Trial à l’ancienne à Monoblet ... Les petites vieilles ont encore la pêche !!

lundi 30 mai 2011
par  Hervé
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Joli rassemblement de motos ce week-end dans notre village où se déroulait un Trial d’anciennes qui a rassemblé une cinquantaine de machines, la plupart datant d’au moins une bonne trentaine d’années.

Tout d’abord il faut rappeler les règles du jeu :

Une moto est considérée comme ancienne si elle possède des doubles amortisseurs, un refroidissement à air et des freins avant et arrière à tambour .

Il y a trois grandes classifications qui sont :

Les machines Pré 65 - Motos construites avant 1965
Les machines Pré 80 - Motos ne faisant pas partie de la catégorie précédente et construites jusqu’en 1980
Et enfin les machines Post 80 – Ce sont des motos construites à partir de 1980 mais qui répondent à la définition de motos anciennes ( voir plus haut ) .

Cela se joue sur un parcours comportant, tout comme un trial normal, un certain nombre de kilomètres classés en inter-zones et bien évidemment sur un espace limité et soigneusement fléché des zones de difficultés adaptées correspondant à trois catégories de pilotes suivant leurs choix ou leurs niveaux

National : Niveau National/ Critérium plus .. c’est Rouge
Régional : Niveau Critérium / Randonneur .. c’est Jaune
Promotion : Niveau Randonneur -/Initiation … c’est Bleu

C’est simple, cela ne coûte pas cher, l’ambiance est excellente et surtout c’est l’occasion de découvrir un certain nombre de véritables merveilles dont on se demande bien ce qu’il passe dans la tête des pilotes qui vont les martyriser à loisir durant 48 heures alors qu’elles mériteraient de finir tranquillement leur vie dans un musée de la moto !!

Toutefois, dans leur grande majorité, les amateurs de trial à l’ancienne sont de sacrés mécanos qui bien souvent ont eux même restauré leurs motos, voire même les ont reconstruites en exacte copie de celle qui arpentait les zones dans les années folles du trial : la seconde moitié du siècle dernier !!
En véritable amoureux de leur mécanique ils sont capable de vous raconter l’histoire de leur machine, des machines qu’ils sont souvent allés chercher bien loin comme ce gars, pilote d’une Triumph Cub 200cc, qu’il est allé récupérer au fin fond de la patrie de celui qui avait tracé les heures de gloire de cette même moto : Sammy Miller. …

Tiens, pour ceux qui ne connaissent le trial que de nom, et si je vous parlais un peu de l’historique de ce sport : ( merci Michel Carlesso )

Le trial est un sport inventé par les Britanniques au début de ce siècle. La légende veut que deux jeunes gens à moto se lancèrent un jour un défi, celui d’escalader avec leur moto une grande montée et les deux jeunes gens ne sachant comment se départager dans le cas ou tous les deux y arriveraient décidèrent de compter le nombre de pieds posés . En 1909 c’est L’Édimbourg MCC qui organise les 5 jours d’Écosse. Le règlement n’était pas tout à fait le même car les interzones étaient très longs et les pieds n’étaient pas comptabilisés de la même façon .

Le 1er trial organisé en France se déroula le 16 décembre 1951 en forêt de Fontainebleau et fut organisé par le Moto Club Bellifortain. Il est remporté par un certain Mr Charrier gloire à lui. De nos jours le plus ancien trial est celui de Nemours, toujours en limite de la forêt de Fontainebleau. Le premier champion de France s’appelle Jean Bohec et appartient à l’UM Nemours.

Si le trial français vit ses premières heures dans le début des années 50, le trial connaît déjà sa première figure de légende : Sammy Miller, c’était un pilote très éclectique puisqu’au début de sa carrière il pouvait participer à un trial un week-end et participer brillamment à un grand prix de vitesse le week-end suivant ( pour la même marque tout de même ) . Il dut finir par faire un choix et c’est sa passion pour le Trial qui l’emporta.

Les premières motos de trial furent, bien sûr, des motos anglaises modifiées à moteur 4 temps ( Norton , AJS , Triumph , Matchless , et bien sur Ariel au guidon de laquelle Sammy Miller remporta 6 de ses 11 titres nationaux et deux de ses 5 succès au Scottish . Ce pilote de génie était un précurseur dans sa façon de piloter " moderne ", mais aussi dans le souci qu’il avait de faire évoluer le matériel dont il disposait. Le trial serait peut être resté un sport typiquement britannique si monsieur Bulto , constructeur Espagnol de moto ( Bultaco) n’avait pas convaincu Sammy Miller de venir essayer une de ses moto d’enduro 2 temps. Sammy décide alors de prendre des vacances en Espagne chez Mr Bulto aussi studieuses que secrètes car il est sous contrat pour BSA. Au bout d’une semaine de mise au point Sammy passe mieux certaines zones avec le proto Bultaco 2 temps qu’avec son Ariel 4 temps qu’il a pourtant sacrement développé ( elle a perdue 20 kgs) et qu’il avait pris soin d’amener avec lui pour étalonner la machine ibérique. Fort de ce constat, il signera un contrat chez Bultaco et grâce à cette moto mythique qu’est la Bultaco sherpa il dominera encore plus le Trial . Le succès de Bultaco convaincra d’autres constructeurs espagnols de se lancer sur le marché en plein développement du trial et ainsi Montesa dans un premier temps avec la fameuse Cota suivra l’exemple de Bultaco avec comme pilote le grand rival de Sammy Miller, Gordon Farley. Puis ce sera au tour d’Ossa de mettre au point son modèle Trial avec comme collaborateur le fameux Mick Andrews qui donnera son nom aux modèles de chez Ossa ( Les Mick Andrews Réplica).

En France , c’est Claude Peugeot et Claude Coutard qui sont parmi les tout premiers à s’intéresser à ce sport et à le promouvoir avant même l’arrivée des motos espagnoles.
Dans les années 70, le marché du trial est en plein boom, les motos anglaises sont complètement dépassées techniquement , un championnat d’Europe a été mis en place mais il faudra attendre 1975 pour voir la première manche d’un championnat du Monde de Trial .

De nos jours le trial à l’ancienne regroupe la plupart de ces machines de légende :
Les machines d’avant 1965 sont essentiellement des motos anglaises à moteur 4 temps : Triumph, BSA, Ariel, AJS, Matchless, etc... ou à moteur 2 temps : Greeves, James, etc. mais aussi quelques marques de motos françaises : Motobécane, Peugeot ou encore allemandes : Zundapp.

Les machines de 1965 à 1985, elles, sont surtout des motos espagnoles : Montesa, Ossa, Bultaco, Italiennes : SWM, Fantic, ou encore Japonaises : Honda, Yamaha, Suzuki, Kawasaki.

Bon voilà vous en savez un peu plus sur le trial avec des petites vieilles .. Reste à voir si elles ont de beaux restes et si leur pilotes sont aussi talentueux ..
Eh bien croyez moi, ce truc, c’est bien loin d’être facile et même la catégorie randonneur n’a de randonnée que le nom !!

Première expérience !!

En ce qui me concerne je n’ai fait que les interzones, ne m’aventurant dans un parcours fléché qu’une seule fois, loin de tous les regards .. Et je fus drôlement content de m’en sortir de ce piège .. Je n’ai même pas compté les pieds car ils étaient tout le temps par terre .. et il n’y avait pas que les pieds !!

Les Cévennes en cette fin de mai, par un temps radieux et une température estivale c’était tout bonnement magique et les participants à cette manifestation en eurent pour leur argent.

Deux boucles d’une quinzaine de bornes étaient au programme, j’avais regardé l’itinéraire et je m’étais bien dit que pour le faire il fallait au moins être à moitié croisé chèvre-sanglier.

Départ samedi matin sur le coup de 8h30, ils sont tous en pleine forme. Cela se passe toutes les dix minutes, par groupe de huit frapadingues sur leurs pétaradantes accompagnés de deux commissaires de piste-route-zone chargés de les guider et de comptabiliser les petons qu’ils poseront par terre. Les fameux commissaires sont des bons et l’allure dans les interzones ne mollit pas .. en fait au bout de 2 bornes, avec ma petite Cota 123, j’étais à la rue .. heureusement je connaissais l’itinéraire !!

Arrivée à l’orée de la première zone : une sorte de mine à ciel ouvert ou les fossés engloutiraient un bus de ramassage et les grimpettes auraient eu besoin, pour être parcourue à pieds, d’une paire de pitons pour s’encorder .. J’ai juste posé la question .. pour les néophytes c’est où ? Un gars sympa, qui drivait un T100 des années folles qui aurait pu sans problème se négocier un sacré paquet d’euros, me répondit .. débutant, eh bien c’est là, tu suis les flèches bleues .. Put.. le fossé faisait deux bons mètres de profondeur et la paire de rochers qu’il fallait éviter .. et dans lesquels la gus empala sa superbe Tiger quelques instants plus tard .. en faisaient autant .. mais de haut. J’ai parcouru non sans peine le trajet bleu et je n’eut aucune peine pour me convaincre que ce truc ce n’était pas fait pour moi. J’ai donc posé la brelle et sorti l’appareil photo !! Eh bien les gars ils m’ont bluffé, ils passent sans le moindre problème ni sans se faire le plus petit des soucis pour les pets qu’ils collent aux machines dans chaque parcours : le bleu devenu jaune puis rouge par les délires d’un traceur qui a oublié que les participants ne sont plus des perdreaux de l’année et que certaines de leurs montures étaient sorties de la chaine de montage alors que le siècle d’avant en était à ses deux tiers !!

Quand j’ai vu la liaison qui emmenait au secteur suivant j’ai décidé de revenir par le chemin normal et de les rejoindre un peu plus loin, il faut dire que pour y accéder non seulement il fallait passer dans un bon bout du secteur pré cité mais qu’ensuite il allait falloir emprunter un chemin que même les chasseurs du coin hésite à prendre tellement il grimpe .. Cela commençait bien .. Je suis redescendu de mon point de vue, juste pour aider un peu à pousser une magnifique Tobec qui avait rendu l’âme au début du secteur, cela n’affectait guère le proprio qui m’a simplement dit, ce n’est pas bien grave, je devais refaire le moteur !! Quand j’ai voulu redémarrer ma Montesa ce fut un peu galère .. le gus à la Tobec, mort de rire m’a gentiment viré de ma selle et d’un sacré coup de tatane a démarré le 123 en me disant : - tu vois, il suffit d’y mettre du cœur !!

Put.. du cœur, croyez moi il en faut pour jouer dans la cour des vieilles !!

J’ai rejoint les gars à la sortie du second secteur et quand ils m’ont dit, ne t’en fais pas la suite c’est très facile .. fort de cette affirmation, j’ai emboité la roue de l’équipe pour aller rejoindre le secteur Trois … Eh bien croyez moi, ne croyez jamais un trialiste, c’était en effet facile .. au début .. puis ensuite j’ai failli mourir dix fois en grimpant des dalles où les gus passaient en faisant des wheeling et en descendant des marches ou ils usaient du décompresseur pour se freiner et bloquaient la roue arrière pour asseoir la brelle. … En ce qui me concerne j’ai attendu au moins deux groupes pour me remettre en profitant au passage pour faire quatre clichés .. et j’ai descendu les fameuses marches je ne sais pas trop comment en lâchant tout sur la fin priant pour que les freins, eux, ne me lâchent pas en bas !! Sans problème même pour un débutant qu’ils m’avaient dit .. En fait je ne regrette absolument pas de ne pas même aventuré dans la première inter-zones car si je me souviens bien, ils l’avaient qualifiée de difficile ..

Piège à couill.. ce truc !! Quand tu ne sais pas et que tu t’aventures la dedans eh bien tu es content du voyage. C’est peut être le seul reproche que je ferai aux organisateurs, cela serait sympa de faire un parcours vraiment aisé, pour des poireaux « plus plus ». Il faut dire pour leur défense que la configuration du terrain ne s’y prête guère de par chez nous et que si on multiplie les parcours on multiplie les soucis et les encadrements .. Moralité si vous faites un « ancienne » entraînez vous un peu à l’avance !!

La liaison entre le secteur 3 et le 4, si elle n’était pas des plus aisée, n’avait pourtant rien à voir avec la précédente, le passage du gué fut même un sacré bon moment.

Sur ces zones superbes qui s’enchaînaient je me suis contenté de prendre mes clichés en ayant toutefois bien repéré les bons endroits pour venir m’entraîner d’ici peu car il est hors de question que je reste sur une impression d’ inachevé.

Pour rejoindre notre village ils m’ont fait passer par des endroits que je ne connaissais même pas et c’est fourbu et les bras tendus comme des arcs que je me suis précipité vers la fontaine pour m’asperger .. les autres, pendant ce temps là ils étaient frais et dispo, commentaient leur balade et regardaient les résultats .. C’était un autre monde !!

On était samedi, le lendemain ils faisaient la boucle dans l’autre sens .. Je suis revenu faire des clichés .. en Bonneville.

Je m’étais fait avoir une fois, non merci, grimper ces salop.... de marche … C’était hors de question !!

C’est quand même un sacré truc sympa, le challenge n’existe qu’entre le pilote et sa brelle et le fait que dans la communauté des « anciennes » gravitent bon nombre d’anciens « tout bons » de la chose trialistique fait que souvent les zones sont autant de cours dispensés à des néophytes par des « experts » toujours prêts à donner des conseils. Comme en plus la notion de compét passe quasiment à la trappe et qu’à aucun moment les gus ne se la joue en montrant la plus belle, la plus puissante et la mieux équipée vous comprendrez que ce machin eh bien cela mérite d’être connu .. et pratiqué !! A notre époque où la moindre incursion sur le goudron peut se révéler désastreuse pour le carton rose et la balade en forêt sur une piste balisée désastreuse, elle, pour votre porte feuille eh bien là vous avez le bon moyen de vous dépenser à moindre prix, dans une super ambiance et en préservant une partie du patrimoine moto mondial qui grâce à eux ne rouille pas dans un coin de grange !!

Si vous voulez avoir les résultats, rendez vous sur le site du Trial Club Cigalois, qui a organisé de main de maître ces deux jours cévenols.

Au nom de notre village, et pour cette sympathique découverte, merci à eux.

J’ai un bon nombre de clichés pris lors de ces deux jours ; si vous êtes intéressés n’hésitez pas à me contacter il y en a quelques uns qui valent leur pesant de cacahuètes !!

Et si vous voulez avoir une idée de ce qu’il s’est passé dans le village durant ces "deux jours en Cévennes" voici un petit montage vidéo très sympa : Trial à l’ancienne à Monoblet

Hervé

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