Essai rétro : Suzuki 1400 GSX 2001

dimanche 28 mars 2010
par  Hervé
popularité : 11%

En 2001 Suzuki proposa au catalogue ce roadster de 1400 cc de cylindrée .. un monstre pour l’époque !!

Pour ceux qui envisageraient l’achat d’occase d’un bon gros roadster sans problème cette machine a beaucoup pour séduire. Elle peut être une première moto robuste et destinée au grand tourisme. Elle a souvent bien vieilli et pour peu qu’elle est été bien entretenue présente une bonne opportunité surtout que sa cote est loin d’être excessive. Attention toutefois à la consommation importante.

Gros cube et belle gueule !!

J’avais décidé de monter au Mondial du Deux Roues en père tranquille : TGV aller et retour, soirée spectacle dans la capitale, fiesta chez les copains .. en bref un petit week-end avec ma douce, tout ce qu’il y aurait eu de plus sympa .
C’était sans compter sur les projets de mon ancien rédacteur en chef ( AZ Motos ) !! . Il avait taxé le dernier roadster de chez Suz : la 1400 GSX au service marketing de la marque, pour lui faire prendre l’air de Marseille . Charge à moi de la remonter sur Paname . Pas vraiment la joie vu les prévisions météo !!
Eh bien ce qui au départ semblait partir pour être une sacrée corvée a tourné rapidement à la partie de plaisir !!

Fauteuil roulant

C’est mon pote Phil qui s’était chargé du convoyage jusqu’à Nîmes. Après avoir récupéré la bestiole et prêté une oreille distraite à ses propres impressions . vacciné depuis longtemps qu’il est aux japonaises, je me doutais qu’elles seraient forcément positives !! . je n’ai pu résister au plaisir de me taper un petit chrono sur la route de Poulx histoire de me mettre l’outil en main.
Premières sensations : ça pousse velu !! Le gros 4 pattes développe sa centaine de bourriques à tous les régimes et même si ce n’avait pas la gniacque de ma Tromph le couple et la patate de la grosse Suz m’étonnèrent quelque peu . Et tout cela sous un régime de diesel ( il ne meugle pas ce berlingue, il ronronne !! )
En ce qui concerne la tenue de parquet, il n’y a pas grand chose à redire. Les 260 kg de l’engin se mènent sans rechigner et c’est tout juste au freinage sur l’angle que l’on ressent une impression de flou cela étant dû sûrement à une répartition des masses qui aurait gagné à charger un peu l’avant. Le freinage parlons en, le minet en goguette qui a traversé devant mes roues doit une fière chandelle au père Tokico et à ses deux disques de 320 de ne pas être transformé en carpette dans la seconde qui suivait. Le frein AR est à l’unisson, stabilisateur en entrée de courbe il devient rapidement assistance rapproché dans l’urgence . cela me changeait de ma belle anglaise !!
Au point de vue confort, il n’y avait encore là rien à reprocher. Moelleuse à souhait la selle ne glissait pas le moins du monde et t’incitait même à l’attaque tellement son dessin se prêtait aux moult changements de position. J’avais petit à petit acquit l’impression d’être dans un fauteuil roulant . assisté d’un berlingot qui a largement dépassé la quasi totalité de la cylindrée moyenne de tout ce qui se balade sur quatre roues. Quand j’ai repris la route de la maison, je me baladais avec une espèce de sourire béat, signe distinctif de : plaisir certain à venir pour ceux qui me connaissent . ou dégénérescence due à l’âge pour les autres !!

Gros cœur mais taille de guêpe

Arrivé at home, la première impression d’ Annie fut : Tu rigoles, ce n’est pas un 1400 ce truc !!
Il est vrai que si ce n’était les inscriptions sur les flancs on ne se douterait pas que le cadre enferme un berlingot d’aussi forte cylindrée. Sans être fluette, la Suz ne fait pas dans le mastoc. Le designer ne s’est pas loupé et on se surprend à trouver un je ne sais quoi de sportif dans l’aspect général du bestiau. On lui reprochera peut être les pots un peu écartés . gaffe aux bagnoles dans les files !!
Au point de vue instrumentation RAS, certes les cadrans réclament une bonne vue pour arriver à lire les indications, la jauge à essence aurait gagné à être un peu plus conventionnelle .. et la montre à pouvoir se régler un peu plus facilement . Je n’y suis jamais arrivé, me contentant de rajouter 1h20mn à ce qui était affiché !!! .
L’éclairage est d’enfer, le gros phare rond faisant parfaitement son office.
Un point négatif plutôt marrant : l’avertisseur, ridicule comme sur la majorité des bécanes, à un petit je ne sais quoi de scoot qui surprend celui qui voit débouler l’engin alors qu’il ne l’attendait pas !!
Je venais de faire une centaine de bornes sur des départementales tortueuses et je commençais à me dire que la technologie nippone était au top. J’en arrivais même à remettre en question ma culture bécanophobe, inconditionnel des européennes que je suis !!

Chargée la mule !!

Ce n’était pas tout, fallait préparer les petites affaires pour monter dans la capitale. Le Phil m’avait passé une sacoche réservoir magnétique .. qui, ceci dit en passant, allait avoir un rôle prépondérant quant à la suite de cet essai, Annie avait chargé son sac à dos de quatre petites affaires, il me restait la sacoche taille basse !! Fallait encore embarquer les combardes de pluie et le U car pas question de se faire tirer l’engin, ni même de se retrouver trempés comme des soupes . Je me dis qu’il y aurait peut être sous la selle un petit emplacement . Bien m’en pris de soulever celle-ci, ce n’est pas moins qu’un véritable coffre qui se dévoila . Oh bien sûr il n’y avait pas la capacité de chargement d’un break Volvo mais les deux combinaisons et l’antivol y trouvèrent aisément leur place . Une véritable découverte pour moi qui suis toujours à me demander comment je vais faire pour caser tout mon merdier !! Le plein était fait, nous étions prêts pour le voyage !!

Du vent dans les voiles !!

A 11 heures nous avons pris la route . Eh oui, nous avions bien prévu de partir plus tôt mais le réveil a joué relâche et j’avais quatre bricoles à terminer. Le projet initial de monter par la nationale fut rapidement mis au rencard .. On allait faire comme d’hab : l’autoroute jusqu’à Paname en passant par le centre. Pour fignoler l’impression de l’essai sur de petites routes en duo on s’accordait une petite diversion, on rejoindrait Millau par Le Vigan . et foutu pour foutu en ce qui concerne le timing, on ferait la halte déjeuner à l’auberge de Bonsecours juste après Aguessac .

NDR : en voilà une bonne adresse à ne pas manquer : repas super familial avec entrée, trois plats, fromage, dessert et café pour moins de 12 euros par tête de pipe ( Bonsecours à Campagnac en bordure de la A71 : 0565476477 ).

Jusqu’au grand ruban ce fut un véritable plaisir, le couple du gros 4 pattes nous a emmené sans coup férir .. ni même sans à-coups d’ailleurs . à travers les routes cévenoles. L’amortissement est excellent et la souplesse du moteur fait que l’on n’a à aucun moment besoin de jongler avec la boite. Un filet de gaz et voilà l’épingle avalée, un bon coup avec la poignée de droite et tu te retrouves devant le camping car italien . Tu étais sur quel rapport ? M’en fous je ne sais pas compter !! Quant à la souplesse des suspensions, j’en connais une qui a fini sa nuit entre Le Vigan et Alzon, c’est pour dire !!
Quand on a rejoint l’autoroute cela n’a plus été la même chanson. Il commençait à pleuvioter et mon estomac criait famine . gros gaz jusqu’à Millau . Oh pardon, j’avais omis un petit détail : l’absence totale de protection . C’est là que la sacoche réservoir s’est avérée plus qu’utile. Faisant office de petit déflecteur elle m’a permis de rouler entre 170 et 200 ( faut pas le dire mais on était à la bourre !! ) sans avoir la tête complètement arrachée et les bras qui prenaient la taille gibbon. Ce n’était quand même pas le grand confort, aussi pour me réconforter quelque peu j’envoyais de temps en temps jusqu’au max de la bestiole ( 240 au compteur . 223 au GPS !! ) juste histoire de ressentir combien c’était plus agréable juste au-dessus de 180 !!
Je vous passe la suite des pérégrinations autoroutières. Nous avons du enfiler les combardes juste après Clermont et c’est sous une rincée d’anthologie que nous avons gagné la capitale. Vous me direz cela m’a permis de vérifier qu’à aucun moment, même dans les conditions les plus extrême, la GSX ne s’est départie de sa superbe.

Régime pas sec !!

Je vous rassure, tout n’est pas rose dans cet essai.
En premier, j’ai pesté contre ces p. de rétros dans lesquels on ne voit rien avec la combinaison de pluie ou un blouson un peu ample . Ce qui a permis à un dégénéré en Mercedes coupé de nous faire un intérieur à plus de 200 sur le trempé . vous allez me dire c’est de ma faute car je pensais qu’à l’allure à laquelle je roulais il ne serait venu à personne l’idée de me doubler et je squattais allégrement la voie de gauche !!
J’ai trouvé l’avant un peu léger, on a souvent l’impression que la roue ne touche pas le sol. Jacques Roca .. notre pote regretté dont ce fut le dernier salon .. interrogé, m’a rassuré en m’affirmant que l’influence de la fameuse sacoche réservoir associée aux quatre petites affaires d’Annie dans le sac à dos ne devaient pas être étrangère à cette drôle de sensation . Je lui fais confiance mais c’est quand même assez bizarre comme impression. J’aimerai quand même bien voir la moto avec un boudin de taille un peu plus basse à l’avant et un 180 au lieu du 190 qui fait si joli à l’AR !! Ceci dit en passant les Bridgestone BT 020 qui équipent la machine sont vraiment pour beaucoup dans le comportement de celle-ci !!
Le gros 1400 a le cœur à l’ouvrage, tellement que quelquefois on peut lui reprocher un manque de sensations. Je me suis surpris une paire de fois à flirter avec la vitesse maxi et jetant un oil sur le compte tour, pour peu que ma tronche veuille bien se baisser un peu, m’apercevoir que j’étais au dessus du régime habituel . C’était normal, j’avais oublié la 6 !!
Mais surtout j’envisage sérieusement de passer à la rédaction la totalité de mes factures d’essence !!! Même si tu crises à 170 aux environs de 5000 tours, même si à 200 compteur le compte tour indique très exactement 7500 tours alors que la zone rouge est à 9000 ce qui laisse présager des possibilités cachées de la bestiole, même à ce régime de sénateur . tu têtes quand même un max !!
Avec cet engin tu t’arrêtes tous les 200 bornes . tu vas me dire, cela permet de se détendre . et par la même occasion de soulager quelque peu le larfeuille !!
Faut lui donner à boire au 1400, c’est entre 10 et 12 litres de vert qu’il se met dans le cornet quand tu lui demande de rattraper le TGV .
C’est là que j’ai le plus regretté mon chameau de Tiger !

Conclusion : Savent faire les japs !!

Dans Paris et ses embouteillages, la grosse Suz passe inaperçu, tu la manies comme le premier VTT venu et la souplesse déjà décrite du moulin t’extirpe de toutes les situations comme qui rigole.
Pour ceux qui veulent taper la frime son esthétique peut être trop discret la desservira, mais pour ceux qui veulent une excellente routière, sans défaut majeur .. Pour peu que celle ci ne se révèle pas être une dévoreuse de pneus AR et de chaîne et que le prix de l’essence ne s’envole pas trop . voilà un excellent palliatif de quelque autre classées GT. Le meilleur argument de l’outil est sans nul doute son prix : 64000 balles . C’est presque 8000 de moins que la concurrence . Y’a pas à dire vu le rapport qualité prix, savent faire les bougres !!
Un grand merci au service marketing de Suzuki-France qui n’a pas hésité à nous prêter cette 1400 GSX pour plus d’une semaine .

Note de la rédaction : Cet essai fut réalisé le 5 octobre 2001, vous comprendrez bien qu’à cette époque nous pouvions encore nous permettre quelques fantaisies en ce qui concerne le respect des vitesses autorisées. Il est bien évident que si cela devait se faire de nos jours un bon nombre des impressions seraient gommées ... et peut être bien qu’un bon nombre de points le seraient aussi !!



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Commentaires

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jeudi 24 avril 2014 à 15h49 - par  eric

Salut à vous,

très bon commentaire et réaliste,

pour info, j’ai monté un 180 à l’arrière et la bête se manie beaucoup mieux pour moins cher,

de même, concernant la conso : chargés à deux + top case + sacoche réservoir, après 325 kilomètres, je refais le plein et m’aperçois que je n’ai rajouté que 17.25 litres soit à peine plus de 5 litres aux cent kms... (il en reste encore 5)

j’ai essayé les Dunlop roadsmart : très bons pneus mais ne dure pas AR = 4000 kms
Metzeler roadtec z8 = 7000 kms

bonne route à tous, éric d’angoulême

Logo de Pedro
mercredi 5 mars 2014 à 20h00 - par  Pedro

Je voudrais rectifier les chiffres de conso !! Bien sur ma machine est de 2006 et je n’emprunte jamais les autoroutes et autres rubans de bitume ennuyeux, je me contente des nationales à deux voies où l’on peut encore voir vivre nos congénères . Après avoir lu plusieurs essais et tests sur cette "bestiole" je me suis décidé à tester cette fameuse conso annoncée comme "conséquente", une bonne surprise m’attendait au bout des 2500 kms effectués....5,1 l/100 kms !!!
Bien sûr il n’est pas question de rouler ni de pousser les rapports en zone rouge, avec une bête pareille 4500 trs/mn sont largement suffisants (130 km:h à 3500 trs).

La ou le (?) GSX 1400 est la moto de mes rêves et je ne me suis pas déçu !!!!

Bonne route !

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