GSR dans la peau

lundi 21 janvier 2013
par  Guido
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S’il y a bien du plaisir dans la nouveauté, il a aussi du bonheur dans l’habitude. A la fin des années 1980, à une époque où les reportages de Newlook ne suffisaient plus à étancher ma soif de découverte, la mode était au custom. En ces temps, les bikers tenaient le haut du pavé au guidon d’une Harley 1340 Evo. Les moins fortunés se rendaient au Free Wheels de Cunlhat (Puy-de-Dôme) montés sur des bicylindres japonais aux noms évocateurs : Virago, Intruder ou Shadow.

 Depuis lors, j’ai conservé ce goût du couple à bas régime et du frein moteur. La quarantaine venue, je me suis dit qu’il fallait faire une crise. J’ai donc trahi maman pour convoler avec une jeunette. Je me suis offert une maîtresse radicalement différente de la Suzuki SV 650 S. Dans la faune des occasions et des nouveautés, j’ai choisi la Suzuki GSR 750.

  Je n’ai pas d’actions chez le constructeur nippon mais j’apprécie sa gamme de bécanes de prolos à la finition toute moyenne, au prix concurrentiel mais aussi au caractère bien trempé.

 Sortie en 2011, le roadster Suzuki a conservé de sa devancière, la 600 du même nom le concept suivant : mettre un moteur de piste dans un cadre de ville. Pour le reste, elle a été conçue comme la réponse de Suzuki à l’ultra-domination de la Kawasaki Z 750 sur le marché du puissant roadster au look aguicheur.

 Pour se démarquer de la concurrence, Suzuki a mis l’accent sur l’apparence. Aucun doute possible, l’équipe de design a apprécié la série Transformers. Le carrossage du phare est le portrait craché d’Optimus, chef des Autobots ! Ce dessin anguleux est plutôt élégant, de là à avancer qu’il vieillira bien... En tout cas, l’esthétique est dans l’air du temps. La dorure des tubes de fourche, le son caverneux du silencieux, la monte généreuse de l’arrière à peine couvert par une selle d’égocentrique créent un ensemble valorisant.

 Les chiffres et les lettres ont aussi de quoi affoler le motard car la GSR emprunte le moteur de la GSXR 750 de 2005. Le constructeur annonce une puissance de 106 ch pour un poids de 211 kg. Au tarif de 7799 euros, ça force le respect.

 La GSR 750 se conduit au corps à corps. Il suffit de se lover contre le large réservoir qui vous ouvre les cuisses pour empoigner le guidon cintré. La position de conduite est confortable car on est installé naturellement, à peine basculé sur l’avant. Ainsi, on goûte à la vivacité de la GSR 750, équipée d’un train avant hyper-réactif associé à une impression de légèreté. La moto est d’ailleurs sensible au réglage. Souhaitant réduire la plongée au freinage, j’ai réglé la précontrainte. Cette opération a bien eu l’effet escompté mais elle a rendu l’avant plus pataud. Apprenti sorcier, abstiens-toi au risque de désunir le bel ensemble.

 Une pression de cuisse alliée à un coup de guidon fait chavirer l’ensemble en un clin d’oeil. A l’ouverture de gaz, il suffit de charger l’avant tout en sortant la tête et la suite n’est que volupté... Le bloc reprend très bas et tracte fort jusqu’à ce qu’on rende la main. C’est certainement cela le charme d’un gros 4 cylindres. Dans les embouteillages, on se faufile au filet de gaz sans jouer de l’embrayage. Le moteur broute insensiblement avant de reprendre tout en douceur. A l’attaque, on se place au bon azimut tout en vissant la poignée. Et comme la chaudière pousse de manière régulière, on a le temps de s’accrocher au guidon pour préparer la manoeuvre suivante.

 Question freins, il faut bien avouer que la pince de la GSR 750 est inégale. Autant le système arrière m’a tout de suite convenu parce que la pédale est douce et qu’elle travaille sans bloquer la roue ; autant le frein avant m’a laissé perplexe. Il se montre efficace mais il exige un temps d’adaptation car le levier ne provoque aucune réaction avant la mi-course. Par la suite, le frein se durcit sans mordre. Les étriers Tokico - ceux de la SV - et leurs plaquettes sont certainement les uniques pièces que je changerais sur cette machine à bonheur pour jouisseur solitaire.
 Je dois admettre qu’un 4 cylindres peut être à l’origine d’intenses moments de plaisir mais je reste bi’ dans l’âme. N’est-ce pas le meilleur moyen de faire de nouvelles découvertes ?

Guido du Bourdon nippon (www.)



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