Triumph Thruxton R ... Essai au long cours !!

mardi 11 juillet 2017
par  José
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J’ai souvenance ( ou plutôt ce sont mon séant et mes poignets qui s’en souviennent !! ) d’un périple de quelques 1100 km en une seule étape en Triumph Thruxton de la première génération .. C’était en 2004.
Depuis le concept Thruxton a bien évolué chez le manufacturier d’Hickley mais l’esprit est toujours resté le même .. La preuve, donnez en une à José et il part voir la mer !!

Pour nous situer dans le contexte, après mon premier Thruxton Carbu noir en 2005, puis un SE rouge et blanc en 2010, je pensais que je me calmerais au niveau Café Racer pour un moment. Que nenni, c’était sans compter sur Triumph qui a commis la Thruxton R pour me tenter et certainement me faire avoir des ennuis avec mon banquier ou alors des engueulades avec ma femme qui ne tolère plus de nouvelles motos dans le garage, à moins que je n’en vende une pour faire de la place d’abord.

C’est donc la mort dans l’âme que j’ai dû me séparer de mon Thrux rouge et blanc, que j’aurai toutefois la chance de revoir de temps à autres, car c’est mon vieux pote et de surcroît voisin qui en a fait les emplettes. La Thrux SE vendue, je file chez Diagonale de ce pas pour commander la R, sans l’avoir jamais essayée. Nous sommes en Avril, et je pensais l’avoir à temps et bien avant un grand trip qui étais prévu en Juin et qui devait m’amener de Paris à Neuchâtel, puis à Zurich, puis à Toulon en traversant les Alpes suisses, italiennes et françaises, puis retour à Paris. Seulement voilà, la machine étant nouvelle et victime de son succès, Triumph a du mal à produire, et toujours pas de R à l’horizon à une semaine de mon départ prévu le 8 Juin.

Je me préparais donc à l’idée de partir avec mon Tiger 800, comme l’an dernier pour un trip similaire. Vous me direz, y-a pire comme problème, le Tiger est finalement plus adapté à ces grandes virées, et j’y serai certainement plus confortablement installé. Mais c’était sans compter sur la ‘perfide Audrey’ (* :) Heureux) de Diago pour ceux qui connaissent, qui me met devant un choix cornélien en me téléphonant le 1er ou 2 juin pour m’annoncer que ma machine m’attendait ! La question Cornélienne devenait donc : partir en Thrux R ou en Tiger ?

Livraison le samedi 4, et je n’avais qu’une question en tête ; est-ce bien raisonnable de partir pour un trip de 2700km sur 9 jours, mais seulement 5 à rouler, avec une machine neuve, en rodage, pas prise en main et sans retour d’expérience sur sa fiabilité ? Et puis comment et ou faire la première révision ? La moto à la livraison (Je sais, les barres de sacoches, ca fait moche, mais je les virerai dès que possible) :
Que de questions, beaucoup trop de questions qui se sont évanouies dès les premiers tours de roues en sortant de la concession ce samedi-là. Cette machine m’a paru immédiatement naturelle, super facile, pas exclusive comme on pourrait s’y attendre, position plutôt sympa, sur l’avant certes, les pieds un peu en arrière, mais finalement moins extrême que je ne l’avais imaginé, et moins aussi que sur mes anciennes Thruxton, surtout la première noire avec les vrais bracelets. Sur la R les genoux ne touchent même pas la culasse. Bon ce n’est pas un Tiger, mais mon pauvre dos aux lombalgies fréquentes me susurrait déjà que c’était peut-être possible d’accomplir ces 2700km. Ou était-ce ce que mon subconscient, qui avait déjà décidé, voulait me laisser entendre ?

En fait, pour tout dire, mal de dos ou pas, comment résister à une nouvelle moto, en plus quand elle fait un bruit comme ça, grave, rauque, profond, puissant tout en étant homologué (les inspecteurs des Mines devaient être sourds ou bourrés le jour où ils ont homologué cette machine ?), et puis le moteur, même en rodage au début limité à 4000rpm jusqu’à 480km (oups je veux dire 300 miles, pardon Doug), m’a tout de suite bluffé, coupleux, puissant, avec de l’allonge. Et une partie cycle précise, joueuse, et assez légère avec ça. Et puis 4000rpm en 6eme, ça fait quand même déjà 116km compteur, (soit 29km aux 1000 tours/minute), largement de quoi affronter les nationales aux allures légales ou presque, même en rodage.

Pas la peine de chercher plus d’excuses ou d’arguments, je partirai avec elle, c’est décidé, un peu fou mais trop jouissif rien que d’y penser. Et c’est à la va-vite, malgré un weekend déjà chargé avec des activités prévues de longue date que je trouve un peu de temps pour réaliser l’époustouflante distance totale de 50km pour la prendre en mains, heureusement entre 2 orages, monter bagagerie et Scottoiler, et bricoler un support GPS avec des équerres à deux balles de chez Casto. Pour la révision des 1000km, comme mon périple m’amenait à Toulon pour 2 jours, Diago me propose d’appeler Road Spirit à Ollioules et rendez-vous est pris pour le 15 Juin. Je savais d’avance que j’aurai plus de 1000km au compteur à ce moment-là, l’avenir nous précisera en fait que ce sera 1750km, mais ça le fera.

Donc tout semblait prêt ce weekend-là. Encore deux jours de taf et me voilà mardi soir à remplir les sacoches cavalières Triumph acquises pour l’occasion pour m’apercevoir qu’elles sont trop petites pour accueillir mes fringues, mon ordi pour le taf et mes deux appareils photos et leurs objectifs dont j’avais besoin pour un reportage photo en Suisse. Heureusement j’ai eu l’idée de recourir au sac de selle du Tiger que j’ai pu facilement installer sur la selle biplace et arrimer aux armatures des sacoches cavalières.

Cette anecdote me donne l’occasion de vous parler d’un point négatif de la stratégie commerciale de Triumph pour cette machine (vous verrez, pour le reste y-a que du positif J). En effet la Thrux R est vendue en selle monoplace (avec le joli capot de selle, et sans repose pieds arrière, celle qu’on voit partout dans les pubs et essais presse), mais si vous l’achetez comme cela, vous aurez seulement une carte grise solo, c’est à dire n’autorisant pas le transport de passager. Le capot de selle, à l’inverse des premiers Thruxton, ne se démonte pas pour offrir une selle bi-place, c’est en fait un petit coffre permettant d’emmener un gilet jaune, ou un pantalon de pluie, ou un bloc disque, pratique certes. Donc la selle est vraiment une selle monoplace. Pour éviter un nouveau passage aux Mines pour avoir une carte grise duo ultérieurement si besoin, il faut acheter la machine d’emblée avec la selle duo et les cales pieds passagers en option, soit près de 500€ de plus. C’est le prix à payer pour avoir une carte grise duo, et avoir du coup deux selles. L’addition devient salée, mais c’est plus l’approche commerciale ou communication de Triumph que je trouve limite sur ce coup car on ne le découvre qu’au dernier moment, et même Diago l’a appris tardivement. Comme je voulais la machine homologuée en duo pour éviter une moins-value à la revente, j’ai pris l’option duo, et bien m’en a pris, car sinon je n’aurai pu installer le sac de selle du Tiger sur la selle solo avec le capot de selle.

Voilà à quoi ça ressemble le jour du départ, vous avez dit un peu chargé ? Le sac du Tiger fait un peu gros las dessus, mais il m’a bien rendu service.

Mercredi 8 Juin, 9h, départ de la RP pour Neuchâtel . 50km au compteur, je m’étais préparé une ‘rode’ book simple, 550km de rodage à 4000 tours pour découvrir le jouet. A6 pour sortir de Paris rapidement dans une circulation dense, puis nationale vers Fontainebleau, Sens, Tonnerre, Chatillon sur Seine (ou la Seine ne fait encore que 3m de large sur 30cm de profondeur, contraste saisissant avec les crues du moment), Besançon, Pontarlier, puis descente sur Neuchâtel.

Cette première journée fut la confirmation que cette machine était bien née. Quel moteur et quelle partie cycle, sans être un hyper sportive, c’est le jour et la nuit par rapport à l’ancienne Thruxton. Elle se pilote facilement, la monte pneu d’origine est bluffante, presque slick (Pirelli Diablo Corsa) présageant une bonne accroche en montagne, le freinage progressif, puissant endurant, aussi bien avant qu’arrière, les Brembo avant, radiaux monoblocs, sont époustouflants, je n’avais jamais eu de tels freins avant. Et il ne faut pas oublier les suspats. Mes premiers Ohlins. Que n’a-t-on pas entendu sur Ohlins, he bien c’est vrai J. Le comportement en courbe sur revêtement parfois douteux des nationales est parfait, ferme, mais sûr, gardant la trajectoire, sans cette sensation de vriller ou se dandiner qu’on ressent sur certaines bécanes. Le grip des pneus y est aussi certainement pour quelque chose. J’ai laissé les réglages suspats tels quels , sortie d’usine, mais tout est réglable et je verrai plus tard comment régler tout ça, mais il faut un diplôme d’ingénieur au moins tellement les combinaisons sont nombreuses.

A propos des freins avant, quelque chose me chagrinait un peu, la course du levier et le mordant semblait un peu différente à la première prise des freins, par rapport aux suivantes quand on relâche un peu les freins pour les reprendre juste derrière. Ce n’était pas bien flagrant et sans impact au niveau sécurité car ça freine fort, mais l’impression de mordant pas constant me gênait. J’ai eu l’explication chez Road Spirit quelques jours après lors de la première révision ou ils m’ont dit que toutes les R faisaient ça à cause d’un réglage usine entre maitre-cylindre et centrale ABS pas optimisé. Road Spirit a effectué quelques réglages et le phénomène a disparu. Le mordant est constant maintenant, de même que la course du levier.

Retour à la route. La météo était orageuse ce jour la (étonnant non ?) , mais j’ai eu la chance de passer entre tous les orages, violents par endroits à en juger la quantité d’eau qu’ils laissaient sur la route. Cela m’a donné l’occasion de jongler avec les cartos Road et Rain suivant l’état de la route. Je n’avais pas encore envie de tester la carto Sport pour le moment étant limité à 4000rpm. Comme pour mon Tiger 800, la différence entre carto Road et Rain est flagrante, en Rain la machine est plus sereine, douce à l’accélération, la puissance est contrôlée et surtout le rapport entre ouverture de la poignée et ouverture des papillons. Je n’ai pas voulu tenter le diable sur ces routes mouillées pour tester l’anti patinage. Par contre en forçant un peu le freinage à certain endroit, j’ai bien vu les effets de l’ABS, avant ou arrière, et il me semble efficace tout en étant discret. ABS et Traction control sont déconnectables très facilement au guidon. Les cartos peuvent aussi être changées facilement à la volée avec un simple bouton, même en roulant. Il suffit, après avoir sélectionné la carto voulue, de débrailler un instant, poignée relâchée, et la nouvelle carto est chargée en moins d’une demi-seconde. Simple et efficace. A noter que quand on coupe le contact, tous les reglages, Carto, ABS et TC, reviennent en standard au démarrage suivant (ABS et TC ON, Carto Road).

Je vous parlerai plus loin des sensations de conduite lors des étapes de montagne, mais pour cette première journée finalement tranquille, j’ai pu me faire un début d’aperçu des capacités de cette moto sur 550km de petites routes un peu viroleuse par endroits en Bourgogne. Mais ce qui m’a le plus marqué ce jour-là a été les vibrations engendrées par les deux grosses gamelles de 600cc. Car on a bien un 1200 sous le réservoir, mais on a l’impression que les deux pistons vous tapent dans le cul, sous la selle, à tour de rôle. Le calage à 270 est sympa au niveau sensations moteur, et doit aussi être à l’origine des vibrations qui sont bien présentes (sans être au niveau de Harley ou autre cruiser à grosses gamelles quand même), juste ce qu’il faut pour ajouter au plaisir du bruit généré par l’ensemble. Et pour continuer à parler du moteur, parlons de sa souplesse, ce n’est pas un trois ou quatre pattes mais il est assez tolérant pour descendre à 2000 tours et reprendre sans rechigner, même en 6eme, pour monter très forts dès 3000. Même si je ne l’avais pas encore poussé haut dans les tours ce premier jour (un petit peu quand même en approchant les 500km J), on sent bien que sa plage de prédilection est entre 3000 et 5000 sur le couple, pour exploser ensuite au-dessus, surtout en carto Sport comme on le verra plus loin.

La moto est aussi incroyablement légère, même si au-dessus de 200kg, mais l’étroitesse du réservoir, la position basse et ramassée me donne l’impression qu’elle est dix fois plus légère que mes anciennes Thruxton.

Voilà pour cette première journée. Arrivée à Neuchatel vers 19h, soit 10h de route entrecoupée de beaucoup d’arrêts pour photos, pauses diverses, déjeuner et faire le plein de la bête ou vidanger le pilote. Ah oui, pour finir cette journée sur une bonne note, en parlant de plein, parlons conso. Les essais presse en parlaient, Triumph le vante, la conso est surprenante pour un gros moteur somme toute assez puissant, autour de 4 à 4.2 l/100km comme indiqué par l’ordi de bord et aussi mes calculs sur ces premiers 500 à 600km. Il est vrai que je n’ai pas tiré dedans et que je ne monte pas tous les rapports dans le rouge comme certains. En fait autour de 90 stabilisé sur nationale, la conso est autour de 4l/100, pour monter à 5.5/6 l/100 sur autoroute à vitesse autour de 130. La suite du raid sur 2700km de routes diverses, peu d’autoroute (500km total) et beaucoup de montagne confirmeront une conso les 4.4 l/100. Impressionnant travail des ingés moteur Triumph, moins que mon Tiger 800 déjà sobre avec ces 5 litres !

Pour la suite, je vais faire court pour la journée du Jeudi ou j’étais au boulot à Neuchatel, puis le vendredi qui fut une courte journée pour rallier Zurich, en partie par les petites routes du Jura Suisse et mon premier col moyen (La Vue des Alpes, 1283m).

Puis pour finir par l’autor sur Zurich ou j’ai découvert que nos amis suisses de Zurich n‘ont rien à envier aux parisiens question embouteillage un vendredi soir ! Samedi, rien de particulier question moto, reportage photos d’un tournoi de foot amateur, mais surtout veille de la suite de mon périple que j’attendais avec impatience, rejoindre Toulon, par un maximum de grands cols des Alpes Suisses, Italiennes et Françaises. Genre Route des 100 cols en plus court, pour rappeler quelque chose à Hervé s’il lit ce papier.

Donc nous voici Dimanche 12 juin, Zurich à 7h du mat, météo pas géniale, sec pour le moment, mais pluie annoncée sur la route qui devait m’amener 150km vers le sud de Zurich (dont 100km d’autor pour rejoindre rapidement la montagne), puis vers l’ouest en suivant la vallée d’un jeune Rhône naissant et Chamonix par mon premier grand col de cette balade : le col de la Furka en suisse (2436m) qui comme vous le voyez était limite à passer dans un froid sévère (4 degrés) et un brouillard à couper au couteau, à 9h du matin, avec de la neige partout autour.

J’arrive finalement à Chamonix vers midi, après un autre petit col : le col de la Forclaz (1527m) toujours en Suisse, sans avoir eu de pluie finalement.

La route au global était quand même grasse pour cause de neige fondante sur les bas-côtés, et je n’ai pas joué de trop avec la moto et conduit assez cool. J’ai quand même pu apprécier la générosité du moteur, surtout que je pouvais maintenant ouvrir assez grand à 6000rpm, ça commence à causer là ! Les reprises, même si j’y allais mollo, sont géniales et on sent indéniablement la différence de puissance avec l’ancienne génération

La question du déjeuner se pose et je m’apprêtais à aller au centre de Chamonix pour trouver un resto, quand je me suis dit que je mangerais bien des pâtes. Et ou mange-t-on les meilleures pâtes du monde ? He bien en Italie, qu’à cela ne tienne, le Tunnel du mont Blanc est là et l’Italie juste derrière. Direction vallée d’Aoste, je suis sûr qu’on y mange bien J. Et en plus il fait beau en Italie. Vous me direz ça fait cher les pates quand on ajoute les 28€ du Tunnel, mais c’est surtout un prétexte pour me faire le Petit Saint Bernard ! Traversée du tunnel fluide et je descends donc un peu la vallée d’Aoste et tourne rapidement vers l’Ouest en direction de la France, non sans avoir dégusté avant d’excellentes Lasagnes de légumes accompagnées d’une Moretti ambrée et d’un café comme les italiens savent le faire, un régal. Régal gourmand qui sera suivi d’un autre plaisir : la montée sur le Petit Saint Bernard sur route sèche et ensoleillée. Premières sensations géniales en poussant la Thrux dans les virages en faisant quand même attention aux nombreux cyclistes. Les montées en régime sont franches et la puissance arrive régulièrement. Il faut faire attention car en poussant à 6000 on se retrouve vite à des vitesses pas raisonnables du tout en montagne, je rends un peu la main le temps que la Moretti soit éliminée et me voilà au Petit Saint Bernard (2188m) vers 14 :15.

Pas le temps de chômer, j’ai encore pas mal de route. Je sais que je n’arriverai pas à Toulon le soir car j’ai encore quelques grands cols à passer. On verra ou je m’arrêterai dormir. Donc je continue la descente vers Bourg Saint Maurice que j’évite à ses portes pour prendre tout sud vers Tignes (et son lac). La route est belle par la, et en plus sèche, j’en profite pour tester la carto Sport. Et là c’est une nouvelle moto, le moteur est vif, explosif, répond super vite aux sollicitations de la poignée, la puissance arrive fort et l’aiguille monte très vite au-delà des 6000. En fait on peut facilement monter le moteur en limite de zone rouge (à 7000) sur ces moteurs, alors que je monte très rarement dans les tours au-delà de 10000 sur mon 800, et je ne vous parle pas de Street à 14000 ! Donc la carto Sport fait son job, et c’est bien trois motos différentes que l’on a suivant la carto Rain, Road et Sport. Sympa.

Maintenant Val d’Isère pour aller chercher le Col de l’Iseran (2770m) qui sera mon plus haut col pour cette virée ou j’arrive vers 16h. Malgré la neige sur les côtés, la route de l’Iseran était assez sèche et je me suis vraiment régalé, même si la fatigue commençait à pointer, et les douleurs aux poignets un peu plus présentes. Car il faut dire que même si la position n’est pas extrême, elle est quand même sur l’avant et quand on attaque un peu en montagne, ça sollicite les poignets et avant-bras. La précision de trajectoire est impressionnante, on sent bien la roue avant et elle s’inscrit impeccablement dans les virages. Le basculement d’un angle sur l’autre est rapide grâce aux suspensions associées au profil des pneus. Très saine.

Je regarde l’heure et une carte, fait des calculs, et je me dis que j’ai encore le temps de me faire le Télégraphe, puis le Galibier et Lautaret avant de chercher un hôtel quelque part ou au pire débarquer à Briançon vers 20h, ville assez grande pour trouver facilement un hôtel, même tard.

La descente sur Bonneval sur Arc est un pur bonheur, puis la grande route très roulante allant à Lanslebourg puis Modane et enfin Saint Michel de Maurienne est avalée à vitesse, disons, respectable. J’attaque la montée facile sur le Télégraphe (1566m) ou je suis à 18h.

De ma halte photo au Télégraphe je regarde vers le Galibier qui est dans la poisse, ciel tout noir, quelques gouttes déjà. Je me dis que ça sent le mouillé et j’hésite à continuer sachant comment le Galibier peut être mauvais, même en été, certaines étapes du Tour de France en Juillet en atteste. Puis deux cyclistes me demandent ce que je pensais de la météo car ils pensaient encore monter au Galibier à vélo. Je les regarde un peu éberlué et leur demande en combien de temps ils pensent monter là-haut, ils me répondent 2 heures ! Avec le froid qu’il faisait, le temps menaçant en montagne, je les prenais vraiment pour des fous, mais je me suis dit que si eux pensait le faire à vélo, je n’allais pas reculer à moto * :-O Surprise

Ce n’est pas la première fois que je me fais le Galibier, j’adore cette montée, la route est géniale, roulante, assez large, bon revêtement, sinueuse à souhait et très sportive arrivé proche du sommet. Ce n’est pas pour rien qu’il y a tant de motards que je croise depuis un moment. Seulement là, le temps n’est pas de la partie, froid, brume, brouillard, quelques pluies au fur et à mesure qu’on approche du sommet. Bon j’ai vu mieux, ce n’est pas ce soir que je verrai le soleil se coucher du Galibier. J’y arrive en roulant cool vers 18h30. Y pèle un max, vent d’enfer au sommet, et en regardant vers le Lautaret, je m’aperçois que la descente va être glissante.

Bon, il se fait tard, je commence à être fatigué sérieusement et je me dis que je vais coucher au Lautaret, juste en bas, encore 8km. Je me pointe à l’hôtel du Col, un quatre étoiles, ou il ne leur restait qu’une Suite Junior à quand même 365€, sans petit dej ni taxe de séjour !!! He ben devinez quoi ? J’ai refusé poliment, prétextant que j’étais soudainement pris d’une forte envie de continuer.

La bonne nouvelle c’était que le temps était redevenu clément au Lautaret en descendant sur Briançon, la purée de poids est restée accrochée au sommet du Galibier. Cette route est magnifique, large avec de grandes enfilades de virages à prendre très vite en évitant les radars. Et comme je n’en ai pas vu, c’est assez vite que je suis arrivé à Serre Chevalier, ou j’ai trouvé un petit hôtel sympa ‘Bikers Friendly’ comme il était écrit à l’entrée et ou j’ai passé une soirée sympa en discutant autour de bières avec un couple de motard Suisse de Bern en parlant de quoi ? He ben de moto et virolos bien sûr. Allez dure journée, on met la viande dans le torchon, et on se repose pour le lendemain.

Lundi 13, ce soir j’arrive à Toulon, il n’y a que 300km à peu près suivant par ou on passe, une broutille. Mais par ou passer justement pour s’amuser encore un peu ? J’avais déjà étudié un plan : l’Izoard (2360m), le Col de Vars (2109m) et le Col d’Allos (2250m),

Puis Castellane par Saint Julien du Verdon et sa magnifique retenue du Verdon. Enfin, pour finir, les Gorges Sud du Verdon et des petites routes tranquilles jusqu’à Brignoles pour terminer dans les embouteillages du soir sur l’autoroute entre Hyères et Toulon.

Cette journée a été somme toute plus facile et tranquille que les autres, plus belle aussi. Dès la descente de L’Izoard on sent qu’on change de région, c’est flagrant, il fait tout de suite plus beau et plus chaud. J’ai pu finir la route en enlevant la doublure du blouson et en ouvrant toutes les ventilations, agréable. Finalement, avec tous les détours des cols, la distance dans la journée aura été de près de 400km.

Mardi et mercredi, boulot oblige, pas de moto ou presque, juste un peu mercredi pour l’amener chez Road Spirit pour la révision, et pas de chance, il tombait des cordes ce matin-là, et je me suis bien trempé juste pendant les 10’ du trajet vers la concession. Au passage, très beau magasin ce Road Spirit, j’ai eu tout le loisir en une heure de le regarder dans tous les sens. Bien sur la R y était exposée à plusieurs endroits, mais plus intéressant, il y avait de très belles prépas sur base de Bonneville ou Thruxton 900. Les préparateurs ne se sont pas encore jetés sur la R et les catalogues d’accessoires ne sont pas encore fournis, hormis le catalogue Triumph, mais je suis sûr que la R va en inspirer plus d’un, attendons un peu.

Nous voici donc Jeudi 16 juin, dernier jour de mon trip et journée la plus longue puisqu’elle devait me ramener de Toulon à Paris, soit près de 900km, si possible avec le moins d’autoroute. J’avais décidé de suivre un grand classique, s’il en est, depuis 2003 pour ceux qui connaissent (Pas vrai Hervé ?) où se souviennent : Le premier Mistral Run, tout du moins une partie car je ne veux pas me retrouver en Belgique ! Pour faire rapide : Aix,
Cadenet, Bonnieux, L’Isle sur Sorgues, Carpentras, Malaucène, Vaison la Romaine, Nyons, Dieulefit, Bourdeaux, Crest, Valence, Tournon, Bourg-Argental, St Etienne et puis on verra après.

Debout à 6h, petit-déj avalé vite fait. Un coup d’œil au ciel, menaçant. La météo a annoncé des orages quasiment toute la journée, ça promet. Ça vous est déjà arrivé de vous lever le matin en vous disant, « tiens je la sens pas bien cette journée ? » He bien moi oui, et c’est que je me disais ce matin-là. Et bien j’avais raison puisque 30’ minutes après le départ, je commençais à trouver la direction lourde, bizarre, la moto avait du mal à prendre un peu d’angle, et pour cause, crevaison à l’avant, une vis d’un cm de long, plantée bien droit dans mon beau Corsa (presque) tout neuf !! Heureusement la vis étant restée dans le pneu, ce fut une crevaison lente et la chambre n’a pas éclatée (pourquoi ils ont pas mis de tubeless sur cette bécane ?). La journée commence bien, je ne suis pas arrivé. Pas de chance, ma dernière crevaison remonte à 15 ou 20 ans.

Je sors ma bombe anti-crevaison (faut toujours être équipé !), sors la vis du pneu. Vide la bombe par la valve en regardant la mousse sortir par le trou, tout d’abord très vite, puis ça ralentissait, et enfin au bout de 30 secondes, plus de mousse qui sort, de très faible bulles qui ont finalement cessé, le trou semblait colmaté et le pneu gonflé correctement. J’étais moi-même surpris de l’efficacité de cette bombe, qui était pourtant dans mes affaires depuis plus de 5 ans et qui a encore bien fonctionné. Je pense avoir eu aussi de la chance et que la chambre était simplement légèrement percée et non pas déchirée.

Je repars vite fait pour faire tourner la mousse dans le pneu, en roulant doucement car je n’étais pas bien confiant. Quelques km comme ça, ça avait l’air d’aller, vérification de la pression à la première pompe à essence venue : 3kg, pas mal pour une bombe. Je laisse comme ça à 3kg au lieu de 2.5 normalement et je continue, toujours doucement, puis plus vite en prenant confiance et en m’arrêtant régulièrement pour vérifier la pression. Ma route passant par Valence, je pensais m’arrêter chez Bouvier Moto ou j’étais déjà allé lors du premier Mistral Run, et j’arrive dans la zone commerciale au Nord Est de Valence pour m’apercevoir qu’ils n’étaient plus la et avait déménagé au Sud de Valence. Il était midi, je me disais qu’ils devaient être fermé maintenant et j’avais la flemme de refaire le tour de Valence. Je continue donc, pression toujours OK, et je commence à me dire que ça tiendra jusqu’à Paris, ou alors je ferai une halte chez Millenium Motos à Saint Etienne qui est sur ma route.

Je continue donc, la pluie jusqu’alors m’a un peu épargné, quelques gouttes ici et là, mais rien de bien sérieux. Si ce n’était cette crevaison, tout irait bien, la moto marche de mieux en mieux, je peux ouvrir à fond, à 7000, et ça décoiffe sévère comme ceux qui me connaissent peuvent en attester. Rien de particulier à dire sur la route, la routine quoi. Dernier petit plaisir : le col de la République (1161m), peanuts * ;) Clin d’œil, mais la montée est très sympa et c’est joli.

Je profite de mon arrêt photo au col pour vérifier l’adresse de Millenium Motos, je ne veux pas réitérer le coup de Valence, et bien m’en a pris, car Millenium a aussi déménagé du centre de Saint Etienne, vers une zone commerciale périphérique. Mon GPS m‘y amène facilement après une descente du col assez sympa et rapide.

Reçu par le patron de Millenium, très sympa, je lui raconte mon problème et s’il peut changer ma chambre à air et il me dit que oui s’ils ont en stock la bonne dimension de chambre, ce qu’ils avaient. Je rentre la moto à l’atelier et un mécano la monte immédiatement sur un pont pour démonter la roue, non sans m’avoir offert un café avant qu’il est allé faire lui-même. Ça c’est du service ! Il me propose même de rester dans l’atelier avec eux, et on se tape la discute avec les 3 mécanos, puis le patron nous rejoint pour me raconter ses déboires avec Triumph dont il vient d’abandonner la représentation. Il lui restait bien encore quelques bécanes et des fringues et accessoires Triumph, mais j’avais trouvé bizarre de voir des Royal Enfield en rentrant dans le magasin. Le problème, que beaucoup de concessionnaires doivent rencontrer de nos jours, est que les marques veulent des investissements sérieux en terme de design et look de magasin, que leur stock soit dans les concessions, et qu‘il faut de sacré volumes pour amortir tout ça. Cette pression de Triumph (et d’autres marques, Ducat, BMW, et certainement aussi les japs) s’est accentuée avec l’arrivée de Marx aux commandes. Du coup Millenium ne distribue plus Triumph, mais ils ont su garder cette âme et atmosphère des concessions d’avant, ou on peut parler un peu moto et passion avant gros sous, et aussi encore rentrer dans l’atelier pour parler au mécano et boire un café avec eux. Des concessions comme je les aime et qui se font rares. Bonne chance à Millenium avec Enfield, et un grand merci à eux pour m’avoir dépatouiller de mon problème. Oh ce n’était pas bien compliqué de changer une chambre, mais ils l’ont fait avec classe et gentillesse, et sur le champ.

J’ai donc pu repartir une heure après (il était 16h quand même) avec un train avant en bon état, de quoi me remettre en confiance. La suite va être courte, car un rapide calcul me dit que je ne suis pas prêt de rentrer si je continue par les petites routes, il reste encore plus de 550km en jardinant un peu. Cette crevaison m’aura fait perdre 2 heures au total, 1 heure chez Millenium, et une autre heure en arrêts divers pour réparer et vérifier la pression. Donc plus le temps de musarder, je dois rentrer assez court. Direction Roanne par la N7, puis Moulins, Nevers, Cosne et à partir de là, A77 et A6, pas très marrant, mais efficace et rapide. La moto, même chargée, tient bien les 130/140 assez confortablement, un peu de vent dans le casque, le saute vent, bien que discret, fait bien son boulot. Arrivée à 22h, soit quand même 16h sur la moto ou presque !

Voilà on est à la fin, en conclusion ce fut un rodage express. je n’avais jamais pris une moto neuve pour partir immédiatement faire 2700km, A part la crevaison, tout s‘est excellemment bien déroulé. On ne peut pas dire que c’est une routière, mais c’est la preuve que même avec un café Racer on peut partir loin, en prenant du plaisir, sans trop se casser le dos, mais en étant un peu Iron Butt quand même.

Quelques Stats ? :

- 30 kg de bagages
- 2700km sur 9 jours, mais seulement 4.5 de roulage, soit 600km en moyenne par jour
- 8 grands cols au-dessus de 2000m, et 3 au-dessus de 1000m (je n’ai pas compté ceux en dessous)
o Vue des Alpes, Suisse, 1283m
o Furka, Suisse, 2436m
o Forclaz, Suisse, 1527m
o Petit Saint Bernard, Italie/France, 2188m
o L’Iseran, 2770m
o Télégraphe, 1566m
o Galibier, 2642m
o Lautaret, 2058m
o L’Izoard, 2360m
o Vars, 2109m
o Allos, 2250m
- 4.4 L/100 en moyenne
- Une crevaison
- Un grand pied surmonté d’une banane.
- Attendre quelques jours pour voir combien de radars m’ont choppé * X( Ch’sais pu quoi faire

Et tout ça pour voir la mer !!

José



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