Les créateurs de la "Bleue" étaient Cévenols !!

samedi 7 janvier 2012
par  Hippolyte Duhameau
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Pour nous autres, cévenols, qui sommes depuis peu inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO .. voir là ( Causses et Cévennes ) ... il est important de trouver, non pas des justificatifs, car il suffit d’aller dans n’importe lequel de nos cafés de village à l’heure de l’apéro pour instantanément comprendre l’évidence de ce classement, mais des éléments supplémentaires qui vont encore plus justifier celui-ci.

Eh bien voilà une pierre de plus ..

Le co-créateur de l’icône du deux roues français .. celui qui devrait avoir sa statue au centre du Champ de Mars, avec le béret sur la tronche et la baguette à la main, l’homme pour qui, tous les matins, les préposés campagnards doivent avoir une pensée, celui qui a bercé notre enfance au doux son d’un échappement ayant subi les affres de la perceuse .. le génial Eric Jaulmes, l’un dés géniteurs de la meule bleue, la mob comme on dit chez nous .. était cévenol et sa fille Mireille réside toujours à Saint-Christol-lez-Alès ( Gard ).

Son père était natif de Congénies ( c’est un peu plus bas .. mais on fera comme !! ) , et avait été embauché par son oncle, le Cévenol ( encore un !! ) Charles Benoit ( lui, il était de Ganges dans Hérault ) qui était l’un des créateurs de Motobécane.

Sa fille, à St Christol, garde précieusement dans son garage de nombreux souvenirs. On peut y découvrir hormis de nombreux plans et autres ébauches, la première Mobylette et un prototype mis au point par son père, mais qui ne verra jamais le jour.

Revenons en à Eric. Il vit le jour dans la Vaunage le 27 juin 1913, et est en effet le co-inventeur de la "Mobylette", le deux roues le plus populaire en France entre 1960 et 1990 .. avec le Solex, mais le Solex c’était .. enfin on vous en parlera plus tard ..
La meule, la brelle, la chiotte, la bleue .. la mob quoi ... fut donc engendrée par un gardois.

Oh, il n’était pas spécialement prédisposé à cela car son grand-père était viticulteur à Congénies et voyait dans le petit Éric l’un de ses successeurs. Le gamin se rendit rapidement compte, en fait dès qu’il fut apte à faire une simple multiplication, que l’espace qui allait lui être alloué pour produire de la piquette n’allait pas lui assurer un devenir fastueux … Il pris donc la décision de faire plus travailler ses méninges que ses muscles et devint un brillant élève.

Les années d’études le virent consacré par l’Institut électrotechnique de Grenoble et il en sortit avec un diplôme d’ingénieur. Comme dans le coin il ne voyait pas beaucoup de débouchés .. tiens c’est marrant cela n’a pas beaucoup changé !! … Le jeune gardois est monté à la capitale rejoindre son oncle, Charles Benoit, le Gangeois dont nous vous avons parlé plus haut.
Ce Cévenol, fils de pasteur, avait perdu son père, décédé des suites d’une complication pulmonaire ce qui avait quelque peu influé sur son devenir. En effet Sully Benoit était mort après avoir été pris dans un orage dans les montagnes qu’il parcourrait à cheval pour desservir les hameaux de l’Espérou et d’Ardaillers. En fait c’est le moyen de transport qui avait provoqué le décès de son père, il allait donc œuvrer pour que même les plus humbles puissent se déplacer un peu plus rapidement.

Charles Benoit, co-fondateur de Motobécane, avec Abel Bardin et Jules Bénézech ne manquait pas d’idées et l’industrie marchait plutôt bien.

Le jeune Eric arriva donc à Pantin en 1929 et le tonton, qui ne faisait pas dans le protectionnisme, l’embauchât comme stagiaire avec un salaire de misère.

Mais le garçon en voulait et ses compétences aidant il prit rapidement du grade jusqu’à y devenir en 1941 directeur technique du bureau d’études.
C’était pour Motobécane la grande époque des motos mais la clientèle étant toutefois limitée le tonton rêvait d’un vélo avec un petit moteur que n’importe qui allait pouvoir conduire. Il devait être léger, populaire, économique et facile à utiliser, un engin passe partout, increvable et qui devait être automatique de façon à en faciliter au maximum l’usage.
Mais la guerre arriva et toute l’industrie se mit quelque peu au service … Motobécane produit nombre de motos pour le service des armées et sa gloire ne se ternit pas. La société devint alors le plus important constructeur de motos au monde. Fort de ce succès mais toujours désireux quand même d’augmenter leur clientèle et de l’ouvrir à tous les deux acolytes reprirent leurs projets d’avant guerre.

C’est ainsi que des cogitations de l’oncle et du neveu sortirent les plans d’un vélo à moteur dont la dénomination, elle, provint des enfants d’Eric qui eurent l’inspiration et la brillante idée de l’appeler : « Mobylette » ( devenu depuis nom déposé).

Et pourtant quand la « Mobylette » a été créée, personne ne pensait qu’elle allait avoir un tel succès. Elle a d’ailleurs été présentée timidement au salon en 1949 en sa première version l’AV3 qui de suite ravit bon nombre de personnes. Du coup les études reprirent afin d’améliorer l’engin et en 1952, sont sortis l’AV31 et l’AV33 avec le fameux embrayage automatique centrifuge dont le brevet avait été déposé par Motobécane. Ce fut alors le véritable succès et l’explosion des commandes et des ventes.

Le succès de la Mobylette fut tel qu’une nouvelle usine fut construite en 1962 à Saint-Quentin. L’icône s’installa dans le pays et l’engin fit de la marque Motobécane, le premier constructeur mondial de cyclomoteurs.
Le département moto, lui, s’étiola petit à petit et l’arrivée des motos japonaises sur le marché mondial eut finalement eu raison de lui.
La mob elle continua son bonhomme de chemin jusqu’en 83 et sera vendue à plus de 14 millions d’exemplaires

Éric Jaulmes restera à la direction technique du bureau d’études jusqu’en 1978 avant de rejoindre le conseil d’administration de Motobécane.

Dans son livre « Souvenirs d’un ingénieur » ( 1923/1980 Auteur : Eric Jaulmes, Préface de Louis Aymard - Editeur : A.H.M.A.) Éric parle d’un « conte de fée » pour relater l’épopée de la Mobylette. « La Mobylette fut plus qu’un véhicule, ce fut presque une passion, comme le furent la Vespa ou le Vélosolex, une façon de circuler, de vivre pour certains, facilité de conduite et légèreté avaient remplacé vitesse et performances. Le silence relatif permettait d’oublier le moteur. La réglementation favorisait son développement et le prix étudié dépassait de peu celui d’une bonne bicyclette. ». Son seul regret ayant toujours été que la marque « Mobylette » devienne un nom commun !!

Mais tout ne dure qu’un temps et en 1983 Motobécane coule le fusible devient MBK et fut racheté complètement par le Japonais Yamaha en 1986.

Éric Jaulmes est décédé en 2001, à l’âge de 88 ans. Il avait hérité de la maison de son père à Congénies et y venait tous les étés avant de retourner pendant l’hiver à Paris. Ses attaches avec son village natal étaient fortes et sa passion pour la moto ne l’a jamais quitté. Il possédait en effet une trentaine d’anciens modèles de Motobécane qu’il avait soigneusement restaurés et, pendant l’été, il y avait toujours du monde qui venait voir ses motos et discuter avec lui.

Un cévenol qui avait engendré une icône, c’est quand même formidable … !!! Vous voyez bien qu’on l’a mérité ... notre classement !!

Hippo




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