guidon de l’hyper sport de chez KTM équipée façon GT ... A savoir ce que j’allais bien pouvoir en faire .. eh bien non seulement je me suis régalé mais sur certains points j’y ai retrouvé une partie de ma jeunesse !!

La bête est presque humaine !!

Emmener une 1290 Super Duke GT en Corse afin d’en effectuer un essai longue durée, pour un réfractaire comme moi à toute machine à connotation hyper sport, c’est quasiment un acte contre nature .. Les circonstances ont fait que me voici à bord du ferry de la Méridionale, en compagnie d’une bande de joyeux lurons, les clés de la fameuse bestiole dans la poche droite du blouson.

Il a déjà fallu arpenter la rampe d’accès au garage avec des pneumatiques qui confèrent à des slicks, sur un métal largement engraissé et engommé par les véhicules précédents … 1500 tours maxi, le gros berlingue ne cogne même pas, la machine grimpe sur un simple filet de gaz .. et, oh miracle, rien ne bouge au point de vue pneus.

Ensuite, il a fallu manœuvrer pour se garer dans le bon sens .. l’espace afféré à cette manœuvre est tout juste plus large que la longueur de la moto .. Eh bien, merci monsieur KTM, le large guidon fut d’une belle aide dans l’accomplissement de cette manœuvre. En quatre coups de cuillère à pot voici la brelle dans le bon sens, soigneusement garée sur la … mais elle est où la latérale ? Là le point s’avère un peu complexe car pour aller la chercher faut jouer de la cheville, cela aurait quand même été bien mieux de mettre un petit ergot facile à accrocher du talon …

Premières impressions ..

Dans les sacoches je récupère mon « baise en ville » .. un peu humide car la fermeture desquelles présente quelques défaillances dues , je le pense, à une manipulation hasardeuse par un précédent essayeur .. mais je ne manquerai pas d’en faire la remarque car une GT aux sacoches qui prennent l’eau c’est quand même un tantinet gênant.

L’outil est rangé, passons aux affaires courantes .. Accueil, cabine, jogging .. et la Piètra ( à consommer avec modération ) au bar du barlu .. Interview des autres participants à cette balade automnale en Corse sur mes premières impressions sur la « Bête » .. J’élude et me réserve pour les premiers commentaires au soir du premier jour sur l’île de Beauté, jusqu’ici c’était de la prise de contact, en ce qui me concerne c’était relativement positif mais j’avais déjà noté quatre bricoles qui m’interpellaient .. Les fameuses sacoches, la béquille, le tableau de bord toujours aussi mal incliné .. c’est récurrent chez les autrichiens qui mesurent tous plus d’1m80 !!, la prise de courant soigneusement planquée derrière le compteur et qui a une fâcheuse tendance à expulser la portion mâle sous l’effet des vibrations et le saute vent qui est là pour la déco … et … eh bien c’était tout, autant dire peanuts .. En fait cette pure sportive affublée de quatre bricoles justifiant à peine sa dénomination tourisme était une moto vraiment atypique mais qui pouvait satisfaire une clientèle soucieuse de faire du grand tourisme durant une période relativement limitée cantonnée à la durée d’extinction du nombre de points sur le carton rose.

Revenons en à ces équipements GT qui font quand même monter la note à un peu plus de 2000 euros de plus que le roadster sans compter les options .. On apprécie quand même la bulle réglable en hauteur, le réservoir de plus grande capacité, la selle plus confortable, les sacoches latérales, le système ingénieux d’éclairage LED en courbe, la poignée de maintien passager … et pléthore d’électronique diverses et variées qui font que la notice d’usage est désormais de la taille d’un bottin téléphonique et que l’us de la moto, pour peu que l’on souhaite tout expérimenter et mettre la machine en conformité avec ses intentions et les conditions de roulage, implique une bonne dextérité et confère à un sympathique jeu vidéo.

Corse, nous voilà ...

La traversée s’est bien passée et le jour se lève sur la Corse. Propriano nous accueille. Débarquement, quelques consignes de roulage et c’est parti pour quelques jours de balades musclées. D’entrée j’ai mis la bestiole en mode « Street », faut pas de suite abuser et il est quand même nécessaire de faire un poil connaissance. Le plein des 24 litres du réservoir effectué, le trip remis à zéro nous voilà partis pour rejoindre notre premier lieu d’hébergement dans le golfe de Porto. Les premiers kilomètres effectués sur le grand axe qui rejoint Propriano à Ajaccio m’ont de suite mis l’eau à la bouche, la cavalerie est bien là et point n’est besoin de solliciter trop la poignée de droite, au demeurant remarquable de douceur, pour se retrouver propulsé à des vitesses qui, pour peu que l’on croise quelque autorité velléitaire, vont vous conduire directement à la case ballon et de plus en payant 20000 !!

Impressionnant ...

Les origines de l’engin, même si cette version a été amputée de quelques bourriques, sont toujours bien présentes et ce que je redoutais est bien là, je me retrouve au guidon d’une hyper sport maquillée en GT. Quand je pense qu’il existe un mode « Sport » .. tiens comme de toute façon je suis là pour tout voir je bascule d’un coup de pouce sur le dit mode, j’y associe en roulant, oui je sais c’est mal, les suspentes dans la même configuration et vogue la galère .. Eh bien, put... la galère, elle pédale. J’évite de regarder la compteur me concentrant que sur le tarmac et la vitesse inconsidérée avec laquelle les virages me sautent à la gueule. La moto ne bouge pas d’un iota et la remise de gaz en sortie de courbe se fait franchement et sans la moindre velléité de mise en dérive ou de cabrage intempestif .. Deux solutions : soit les assistances sont telles que tout comportement parasite est gommé par l’électronique, soit je suis trop blaireau pour pousser la machine dans ses retranchements et alors là cela fait froid dans la dos quand aux réelles possibilités de l’engin.

Ouf ....

En sortie d’une courbe, un 4x4 est en train de faire un savant demi tour pour récupérer le clébard qui traîne sur le coté gauche de la nationale .. Sollicitation plus que sévère du levier de frein, jonglette savante , enfin presque, avec la boite, j’écrase en plus la pédale de droite .. et tout se passe comme dans un jeu vidéo … j’évite savamment le véhicule, maintien ma prise de cap, passe comme une fleur dans un bas coté plus qu’herbeux , retrouve le goudron sans le moindre à coup … et je peux m’arrêter quelques mètres plus loin pour effectuer la miction de la peur, seule manœuvre ou vraiment l’électronique embarquée n’y est pour rien.

Bon on arrête les bêtises … Nous sommes à Petreto, je décide de quitter la route principale pour gagner la départementale des chênes lièges et retrouver Ajaccio par la route de la côte. Amusant, il y a eu un rallye peu de temps auparavant et la route est couverte de terre ramenée par les autos qui ont largement coupé les virages .. après l’histoire du clebs, cela calme instantanément et je décide de revenir en mode « Street ». Eh bien comparativement, la machine semble moins facile à conduire la moto étant même plus brutale à bas régime .. Juste au moment ou j’allais encore jongler du pouce ne voilà t’il pas que quelques gouttes commencent à tomber … Bonne occasion pour tester le mode « Rain » sensé limiter la machine à quelques 100 CV .. Vous allez me dire et tu fais tout cela en roulant .. eh bien oui. Il faut dire que la route de Guargale je la connais pratiquement par cœur et qu’il est tellement facile de configurer la machine que s’en est un plaisir ..

Plus personne derrière, et pourtant je me traîne les yeux dans les rétros .. je me décide à faire demi tour .. quelques encablures plus bas l’un de nos potes est passé sous le rail avec sa brelle .. Coup de chance .. ou de semonce .. pas de bobo au pilote, la moto est un peu froissée mais roule encore très bien .. avertissement sans frais. On est en Corse il ne faut pas l’oublier et les routes sont toutes des pièges quasi permanents. On va désormais arrêter de ne regarder que notre roue avant et s’attacher à faire du tourisme .. enfin au moins jusqu’à l’arrivée de la première étape.

Jusqu’à Porto j’ai eu quand même une paire de fois l’occasion de tester le fameux contrôle de traction la route étant fort piégeuse à cause des averses intermittentes .. il n’y a pas à dire cette nouvelle génération de machines, pour un ancêtre de mon genre, c’est tout simplement bluffant .. peut être même trop, sûrement même !!

Installation à Porto, moto au garage, commentaires autour de quelques tisanes de houblon ..

Les commentaires ...

De ceux qui m’ont suivi …

  • Ça marche vraiment bien cet engin … Impressionnant
  • Comment fais tu pour rouler comme ça sur le mouillé ?
  • Bizarre tes sacoches on dirait qu’elles vont s’ouvrir.
  • Qu’est ce que tu peux envoyer comme projections, s’en est gênant.
  • Ton cligno s’arrête avant d’avoir tourné.
  • Put... quel éclairage !!

De ceux qui ne l’ont vue qu’à l’arrêt …

  • Bizarre comme esthétique ..
  • Et tu t’y retrouves avec toute cette électronique …
  • Des slicks sur le mouillé, tu es quand même gonflé !!
  • T’as pas mal au cul ?
  • Elle n’est pas trop haute ?
  • Tu galères bien avec la béquille !!

En fait, il suffit d’écouter tout le monde et rapidement on obtient un concentré des points positifs et négatifs de la machine !!

Un peu plus ...

Le lendemain nous sommes partis vers le nord de l’île afin de rejoindre Ile Rousse et le Cap Corse. Ce fut l’occasion de tester la Super Duke GT sur des revêtements extrêmement dégradés puis de revenir au long d’enchaînements de courbes plus ou moins rapides avec un tarmac rendu des plus glissant par l’accumulation de feuilles automnales.

D’entrée j’ai adopté une allure rapide mais pas du tout extrême compte tenu des mésaventures qui nous étaient arrivées la veille. Eh bien quel que soit la qualité du revêtement emprunté le châssis de la moto est d’une précision redoutable et la rigueur est indéniable. Il m’a été impossible de prendre la machine en défaut bien que mes capacités de pilotage ne soient pas celle d’un rallye-man et que la route qui suit la côte jusqu’à Calvi ait beaucoup de similitude avec de la piste tout juste revêtue. Les suspensions pourtant réglées en mode street ont un excellent niveau de confort et la moto est à jour du moindre sursaut intempestif. La fourche absorbe tout .. et je pourrais même mettre TOUT en majuscule, que s’en est un véritable bonheur. En cas de freinage, même accentué et même en désespoir de cause, le transfert de masses est superbement géré par les suspensions actives et l’électronique embarquée qui adaptent les dits en une fraction de seconde suivant ainsi parfaitement les indications fournies par moult capteurs disséminés sur la moto.

La suite de la balade fut du même acabit et me conforta dans l’idée que cette machine, même si ce n’est vraiment pas une GT dans le vrai sens du terme, peut être une excellente alternative à ceux qui veulent rouler sportive, éviter de mettre une accumulation de bagages sur le dosseret et, si ils emmènent madame, ne pas être accusé de mauvais traitements et drivé droit vers le divorce après le premier trip au long cours .. mais tout cela a un prix .. toutefois, quand on aime !!

Impressions finales ...

En fait les seules choses que l’on pourrait reprocher à la moto en mode conduite Sportivo-GT sont :

  • Une position peut être un peu trop sur l’avant qui entraîne, au bout de nombre de kilomètres quand même, quelques douleurs dans les poignets.
  • Bon nombre de vibrations, inhérente au bicylindre, qui peuvent à la longue être gênantes.
  • Une puissance maîtrisable mais tout de même un tantinet "pousse au crime" tant l’envie d’emmenr la machine dans ses retranchements vous prend au tripes dès que l’on pose le cul sur la selle.

Et qu’est ce qui ferait que l’on choisisse cette Super Duke GT pour partir au bout du monde avec âme et bagages ?

  • Une protection bien conçue, que ce soit de la bulle ( essentiellement utilisée en position haute ), que de l’intégration du pilote dans la moto, les jambes bien protégées par le carénage avant.
  • Un freinage quasi démoniaque mais qui garde toujours un bon feeling avec un ABS qui se fait oublier ne s’enclenchant qu’en condition extrême.
  • Un confort bien au dessus de toutes les sportives du marché .. et une puissance bien au dessus de la quasi totalité des dites sportives. Oh pardon, mais c’est vrai .. c’est une GT !!
  • Un moteur qui ne demande qu’à s’exprimer mais qui est également capable de se la jouer soft pour cruiser au gré des paysages parcourus.
  • Une capacité de chargement qui certes n’est pas comparable avec une vraie GT mais qui somme toute est parfaitement capable de satisfaire monsieur et madame pour quelques jours.
  • Un équipement à la hauteur de n’importe quelle GT du commerce et même au dessus si on prend la version « toutes options ».
  • Apparemment de bonnes capacités en duo .. je n’ai pas eu l’occasion de tester, personne n’a souhaité se dévouer !!
  • Une consommation relativement raisonnable .. je n’ai pas dépassé les 7 l au 100.
  • Une autonomie intéressante de pratiquement 350km.

Alors ..

  • La bestiole n’est quand même pas donnée.
  • La bestiole est quand même un tantinet exclusive.
  • La bestiole n’est pas de tout repos et nécessite des capacités de pilotage certaines si on veut en tirer la quintessence.
  • La bestiole a tendance à chauffer sérieusement les parties intimes .. C’est bien en hiver mais, dès qu’à l’extérieur cela dépasse 20°C, il paraît que c’est mauvais pour la reproduction.

Alors … encore !!

  • J’ai bien apprécié le test et grand merci à KTM France qui a bien voulu mettre à ma disposition cette sympathique machine afin que j’aille jouer avec elle en Corse.
  • On m’avait promis une « bête », j’ai trouvé une moto agréable, joueuse, légère, maniable et dont le caractère peut être relativement facilement maîtrisé ..
  • Et grand merci à la concession KTM d’Ajaccio : ML Moto, pour leur aide précieuse.

Quand je vous le dit … La « Bête » est presque humaine !!

Hervé




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