A moto de Gibraltar au Cap Nord. Part 2 : Le retour !!

vendredi 10 décembre 2010
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Nous avons laissé Josué et Michaël au Cap Nord, il leur fallait maintenant rentrer, et ce n’était pas la porte à coté !!

Dimanche 20 juin, temps pluvieux et froid. Après une bonne « nuit » de repos, on plie bagages et on prend le chemin du retour pour laisser la foule des touristes.

Retour par la Finlande, on évite de prendre les mêmes routes, direction de KARASJOK. On croise passablement de motards bloqués à sec dans les stations services, car c’est dimanche, et personne ne travaille en Norvège ce jour. Ils devront attendre lundi pour se réapprovisionner, ou, autre solution : quitter la E6 pour passer la frontière pour la Finlande par la route 96. Nous il nous reste encore la moitié du plein fait .. samedi !!

On retrouve les forêts qui n’existait pas dans le grand nord et nous arrivons a INNARI avec son grand lac ( on dit que ses eaux sont potables et peuvent être consommées directement). C’est le plus grand de la Finlande, nous le suivons jusqu’à IVALO. Il fait beaucoup plus froid qu’en Norvège, températures frisant le 0°, pluie légèrement floconneuse mais très bonnes routes avec toutefois un vent de travers très gênant. La gérante du Hytter a été super et nous a même fourni suffisamment de serviettes pour nous sécher. Nous avons tenté de manger quelque part, mais tout était fermé : ce n’était ni l’heure ni le jour.

Heureusement un centre commercial est ouvert, on peut ainsi effectuer quelques achats de nourriture pour le petit-déj. de demain.

Après bien des demandes on arrive à trouver un petit resto encore ouvert.

Ce n’est pas facile de se renseigner car le mot de restaurant n’est pas du tout compris par la population. En langue Sami il faut dire -« RA VINTOLA )}- et en finlandais - « KESKUST A ». Comme en plus il est inutile de lire les panneaux indicatifs dans les villes, à moins de connaître le Finlandais vous imaginez la difficulté. Ici on ne raisonne pas comme dans le sud de l’Europe.

Lundi 21 juin, après une dure nuit dans un camping surchauffé, on reprend la route en direction de OULU, trajet d’environ 620km, à travers des étendues de lacs et forêts de toute beauté par des routes en très bon état. Dans une station service, on croise un
motard suisse qui tentait pour la 3° fois d’arriver au cap nord. Selon ses dires, il a cassé son moteur la première fois, à la 2° tentative des chutes de neige ont totalement bloqué les accès, mais le garçon était tenace et là, enfin il pensait bien y arriver !!

Il s’est vu des chutes de neige importantes en juin dans ce pays aussi nous avons bien choisi : passer le plus près possible par l’océan, mais en évitant toute la route par les fjords du sud de la Norvège car il y avait un fort risque de pluie et nous avions déjà donné. Bergen est la ville la plus pluvieuse d’Europe, nous avons réussi à la traverser sans mettre les combinaisons, chance !! Sur le parcours nous avons fait halte au village de Santa- Klaus, celui du Père Noël, exactement sur la ligne du cercle polaire, à côté de la ville de NAP APIIRI.

Nous avons croisé un motard espagnol qui était parti depuis 2 mois et n’avais depuis son départ pu parler sa langue, il était intarissable et n’était pas au courant des inondations en Pologne car il pensait passer par ce pays pour le retour. On l’a mis en garde et avisé de prendre des renseignements avant de s’y aventurer.

Depuis ROVANIEMI on a bifurqué sur la route 78 en direction de RANUA.
Nous traversons de superbes forêts, c’est impressionnant de voir qu’ils ont dû véritablement tailler des tranchées dans la forêt pour faire passer des routes. Arrivés à OULU, au bord de mer Baltique la température est plus douce. Nous trouvons un Hytter dans un camping 4*, prix pour la nuit 42€. Très bel endroit.
Souper léger dans ce même site et au dodo car assez fatigués mais super contents d’avoir trouvé de nouveau le soleil.

Mardi 22 juin, départ en direction de KUOPIO ; après la route E75-4 nous prenons la 88 puis E63. On arrive ci KUOPIO et on recherche la tour qui domine la ville, car elle possède un restaurant tournant à son sommet. Après quelques essais pour monter à son emplacement, vraiment mal indiqué, on se paie un bon repas. La vue est splendide, les tables effectuent un tour
complet en 40min, le paysage n’est pas monotone, il n’y a que peu de monde car les prix pratiqués sont assez prohibitifs, on paye la vue.
On reprend la route direction le sud - Helsinki. Aux environ de MIKKELI pris par la fatigue, nous nous mettons à la recherche d’un hébergement. Il y a beaucoup de travaux consécutifs à la construction de la future autoroute et tous les chantiers remplissent tous les campings et hôtels avec leurs ouvriers.
Par chance on a pu trouver un logis dans un Hytter ou il ne restait qu’un bungalow. Repas sommaire dans une cantine.

Mercredi 23 juin, reprise de la route pour Helsinki. Nous roulons rapidement car il n’y a pas un chat sur l’autoroute.
Arrivée en ville nous décidons d’aller au port pour trouver le ferry qui va nous emmener jusqu’à TALLIN. Quelques tentatives avant de trouver le bon endroit pour les billets encore une sacré perte de temps. Il se fait tard, on décide de manger à une terrasse et de déterminer quelle suite à donner : soit dormir ici, ou prendre le dernier ferry et dormir à Tallin. On contrôle nos finances et décidons de dormir à Tallin. A l’embarquement on croise un motard allemand un peu perdu qui nous suit. Pour la nuit, dans le bateau même on nous oriente et nous conseille, on s’aperçoit vite que c’était un bon plan. Tallin débarquement dans une ville quasi déserte !! La population fête les Sunday-day , ils sont tous dans les campagnes pour le pique-nique et reviennent avec des branches et des fleurs. La vielle ville est belle et pas mal de touristes la visitent. Sur les pavés mal jointés je réussis à me fouler la cheville ; c’est pas bon pour un motard de marcher !!! L’hôtel se trouve juste à côté du bâtiment du port il est très propre et pas cher du tout. On nous conseille de mettre les machines au garage pour la nuit, passablement de vols ont été commis ces derniers temps. C’est une première pour nos engins de dormir en garage depuis le début du voyage, mais cela ne sera pas la dernière dans ces pays baltes.
Départ direction P ARNU, au bord de la Baltique. Les routes changent de qualité - l’Europe développe les structures routières et le signale avec des panneaux dans les trois pays baltes. Comme durant tout le voyage à chaque fois que nous sommes arrivés dans un pays un copieux arrosage nous a souhaité la bienvenue, c’est encore le cas. La terre est grasse la population très terrienne, ce pays est plutôt agricole, et on y trouve du bétail en abondance. Passé la ligne de frontière avec la Lettonie, les structures de béton sont là, la faim nous arrête dans un petit village de pécheurs. Le resto. est sympa et le cadre aussi ; un moule du capitaine Haddock trône au comptoir. Les aventures de Tintin ont passé l’ancien rideau de Fer. Le poisson de la Baltique était délicieux. On continue en direction de Riga la capitale par des routes moyennes et bosselées. Dans la capitale, comme continuent les jours fériés, ce n’est pas possible de trouver facilement un hôtel ; finalement une chambre à prix abordable dans une sorte d’auberge de jeunesse nous est proposée. On dépose nos affaires, et, en route pour le centre ville, à pied, mieux encore en tram. Jours férié on ne paie pas les transport en
communs, un petit reste des temps pro-soviétiques. Les populations dans les 3 pays baltes sont à 50% russes, ce qui crée un sentiment très fort de xénophobie. Les migrations russes post années 1945 pour occuper les territoires et les aides financières et industrielles ont maintenu en vie ces pays. Maintenant ils se sont tournés vers l’Europe et veulent oublier
ces années passées et demandent à l’Europe les mêmes aides que les russes leurs ont données. Dans Riga un petit resto arménien nous rassasie, au son des chansons de Charles Aznavour, chantées par une serveuse russe. Original l’ambiance. On nous certifie que l’hiver 2009-2010 la température dans la ville était descendue jusqu’à -29 centigrade ; confirmant le fameux fait des bateaux bloqués dans les glaces pendant 2 semaines de cet hiver passé.

Jeudi 24 juin, départ de Riga pour la Lituanie. On prend la A9 en direction de LIEPAJA toujours au bord de la Baltique. Notre destination est le musée de l’ambre à PALANGA de surcroit il va nous falloir prendre contact avec la compagnie maritime pour pouvoir rejoindre Kiel par ferry au départ de KLAIPEDA. A Palanga un motard du coin nous indique où se trouve le musée, nous accompagne au bar des motards et établit la communication par internet avec la compagnie maritime, manque de pot les bureaux sont encore fermés pour cause de Sunday-Day. Bah ! on visite le musée et on verra plus tard le bateau. Très beau le cadre de ce musée et très belles pièces présentées avec explications en russe, svp ! Bref, quelques achats et départ pour KLAIPEDA à quelques 25km. En ville la police nous oriente pour trouver le bon site du quai d’embarquement. Quelques problèmes administratifs et petit esclandre de notre part auprès de l’employée (héritage administratif pro-russe encore latent !), enfin nous avons notre cabine et pouvons embarquer (sans omettre de présenter les passeport à plusieurs reprises, encore et toujours les réminiscences russes) . Nous voici dans notre cabine moderne et propre, rien à redire, le voyage dure 24h. Repas à bord à notre charge. Pendant tout notre périple le foot à été présent dans tous les lieux publics, de même à bord, c’était la coupe du monde et le foot est un sport national. Le ferry nous revient à 430€ cela comprenait la cabine pour 2+ les motos, ravitaillement exclu. Cela nous a changé des prix antérieurs.
Le voyage fut bien calme le long de la Baltique, une vraie croisière.

Vendredi 25 juin, arrivée dans l’après-midi à KIEL. Débarquement et direction pour LUBECK, que nous avions choisi pour son charme. Nuit dans un hôtel à l’entrée de la vielle ville. Repas dans le même hôtel et petite sortie nocturne.
Samedi 26 juin, sortie pour visiter la belle ville de Lübeck qui n’a pas été détruite par les bombardement de la 2° guerre mondiale et conserve tout son charme médiéval.
Quelques photos souvenirs avant de poursuivre en direction du sud. Direction BERLIN, dans une circulation beaucoup plus dense que dans les pays nordiques et beaucoup plus rapide en vitesse. Le paysage n’est plus aussi vert fini les immensités de forêts et de lacs. Notre arrivée dans la capitale se fait au milieu d’un énorme bouchon à cause de la routes en travaux. Vitesse lente et circulation sur la bande d’arrêt d’urgence pour avancer, comme toutes les autres motos qui vont dans la même direction. Chaleur étouffante dans la ville, direction centre ville avec de multiples déviations nous nous sommes à moitié perdu, mais on arrive quand même à la Porte de Brandebourg. Partout il y a des écrans géant qui diffusent les matches de foot avec gens assis sur l’herbe et criant par moments. On passe à côté du Parlement entouré de travaux, quelques voitures de police en surveillance, auraient ils peur d’attaques terroristes ? Vu la chaleur et les circonstances on décide de continuer notre route sur POTSDAM. On passe la ville et on continue toujours plus au sud par la E51 et à la hauteur de NUREMBERG on fait halte dans un hôtel au bord de l’autoroute pour la nuit. Dans cette partie de l’Allemagne les prix sont plus bas que dans la partie qui longe le Rhin. Beaucoup de camions avec des plaques polonaises et tchèques forment un mur presque continu sur la piste de droite. Il faut faire attention de ne pas se perdre car les sorties et les panneaux indicateurs sont cachés par ces mêmes camions.

Dimanche 27 juin, départ tôt pour joindre la Suisse, Michael rentre à Genève, et moi, je décide de joindre la fabrique de Moto Guzzi en Italie du nord pour faire changer mon câble de compteur l’engin étant toujours sous garantie. On prend la E50 et A7 puis la E43 et A96 qui nous évitent passer par Münich ville connue pour ces nombreux embouteillages et vont nous permettre de joindre le lac de Constance à Lindau puis la Suisse. On se sépare a hauteur de Zürich, Michael file sur Genève et moi je vais prendre le tunnel du St-Gothard. Impressionnant ces 10km de
tunnel sous les montagnes. J’arrive à la frontière Italienne tard dans la soirée et décide de continuer par la route jusqu’à trouver un hôtel au bord du lac de LECCE. Fatigué par cette longue route je ne discute pas les prix assez élevés et je file direct au lit.

Lundi 28 juin, départ pour Lario di Mandelo site de la fabrique de Moto Guzzi. A l’entrée de la fabrique on me signale que se sera impossible de me changer le câble à l’usine même, celle-ci ne faisant pas ce type de réparations, mais que le représentant-
vendeur M. Agostini dans le village le fera sans discuter. Je trouve sans difficulté l’homonyme du célèbre campionissimo Agostini et 15 minutes plus tard c’est chose faite. Je retrouve enfin mes indications de vitesses et kilométriques, c’est quand même plus facile pour échapper aux radars et me réapprovisionner en essence. Je quitte ce charmant village et direction la Côte d’Azur par le nord de l’Italie, Milan puis Turin
et par le col de Tende sur Menton. J’évite au maxi les autoroutes italiennes qui nous font payer un péage exorbitant et dont le parcours est monotone et dangereux par ses camions qui ne respectent pas les motards. Pluie abondante sur le col de Tende, route glissante sur la descente à Menton. Un groupe de motards allemands me double et le dernier de file glisse en courbe, chute lourdement et j’ai toutes les peines du monde pour
l’éviter et ne pas chuter à mon tour. Un bon « shoot » d’adrénaline, blocage de la circulation et aide au mieux pour le relever, ses compagnons n’ayant rien vu ! Il n’a que quelques bobos et ses compagnons reviennent et le prennent en charge. Je peux continuer ma route. Arrêt à Villefranche-sur-Mer
pour la nuit.

Mardi 29 juin, reprise de la route pour l’Espagne. Rien de particulier sinon un grave accident de deux véhicules, choc frontal, à hauteur de Béziers sur route nationale. Je continue sans m’arrêter jusqu’à Dénia et arrive tard dans la nuit. Demain on déballera tous le matos, je suis crevé mais absolument fier de cette virée et surtout d’avoir fait un tel périple sans encombres.
Je me couche la tête pleine de souvenirs .. je ne sais plus exactement à quoi j’ai rêvé mais ce que je peux vous dire c’est qu’il y avait des rennes qui couraient sur la glace et que le Père Noël n’était pas mon cousin !!

Josué Estève



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