Un musée moto hors normes .. celui de Jean Pierre Benoit à Apremont en Savoie.

jeudi 23 février 2012
par  Hippolyte Duhameau
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"Les portes de mon musée sont grandes ouvertes pour les gens qui viennent avec de bonnes intentions, pour les autres, les mal-intentionnés, j’ai un 12 avec de grosses cartouches ..."

Rien que ces quelques mots nous ont donné envie de connaître le personnage.
Et il faut dire que comme il crèche à Apremont, on s’est dit que, même si il n’était pas là, on pourrait toujours faire le plein de blanc !!

Jean Pierre Benoit a toujours été passionné de moto. Au fil des années il a rassemblé chez lui une quantité hallucinante de bécanes, entreposées de ci de là, dans ses hangars, en vrac sans le moindre classement. En enjambant et en se penchant on découvre des merveilles qui feraient la joie de n’importe quel musée moto.

C’est cette collection amateur qu’il propose à la visite à tout motard un peu curieux qui se présente chez lui.

746 machines, 196 marques, 21 pays … voilà l’inventaire à la Prévert de ce que vous pourrez y découvrir.

Au milieu de cette accumulation de motocyclettes vous pourrez trouver quelques bricoles rarissimes dont quelques Ducat et autres MV Agusta qui feraient pleurer d’envie la plupart des collectionneurs. La grande majorité des brelles sont dans leur jus mais je vous préviens de suite ... aucune n’est à vendre !

Il est difficile de décrire ce personnage hors-norme, un gus à la croisée des chemins entre le joyeux hurluberlu et le collectionneur averti.

Le plus simple est de le laisser parler de lui .. et là c’est facile ..

" Je suis né le 28 Juin 1953 à Raon l’Étape dans le département des Vosges. Je suis l’ainé d’une famille de huit enfants. Que ce soit mon père ou mes oncles ils étaient tous bucherons ou agents forestiers et se déplaçaient en motos,vélomoteurs voire même en vélo. Ils n’avaient pas les moyens de s’acheter une auto. Le seul qui en avait une c’était mon parrain Gilbert, le fonctionnaire, qui, lui, avait pu se payer une traction.

Le matin je les voyais partir, embarquant sur leur dos avec la musette du casse-croute la totalité des outils qui allaient leur servir pour la journée. Cela allait du mètre pliant au passe-partout, cette grosse et longue lame de scie munie à chaque extrémité d’une poignée et manœuvrée par deux hommes ; un engin qu’à cette époque on utilisait pour abattre les arbres ou trancher de grosses pièces de bois.

J’étais en admiration devant leur force, leur courage de travailler souvent sous les plus dures des conditions climatiques, leur grand savoir faire et surtout pour leur totale liberté de vie ..

Lorsque j’avais le droit de les accompagner ma tâche était de m’occuper du feu qui allait frire les lardons ou les harengs qui étaient enfilés au bout de fines branches d’arbre taillées en pointe .. boulot certes aisé mais qui réclamait la plus grande des attention et qui développa mes sens olfactifs !!

Je me souviens que de nombreux bucherons roulaient sur des deux roues pour se rendre a leur travail avec bien souvent des pneumatiques en limite d’usure..Il faut dire qu’en ce temps-là, il y avait de bons cantonniers qui, avec seulement une brouette, une pelle et une pioche, à la force de leurs seuls bras, entretenaient les sentiers forestiers et les routes. De nos jours les engins mécaniques hachent tout rapidement et pas forcément dans la propreté et dans le respect de la flore. C’est cela le "progrès" … Mais essayez aujourd’hui d’emprunter un chemin forestier (encore faut-il être autorisé) avec un deux roues sans être équipé de pneus spéciaux !!

Je les accompagnais donc en forêt et ce dés que j’en ai eu l’âge et du temps libre. Le jeudi nous n’avions pas d’école et j’aurais voulu que tous les jours de la semaine scolaire soit un jeudi...!

Des que je voyais mon père enjamber sa machine, prêt a partir, je n’attendais qu’une parole : Monte ! Sans me faire prier je grimpais sur le tansad de la moto fier comme Artaban, ou sur le réservoir, lorsque notre mère nous accompagnait.

La moto nous servait aussi pour les balades en famille. Nous allions voir Le Tour de France, quand il passait par les Vosges, dans les virolons du Col du Donon. On emmenait même mes petits frères et sœurs dans la remorque fabriquée par pépé Gaston et tractée par une des motos de papa une Peugeot 350.

Plus tard arriva à la maison une grosse Terrot 500. Je l’ai empruntée quelques fois en cachette pendant mon adolescence et me suis pris de bonnes gamelles … sans compter les tannées qui suivaient.

Pour la sortir en douce de la grange j’attendais que nous soyons plusieurs, il faut dire que cela pesait cet engin. Prés de chez nous,il y avait un chemin de terre battue et en descente quand la moto était dans le bon sens je montais dessus. La grosse selle me faisait écarter mes jambes et mes pieds ne touchait pas le sol. Je me cramponnais au guidon, en tournant légèrement la poignée de gaz. Les leviers de commande étaient bien loin et très durs pour mes petites mains. Pendant ce court temps d’instabilité je passais par un grand moment de solitude.

Je me faisait pousser au point mort et dés que la moto prenait de la vitesse je donnais un violent coup de pied sur le sélecteur et ensuite je roulais sur le rapport engagé en évitant les obstacles ( poules, chiens apeurés par les pétarades et quelques fois des bûches de bois tombés du haut d’un camion. Sorti du chemin je prenais une petite route goudronnée ou il n’y avait pas beaucoup de circulation, simplement coiffé de mon béret, je me sentais très grand sur ma monture, j’imitais mon père au guidon. Quelques fois j’étais suivi par les plus grands sur leur vélo pour m’aider au cas ou le moteur venait à caler … mais surtout pour voir la suite !

Il faut dire que le meilleur était à venir car, pour m’arrêter, il n’y avait pas cinquante solutions. D’un déhanchement je pesais de tout mon poids sur la pédale du frein arrière, s’en suivait un blocage de roue, une glissade et invariablement je finissais la course dans le talus. Un jour même j’ai terminé au fond du canal qui alimentait la scierie du coin, heureusement pour moi il était vide pour des travaux de réfection ! Je porte moult cicatrices en souvenir de cette belle époque.... et quelques souvenirs psychologiques de raclées mémorables !!

J’ai attendu ainsi impatiemment l’âge de 14 ans, limite pour que je puisse légalement conduire un vélomoteur puis une moto .. Il faut dire que lorsque cette possibilité arriva j’avais déjà accumulé une sacré expérience en cachette de mes parents ne serait ce qu’avec les motos des tontons ou des copains de mon père.

C’est d’ailleurs à ce moment que j’ai commencé à récupérer les vieilles pétoires qui n’attendaient que ça et pourrissaient au fond de toutes les granges... Cela pullulait à cette époque … J’ai accumulé un tas de machines que je bricolais en m’efforçant de leur redonner un peu de vie jusqu’à mon départ au service militaire en 1973.

Voila en grande partie,l’origine de ma grande passion du deux roues motorisé !
Cela a duré jusqu’en 1998, où, lors d’une manifestation pour préserver mon outil de travail je fus victime d’un grave accident. Au total j’ai passé 41 semaines à l’hôpital et les médecins me voyaient finir ma vie en fauteuil roulant.

Avec de la volonté, le soutien et le réconfort de mes proches et avec cette passion de la moto qui était toujours chevillé à moi même, malgré une invalidité à 80 %, j’ai continué la moto. Certes j’ai toujours des difficultés et une certaine appréhension pour me mouvoir et j’ai toujours des douleurs persistantes mais lorsque je suis sur ma machine j’oublie tout.

Je me déplace désormais sur ma légère Honda CB 250 RS de 1982. Depuis Mai 2011 j’ai acquis un BMW R1100S Boxer-Cup puis en juin 2011 un VOXAN 1000 Café-Racer .. Çà ce sont mes machines de balade mais pour aller beaucoup plus loin, en concentre ou même jusqu’aux « éléphants » ou au TT comme en 2009, j’utilise sur mon side-car BFG 1300 de 1983 attelé a un Polyfay. C’est plus stable et plus sécurisant.

De nombreuses machines, à peu près le quart de ma collection, et la quasi totalité des pièces détachées me furent offertes par de généreux donateurs. En ce qui concerne les autres machines je les ai acquises de mes propres deniers, quelquefois même en demandant des facilités de paiement.

Pour le plaisir de tous et surtout pour faire partager ma passion j’ai créé ce Musée de la Moto à Apremont c’est ma joie de vivre et cela reflète bien mon état d’esprit. Même si j’aimerai bien un local bien plus grand, bien mieux aménagé et qui mette les motos plus en valeur je suis vraiment heureux de nager dans tout mon bazar.

Trainer dans mon hangar, il est bien vrai que le mot "bazar" n’a jamais eu autant de signification que chez moi, au milieu de ces tonnes de pièces avec des motos, encore et partout des motos, cela me rend pleinement heureux.

Je vis ainsi ma passion à 100 % et croyez moi … c’est bon pour le moral ! !"

Le personnage est ainsi, brut de fonderie et éminemment sympathique, il est intarissable sur le sujet du deux roues et prends un immense plaisir à vous faire découvrir les merveilles de sa collection ..

Le plus simple est quand même de lui rendre visite à Apremont, en Savoie.
Mais n’imaginez même pas vous y rendre autrement qu’en moto … c’est un coup à se faire refouler à l’entrée !!

Note importante : L’entrée à son « musée » est absolument gratuite, vous pourrez à la sortie mettre ce que vous voulez dans une boite accrochée au mur. {{}}

Son adresse :
Jean-Pierre BENOIT
Lieu dit la Ratte
73190 APREMONT

Pour le trouver :
Quand vous passez le panneau la Ratte, allez tout droit, c’est la dernière maison tout au fond !




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